_______________________[Vincent Delerm]_____________________

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Kensington Square(2004)
Voici donc le premier album de Vincent Delerm le fils de Philippe Delerm l'écrivain.
Cette album éponyme contient 11 titres homogènes et se révèle très agréable même après des écoutes successives. On y trouve tout ce qui fait le charme des chansons de Delerm, les citations de marques multiples ou des personnalités. Cela sera moins flagrant sur le deuxième album "Kensington square". La pochette est en soi révéla-
trice d'un 1er disque. Vincent ne nous regarde pas en face mais baisse les yeux, sur le deuxième on ne le voit pas
(une pochette rouge) et sur le troisième enfin il plante son regard dans le nôtre... Ce disque était quand même une bonne surprise à sa sortie et apportait une petit bouffée d'air frais dans une chanson française un peu terne et tristouille. L'album débute sur le tube "Fanny ardant et moi", un petit morceau sautillant avec piano et violons style orchestre de chambre. D'ailleurs, on imagine très bien VD en train de chanter dans un vieil appartement parisien ensoleillé, au parquet savamment ciré et à la blancheur impeccable. "La vipère du gabon" est un morceau à tiroir où
le texte peut se lire en sautant une ligne à chaque fois, l'exercice de style fait mouche et on en redemande.
Comme le dit Delerm lui-même(je l'ai vu en concert à Montauban pour la tournée de ce disque), "Tout le monde à bien compris la mécanique du spectacle, c'est-à-dire une chanson sordide pour deux chansons rigolotes ..". Ce
n'est pas exactement cela avec "Chatenay-malabry" mais d'un coup l'atmosphère légère fait place à une gravité impressionante. Ce titre est mon préféré de l'album. C'est aussi le plus long. Le piano mélancolique, sa curieuse voix qui monte jusqu'à la note(sa façon de chanter peut dérouter mais finalement on s'y habitue relativement vite), les cordes arrangées qui sonnent comme dans un film de Claude Sautet, ce morceau est un vrai petit bijou que je ré-écoute toujours avec plaisir. "Catégorie bukowski " en duo avec Irène Jacob est un petit morceau rigolo de
moins d'une minute suivi de "Tes parents" avec son cortège de noms connus(Télérama, Opel Vectra, Thalassa,..). Caricature sur la vision qu'on peut avoir des parents de sa copine ou de ses beaux-parents. Le ton est volontai-
rement branchouille et fait encore une fois référence à du parisianisme un peu forcé. Je ne me reconnais pas dans
cette vision des trentenaires à cols roulés et Weston qui ont fréquentés Jussieux et qui achètent l'intégrale de leur mobilier chez IKEA. Ceci n'enlève en rien le charme de cet album que j'écoute toujours très régulièrement. "Cosmopolitan" un peu plus long et moins enlevé, un peu répétitif bien qu'on puisse se laisser piéger facilement au refrain tranquille. "Slalom géant" est une petite aparté qui finit sur une note nostalgique, "Le monologue shakes-
pearien" est une petite perle d'humour bien dosé et on a l'impression que l'album pourrait finir ici même, après "Charlotte Carrington" comptine d'un peu plus d'une minute.
"Deauville sans Trintignant" est une merveille d'intelligence avec sa jolie musique triste et ses arrangements soignés. Delerm se fend même d'un extrait de la bande-son de "Un homme et une femme". Le disque se termine sur "L'heure du thé" et là pour le coup, je me retrouve dans cette histoire de frais amoureux qui se retrouve au matin de la pre-
mière nuit dans la rue en constatant que le monde a continué à vivre alors que sa vie vient d'être chamboulée.

On se sent bien après l'écoute de cet album. Le deuxième se fera plus complexe et moins aéré bien que certains morceaux valent très largement le détour. Cet opus de Vincent Delerm sonnera à jamais comme le "premier" album
ce qui est un compliment.

1. Fanny Ardant et moi
2. La Vipère du Gabon
3. Châtenay-Malabry
4. Catégorie Bukowski
5. Tes parents
6. Cosmopolitan (avec Irène Jacob)
7. Slalom géant
8. Le Monologue shakespearien
9. Charlotte Carrington
10. Deauville sans Trintignant
11. L'Heure du thé
vincent delerm
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