_______________________[Yerself Is Steam]___________________
Après quelques singles et maxi, Mercury Rev sortait en 1991 ce premier album au doux nom de "Yerself is steam".
8 titres pour un disque d'une cinquantaine de minutes, la durée de chacun des morceaux oscillant entre 45 secondes
et plus de 12 minutes.
Chasing A Bee 7.12
Syringe Mouth 4.05
Coney Island Cyclone 2.37
Blue And Black 6.03
Sweet Oddysee Of A Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart 7.40
Frittering 8.50
Continuous Trucks And Thunder Under A Mother's Smile 0.45
Very sleepy rivers 12.18
Autant prévenir, cet album est d'un abord assez difficile et certains ne pourrait y voir que délayages et expériences sonores psyché.
L'architecture de chaque morceau ne suit aucune logique particulière, la tendance étant au collage et à l'expérimentation.
Cet effort prend très souvent l'allure d'un grand cahier de brouillon où se cotoient les bonnes et les curieuses idées. L'ossature même du disque est fragile, les idées fusent de toutes part sans cohérence véritable laissant un peu l'auditoire sur sa faim. Ce disque fût longtemps hors de portée des foules car le label sur lequel il était distribué à sa sortie à disparu, laissant cet enregistrement difficilement dispo pendant quelques temps. L'examen attentif du dos de
la pochette nous apprendra que les titres ont été divisés en deux groupes, les cinq premiers sous l'appellation "Roc-
ket" et les trois derniers sous "Harmony". Il y a également des durées de morceaux indiqués(dont les titres sont par ailleurs illisibles) mais ils ne correspondent pas à la réalité.
"Chasing a bee" entame le disque avec une mélodie entêtante et minimaliste, mettant en avant une guitare hyper saturée à la limite de l'audible. La voix est un compromis entre Lou Reed, Iggy Pop et David Bowie. L'ensemble se révèle assez long à la limite de l'ennuyeux, le thème étant repris à l'infini et même au delà. De plus la guitare parcou-
rant le titre de sa voix plaintive et éraillée à tendance à masquer l'ensemble et à donner un aspect brouillon. "Syringe mouth" se comporte à peu près de la même façon en moins long pour juste un peu plus de quatre minutes (contre
plus de sept pour le précédent). Malgré les arrangements bizarres qu'on sent tout de même traversés par un talent certain(bien que difficile à cerner)le titre peine à décoller et on reste plus ou moins dans l'expectative.
On pourra se reposer quelque peu sur "Coney island cyclone" et ses moins de trois minutes de pop/rock enlevé, qui commence à faire ressembler le disque à quelque chose de connu et d'identifiable. La voix va se faire gutturale à la manière du chanteur de Rammstein sur "Blue and black", titre un peu bubble-gum étalé sur un peu plus de six minu-
tes mais qui à du mal à capter l'attention plus de deux, le thème en étant joué à l'excès, traversé à divers moments
de coups de speed improbables encore une fois cachés derrière la saturation trop marquée de la guitare.
La première partie donc, "Rocket" se ferme avec "Sweet Oddysee Of A Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart"
et ses près de huit minutes. On commence à retrouver dans cette chanson, les inflexions futures qui feront de Mer-
cury Rev le groupe que l'on connait maintenant. Le titre génère comme ses prédecesseurs un thème reproduit jus-
qu'à la nausée, répétitif et un brin ennuyeux quoique un peu moins bordélique que les autres quand le groupe à la bonne idée de baisser un peu le coté omniprésent de la guitare en forme de scie qui jalonne la plupart des chansons.
Le sous-groupe "Harmony" s'ouvre sur "Frittering" qui s'habille de violet pour entrer dans un monde très proche de "Deserter's songs" et qui met en place toutes les bonnes raisons d'avoir un jour pû tomber sur cet album intemporel. Même si le titre est aussi un pensum longuet(proche des neuf minutes), l'ambiance y est plus détendue et les arrangements plus digestes.
Un surprenant mix entre la sonnerie de téléphone occupée et les battements d'un compteur Geiger suivi de paroles incompréhensibles et d'une guitare speed triturée entre des doigts fébriles. Voilà pour "Continuous Trucks And Thunder Under A Mother's Smile", quarante-cinq secondes d'un truc bizarre atterri là comme une verrue sur la tronche de Miss France.
Assez inutile mais certainement indispensable aux yeux de leurs compositeurs. Une rythmique brumeuse et encore
une fois un thème repris en boucle décliné sur de très longues douze minutes et dix-huit secondes très précisément, "Very sleepy rivers" porte bien son nom. On s'ennuie ferme, hypnotisé par cette boucle vaporeuse émaillée par de longues plaintes vocales déclinées en fond dans une atmosphère qui tient autant du psychédélisme le plus pur que
des couloirs blancs sans fin d'un hopital psychiatrique tout droit sorti d'un film de David Lynch ou de Lars Von trier...
L'ensemble est gris et déprimant, faisant s'allumer des étincelles noirâtres au milieu d'un brouillard épais et étouffant. On sortira de ce disque un peu comateux, à la limite de l'imprécis, au bord de l'hésitation.
Très difficile d'accès, ce premier effort de Mercury Rev ne peut pas être catalogué de nul. Ce serait nié l'existence d'un talent balbutiant qui trouvera un débouché sur les albums suivants.
Il serait dommage pourtant d'aborder la discographie du groupe avec ce disque, car l'idée première serait de ne
pas aller plus loin, ce qui serait dommage et ferait louper des chefs-d'oeuvres comme l'indispensable "Deserter's songs" et "All is dream".
8 titres pour un disque d'une cinquantaine de minutes, la durée de chacun des morceaux oscillant entre 45 secondes
et plus de 12 minutes.
Chasing A Bee 7.12
Syringe Mouth 4.05
Coney Island Cyclone 2.37
Blue And Black 6.03
Sweet Oddysee Of A Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart 7.40
Frittering 8.50
Continuous Trucks And Thunder Under A Mother's Smile 0.45
Very sleepy rivers 12.18
Autant prévenir, cet album est d'un abord assez difficile et certains ne pourrait y voir que délayages et expériences sonores psyché.
L'architecture de chaque morceau ne suit aucune logique particulière, la tendance étant au collage et à l'expérimentation.
Cet effort prend très souvent l'allure d'un grand cahier de brouillon où se cotoient les bonnes et les curieuses idées. L'ossature même du disque est fragile, les idées fusent de toutes part sans cohérence véritable laissant un peu l'auditoire sur sa faim. Ce disque fût longtemps hors de portée des foules car le label sur lequel il était distribué à sa sortie à disparu, laissant cet enregistrement difficilement dispo pendant quelques temps. L'examen attentif du dos de
la pochette nous apprendra que les titres ont été divisés en deux groupes, les cinq premiers sous l'appellation "Roc-
ket" et les trois derniers sous "Harmony". Il y a également des durées de morceaux indiqués(dont les titres sont par ailleurs illisibles) mais ils ne correspondent pas à la réalité.
"Chasing a bee" entame le disque avec une mélodie entêtante et minimaliste, mettant en avant une guitare hyper saturée à la limite de l'audible. La voix est un compromis entre Lou Reed, Iggy Pop et David Bowie. L'ensemble se révèle assez long à la limite de l'ennuyeux, le thème étant repris à l'infini et même au delà. De plus la guitare parcou-
rant le titre de sa voix plaintive et éraillée à tendance à masquer l'ensemble et à donner un aspect brouillon. "Syringe mouth" se comporte à peu près de la même façon en moins long pour juste un peu plus de quatre minutes (contre
plus de sept pour le précédent). Malgré les arrangements bizarres qu'on sent tout de même traversés par un talent certain(bien que difficile à cerner)le titre peine à décoller et on reste plus ou moins dans l'expectative.
On pourra se reposer quelque peu sur "Coney island cyclone" et ses moins de trois minutes de pop/rock enlevé, qui commence à faire ressembler le disque à quelque chose de connu et d'identifiable. La voix va se faire gutturale à la manière du chanteur de Rammstein sur "Blue and black", titre un peu bubble-gum étalé sur un peu plus de six minu-
tes mais qui à du mal à capter l'attention plus de deux, le thème en étant joué à l'excès, traversé à divers moments
de coups de speed improbables encore une fois cachés derrière la saturation trop marquée de la guitare.
La première partie donc, "Rocket" se ferme avec "Sweet Oddysee Of A Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart"
et ses près de huit minutes. On commence à retrouver dans cette chanson, les inflexions futures qui feront de Mer-
cury Rev le groupe que l'on connait maintenant. Le titre génère comme ses prédecesseurs un thème reproduit jus-
qu'à la nausée, répétitif et un brin ennuyeux quoique un peu moins bordélique que les autres quand le groupe à la bonne idée de baisser un peu le coté omniprésent de la guitare en forme de scie qui jalonne la plupart des chansons.
Le sous-groupe "Harmony" s'ouvre sur "Frittering" qui s'habille de violet pour entrer dans un monde très proche de "Deserter's songs" et qui met en place toutes les bonnes raisons d'avoir un jour pû tomber sur cet album intemporel. Même si le titre est aussi un pensum longuet(proche des neuf minutes), l'ambiance y est plus détendue et les arrangements plus digestes.
Un surprenant mix entre la sonnerie de téléphone occupée et les battements d'un compteur Geiger suivi de paroles incompréhensibles et d'une guitare speed triturée entre des doigts fébriles. Voilà pour "Continuous Trucks And Thunder Under A Mother's Smile", quarante-cinq secondes d'un truc bizarre atterri là comme une verrue sur la tronche de Miss France.
Assez inutile mais certainement indispensable aux yeux de leurs compositeurs. Une rythmique brumeuse et encore
une fois un thème repris en boucle décliné sur de très longues douze minutes et dix-huit secondes très précisément, "Very sleepy rivers" porte bien son nom. On s'ennuie ferme, hypnotisé par cette boucle vaporeuse émaillée par de longues plaintes vocales déclinées en fond dans une atmosphère qui tient autant du psychédélisme le plus pur que
des couloirs blancs sans fin d'un hopital psychiatrique tout droit sorti d'un film de David Lynch ou de Lars Von trier...
L'ensemble est gris et déprimant, faisant s'allumer des étincelles noirâtres au milieu d'un brouillard épais et étouffant. On sortira de ce disque un peu comateux, à la limite de l'imprécis, au bord de l'hésitation.
Très difficile d'accès, ce premier effort de Mercury Rev ne peut pas être catalogué de nul. Ce serait nié l'existence d'un talent balbutiant qui trouvera un débouché sur les albums suivants.
Il serait dommage pourtant d'aborder la discographie du groupe avec ce disque, car l'idée première serait de ne
pas aller plus loin, ce qui serait dommage et ferait louper des chefs-d'oeuvres comme l'indispensable "Deserter's songs" et "All is dream".





