_________________________[Tostaky]_________________________

Autres chroniques:

Veuillez rendre l'âme
(à qui elle appartient)(1989)

666.667 club(1996)
Des visages des figures(2001)
En public(2005)
Noir désir.
Un nom qui sonne comme des regrets.
Ceux d'un groupe qui s'annoncait prometteur tant au niveau texte que musical.
Emmené par un leader charismatique qui avait des choses à dire, le groupe fût stoppé net par l'actualité que l'on sait
et sur laquelle il est inutile de revenir.
Fort du succès qu'ils n'ont jamais assumé avec le tube "Au sombre héros de la mer" et trois albums plus tard le
groupe bordelais revenait avec ce quatrième opus en 1992, "Tostaky", contraction populaire de l'espagnol "Todo
está aquí" signifiant "Tout est là." On compare souvent Bertrand Cantat à Jim Morrison pour l'attitude et même la ressemblance physique. Les textes de Noir désir sont très sombres. L'engagement politique est certain et violent.
Le groupe milite contre le fascisme et la mondialisation.
Musicalement, ils sont plutôt influencés par des groupes comme Led Zep, Mc 5, Sonic Youth ou bien même La Mano Negra avec lesquels ils partagent la scène alternative. Ils ont aussi été les grands frères de Luke, Dionysos, Eiffel ou bien Mickey 3 D.

Line-up en 1992:
Bertrand Cantat: Chant | Serge Teyssot-Gay: Guitare | Denis Barthe: Batterie | Frédéric Vidalenc: Basse

En 1992 des groupes comme "Rage against the machine", Red Hot Chili Peppers et Nirvana tenaient le haut du
pavé de la scène musicale internationale. Autant dire que l'heure était au bruit et à la fureur.
"Tostaky" allait complètement s'inscrire dans cette tendance.

Here It Comes Slowly (3'03)
Ici Paris (3'37)
Oublié (4'33)
Alice (3'55)
One Trip/One Noise(4'12)
Tostaky (le continent) (5'29)
Marlène (3'03)
Johnny colère (2'17)
7 minutes (6'00)
Sober Song (2'51)
It Spurts (3'53)
Lolita nie en bloc (3'30)


Révolte sourde et message anti-fasciste "Here It Comes Slowly" où une déferlante de guitare annonce la couleur
de l'album. Rock et noir.
Le texte s'en prend à l'inquiétante montée du front national en France.
"Ici paris" largement exploité sur scène est un standard du groupe puis "Oublié" à la rythmique feutrée dans un cli-
mat stable et serein, "Alice" préfigurant les chansons "à prénoms" de Noir Désir, et le très linéaire "One trip/One noise" hypnotique, chanté en français et en anglais. Le tube "Tostaky" est superbe de puissance controlée avec ce
riff très simple mais terriblement efficace, reflétant bien l'humeur des bordelais en cette année 1992. Les paroles
sont en français/anglais/espagnol délivrées d'une voix laconique par un Bertrand Cantat halluciné et extatique. Le
plus en retrait "Marlène" à la rythmique un peu désuète, hymne au poing levé "Johnny colère" où Noir désir tisse un nouveau drapeau.
Titre qui semble rester toujours sur l'introduction, "7 minutes" belle performance où la grosse caisse emmène les guitares faire un tour sur une rythmique tendue, tous les autres éléments de la batterie restant libre pour s'égayer
d'une liberté toute nouvelle, "Sober song" puis retour des guitares qui étaient en embuscade sur "It spurts" petit
cousin de "Ici paris".
Une mélodie sucrée traversée par des petits morceaux de cauchemars avec "Lolita nie en bloc" au refrain étrange
et déstructuré vient terminer l'album dans une douceur ou du moins une sérénité appuyée.
Disque foisonnant offrant des belles alternances de climats, la violence des morceaux rock le disputant à des titres
plus en retrait.
Il contient de plus quelques perles connues "Tostaky", "Ici paris" ou moins connues "One trip/one noise" ou "7 minutes" qui viennent renforcer l'intégrité du groupe, à l'identique de cette phrase que Cantat lâchera aux Victoires
de la musique en 1997: "Il n'est pas nécessaire de perdre son identité et son âme pour se faire reconnaître".
tostaky noir désir
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