__________________________[Thrak]__________________________

Autres chroniques:

In the court of crimson king(1969)
"Thrak" prolonge la longue et tortueuse histoire d'une des formations de rock progressif reine des années 70.
Après plus de dix ans d'absence et un dixième album en 1984(Three of a perfect pair), on aurait pu croire King Crimson définitivement rayé de la carte. Il est vrai que toute la période plus ou moins expérimentale afin d'essayer
de passer dignement les années 80 avait laissée une trace plus ou moins agréable dans la mémoire auditive du public.
1994.
King Crimson sort de sa retraite et publie un mini album de six titres "Vroom" puis en 1995 c'est "Thrak" qui atterrit dans les bacs et avec ce disque la preuve que le groupe emmené par ce guitariste et musicien touche à tout Robert Fripp est encore loin devant beaucoup d'autres. Esthétiquement ce disque place la barre très haut avec ses quinze titres imbriqués les uns dans les autres. N'écoutez pas les mauvaises langues qui vous diront que ce disque n'est qu'
une ressucée de ce que le groupe a fait auparavant et laissez-vous emporter par ce tourbillon orchestré par la crème des musiciens du genre:

Robert Fripp: Guitare, mellotron, soundscapes | Adrian Belew: Guitare, chant | Trey Gunn: Stick, choeurs
Tony Levin: Basse acoustique, basse électrique, chœurs | Pat Mastelotto: Percussions acoustiques et électroniques
Bill Bruford: Percussions acoustiques et électroniques

1. VROOOM (4:37)
2. Coda: Marine 475 (2:41)
3. Dinosaur (6:32)
4. Walking On Air (4:34)
5. B'Boom (4:11)
6. THRAK (3:58)
7. Inner Garden I (1:47)
8. People (5:53)
9. Radio I (0:43)
10. One Time (5:21)
11. Radio II (1:02)
12. Inner Garden II (1:02)
13. Sex Sleep Eat Drink Dream (4:48)
14. VROOOM VROOOM (5:37)
15. VROOOM VROOOM: Coda (3:00)


L'instrumental "VROOOM" assure le passé, le présent et l'avenir de King Crimson à grands renforts de riffs
rock bien sentis, cinglés par des mouvements free-jazz comme à l'accoutumée.
Encore plus gras et chutant dans les escaliers en descendant la gamme, "Coda: Marine 475" continue sur le mode instrumental et s'arrête au bas des marches, dans l'attente de la suite. "Dinosaur" continue sur sa lancée furieuse à peine calmé par quelques plages de mellotron qui adoucit cette plainte écorchée vive. Après cette accroche plutôt déprimée Crimson joue de la douceur sur le velouté "Walking On Air" où Belew se fait crooner. Percussions jazz tribales et basse en forme de serpent.
Orchestre en formation de combat, prêt à en découdre, mais c'est finalement les percussions qui feront de cet instrumental, une guerre froide et raisonnée. "THRAK" est d'une violence inouïe, transporté par des élans free-jazz proche du jazz-rock. Le calme revient sur "Inner Garden I" où enfin Adrian Belew peut continuer à s'exprimer dans une quiétude assainie par une guitare claire. "People" se heurte à une rythmique en pulsation, comme celles d'un
coeur malade.
La voix de Belew se fait plaintive avant de sombrer dans le néant bruitiste de "Radio I" court et noir de glissements. Ambiance latino dans la rythmique feutrée de "One Time" où la légèreté des harmonies et des arrangements laissent
un terrain de jeu confortable à Adrian. Pause bienvenue après la touffeur des plages précédentes. Aérien, survolant une clairière verte éclaboussée de soleil "Radio II" puis un brin de classique baroque avec "Inner Garden II" décla-
mée par un Adrian Belew en extase. D'un titre quasiment imprononcable, King Crimson réalise ce "Sex Sleep Eat Drink Dream", rock chaloupé et groove, où les claviers deviennent historiquement hystériques sur le final. Le
Crimson reprend l'essentiel du thème et le durcit jusqu'au métal dans "VROOOM VROOOM" puis le chiffonne sur "VROOOM VROOOM: Coda".
Fuite...
King Crimson livre un disque riche et complexe à l'esthétique soignée.
Les dinosaures qu'on croyait disparus ont encore finalement quelque chose à dire.
Adhérez.
thrak king crimson
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