_________________________[The Wall]________________________

Autres chroniques:

A saucerful of secrets(1968)
More(1969)
Ummagumma(1969)
Atom heart mother (1970)
Dark side of the moon (1973)
Wish you were here (1975)
Animals(1977)
The final cut(1983)
A momentary lapse of reason(1987)
The division bell(1994)
P.U.L.S.E (1995)
Echoes (the best of Pink Floyd)(2001)
Que faisiez-vous en 1979 ?
Pink Floyd sortait "The wall" et la façon d'écouter et d'appréhender la musique allait changer du tout au tout.
Roger Waters avait pris le contrôle total du groupe. Gilmour avait eu le droit de composer trois ou quatre mor-
ceaux, les autres membres du groupe ne se comportant ni plus ni moins que comme des musiciens de sessions cachetonnés à la journée.

1) In the Flesh? – 3:19
2) The Thin Ice – 2:27
3) Another Brick in the Wall (Part 1) – 3:09
4) The Happiest Days of Our Lives – 1:50
5) Another Brick in the Wall (Part 2) – 3:59
6) Mother – 5:36
7) Goodbye Blue Sky – 2:47
8) Empty Spaces – 2:07
9) Young Lust – 3:30
10) One of My Turns – 3:37
11) Don't Leave Me Now – 4:16
12) Another Brick in the Wall (Part 3) – 1:14
13) Goodbye Cruel World – 1:16
14) Hey You – 4:41
15) Is There Anybody Out There? – 2:40
16) Nobody Home – 3:24
17) Vera – 1:33
18) Bring the Boys Back Home – 1:26
19 Comfortably Numb – 6:23
20) The Show Must Go On – 1:35
21) In the Flesh – 4:17
22) Run Like Hell– 4:24
23) Waiting for the Worms – 3:57
24) Stop – 0:30
25) The Trial– 5:19
26) Outside the Wall – 1:43


"In the flesh" débute sur un rythme rock allant jusqu'à s'enfler dans une démesure terrible, jusqu'à rejoindre des
pleurs de bébé, (mummy loves her baby, and daddy loves you too), "The thin ice", la mince pellicule qui sépare l'humanité du rien est évoquée dans une ambiance calme bientôt relayée par "Another brick in the wall" part I et
son atmosphère inquiétante.
Guitares rebondissantes se cognant aux murs sur un clavier profond, cette chanson est d'une beauté glaciale.
"The happies days of our lives" est une violente diatribe tout en contraste et fracas faisant oublier la tranquille insouciance du titre précédent, puis le tube arrive, tout auréolé de sa célébrité, "Another brick in the wall" part II et ses riffs de guitare bûchés par la moitié des guitaristes de la planète et son orgue Hammond aérien. Ambiance cour d'école, puis soupir….
"Mother" est le titre ambitieux de cette première face. Il commence de façon dépouillé pour s'enrichir au fur et à mesure du temps, de nouveaux instruments. Chanson superbe, une de mes préférées sur le disque. Cette ode à la maman est une petite merveille de démonstration progressive. Le piano viendra renforcer la guitare sèche et le
clavier d'une présence toute masculine. (You'll always be a baby to me, mother, did it need to be so high).
Cut.
La première face s'achève dans un climat apaisant.
Chant d'oiseaux puis synthé lourd sur une rythmique à la guitare sèche. "Goodbye blue sky", petite chanson dépri-
mée qui évoque une époque révolue, et une autre commence… (Do you hear the falling bombs…).
"Empty spaces" sera enfiévrée et brumeuse comme un hammam, chantée d'une voix plaintive par un Waters au
bord de la crise de nerfs. La crise éclatera en un rock progressif tout en guitare acérée sur "Monny lust". La jolie guitare trempée dans la chaux vive de Gilmour assurera un solo nervuré comme de la tôle ondulée, le titre se fini-
ssant sur un téléphone ouvert sur un répondeur. Dans ce disque de Pink Floyd, il n'y a jamais personne au bout du
fil.
Le silence, l'attente, puis émergeant du néant un gravissime synthé accueille le chant désabusé de Waters. C'est
"One of my turns" progressif dés le début et débouchant sur une voix guidée par un missile qui nous assène ses 4 vérités. Le titre se fait violent parcouru par une respiration furieusement océane pour finir sur (Why are you running away ?......). "Don't leave me now" est noire de ressentiment. La musique se fait cauchemar pour finir en espoir
dans la chair de la voix de Waters enfin apaisée. La chanson cahotera vers la fin pour suivre "Another brick in the wall" part III qui tire les leçons de ses erreurs passées. (Je n'ai pas besoin de bras qui m'entoure, je n'ai pas besoin
de drogue pour me calmer, j'ai vu ce qui était écrit sur le mur, ne pense pas que j'ai besoin d'autre chose).
"Goodbye cruel world" clos dans l'intimité d'une voix éteinte et fatiguée cette seconde face habitée parle désespoir.
Au seuil de la troisième partie de l'œuvre, on sent le renoncement à toute chose. L'envie du rien. Le renoncement permettra d'atteindre un plan supérieur sur la troisième face qui est aussi la plus belle de ce double album. Il y a tellement de choses à sortir de ce disque, tellement à expurger que cette chronique me semble vraiment faible face
à une telle créativité et je sens que les mots ne suffisent pas. Chanson douce s'il en est "Hey you" déclinée sur une guitare sèche lumineuse dégage une atmosphère mélancolique. Le chorus de guitare à mi-parcours va propulser le
titre au milieu des étoiles avec force pathos pour retomber dans le réel et conclure sur (Together we stand, divided
we fall)
.
"Is there anybody out there" répété quatre fois laisse sa place à la guitare sèche du morceau précédent que l'on retrouve dans la même ambiance. Musique d'hiver, musique du passé. Une section de cuivres vient nous mouiller
les cils d'une délicate attention. Le piano viendra s'asseoir à la place de la guitare pour "Nobody home". L'ambiance est toujours à la nostalgie. La voix de Waters se fait à nouveau plainte puis devient vindicative. Les arrangements de cordes et de cuivres classiques sont littéralement à tomber. Cette face est incontestablement la plus réussie de
l'album.
"Vera" petite ode déclamée sur un ton triste sera suivie de "Bring the boys back home", petit hymne lyrique et symphonique qui emploie les gros moyens. Ces deux petits intermèdes seront suivis d'une des pièces maitresse "Comfortably numb", un des morceaux composés par Gilmour avec cet exceptionnel chorus de guitare qui tient carrément du génie. Cette chanson de presque sept minutes construit sur le mode couplet/refrain, couplet/refrain chorus et final est un modèle du genre. C'est une des chansons qui m'a donnée envie d'être musicien.
Avant de partir Gilmour aura encore le temps de nous chanter (The child is grown, the dream is gone, and i have become, comfortably numb). "The show must go on" débarque façon guillerette comme une pub invitant à pour-
suivre la suite du programme. Reprise du lourd avec "In the flesh" encore plus rock que la version de la première
face, plus violente, plus désabusée aussi. La fin du morceau se fera sur un soupir de la guitare à la manière d'un accordéon expirant. "Run like hell" est une course de guitares multiples rebondissant sur le delay de l'une d'entres
elles en ligne rythmique. Cette chanson est très connotée fin de concert, d'ailleurs Pink Floyd s'en servira justement
à cet effet. "Run like hell" fait partie au même titre que le morceau précédent, des chansons les plus "rock" de ce double-album. La fin, envahie de rires hystériques, et d'un rugissement de Roger Waters annonce la couleur de "Waiting for the worms" encore assez rock sur un mode proche de l'opéra où les chœurs disent "Waiting" attendant
la réponse de la voix nasillarde du chanteur. La conclusion se fera sur de lourds accords de guitare pendant qu'une voix incompréhensible braillant dans un mégaphone sera rattrapée par des chœurs de plus en plus élevés, scandant (power, …power….power).
"Stop".
Petit intermède qui met fin subitement au vacarme et amène le début du micro-opéra "The trial" chanson très ambitieuse avec un texte plus que conséquent. "Outside the wall" concluera ce monument de musique à quatre
visages juste après la chute du mur dans un murmure de voix sage et enfin apaisée, juste souligner par un trait d'instrument à vents et de chœurs cristallins.

Il n' y a rien à dire de plus.
Vous venez d'écouter le disque de rock progressif du siècle.
the wall pink floyd
the wall pink floyd
the wall pink floyd
the wall pink floyd