________________________[The Final Cut]_____________________

Autres chroniques:

A saucerful of secrets(1968)
More(1969)
Ummagumma(1969)
Atom heart mother (1970)
Dark side of the moon (1973)
Wish you were here (1975)
Animals(1977)
The wall(1979)
A momentary lapse of reason(1987)
The division bell(1994)
P.U.L.S.E (1995)
Echoes (the best of Pink Floyd)(2001)
"The final cut" ou le dernier rôle d'un groupe sur la fin.
Les quatre musiciens sont encore crédités sur la pochette mais Waters a pris l'entière direction du groupe.
Sorti en 1983, la conclusion de leur carrière ne pouvait se faire que sur un disque en forme d'adieux aux armes.

Track-list:

1] The post war dream
2] Your possible pasts
3] One of the few
4] The hero's return
5] The gunner's dream
6] Paranoid eyes
7] Get your filthy hands off me desert
8] The fletcher memorial home
9] Southampton dock
10] The final cut
11] Not now John
12) Two sun in the sunset


"The post war dream" résonne dans cette ambiance de guerre latente avec la sonnerie aux morts d'une trompette posthume de circonstance suivi de "Your possible pasts" dans l'attente d'une urgence qui ne vient pas. Hésitant
entre la douceur et la colère, le titre oscille avant de se projeter hors des starting-blocks avec un chorus déchiré de David Gilmour.

Le son est plus rock que sur le précédent, « The wall », plus agressif avec moins de concession. "One of the few" dramatique et rêvé dans un chuchotement court, un couperet qui rompt brutalement le temps puis "The hero's
return" nerveux …puis finalement pas, la chanson part dans toutes les directions.

Eclats de guerre, bruits d'infanterie puis le piano poussiéreux de "The gunner's dream" entame une complainte désespérée. Les violons en nappe de tristesse viennent couronner la musique d'un diadème de mélancolie jazzy, soutenue par un saxophone mouillé. "Paranoid eyes" reprenant sous sa coupe le piano en fil conducteur et les
cordes dans son équipe, rajoute des cuivres sombres comme un ciel d'orage pour une chanson porteuse d'un peu
plus d'espoir que les précédentes.

Un obus qui tombe sur "Get your filthy hands off me desert" court et militaire puis le superbe "The fletcher memorial home", hommage de Roger Waters à son père, où le solo de guitare de Gilmour est un pur bonheur musical, d'une désespérante et fascinante dépression. "Southampton dock", où Waters double sa voix en parlant au premier-plan
et en hurlant au second puis "The final cut", la chanson titre avec un ensemble piano/cordes. Cette chanson aurait
tout à fait sa place dans The wall, en dupliquant la progression et l'architecture de "Comfortably numb", en imitant aussi les arrangements tournants des cordes. La chanson est tout de même superbe, avec ses départs et ses rup-
tures contrôlés. Carrément rock "Not now John" avec ses choeurs féminins et son schéma puissant, laisse éclater la rage contenue depuis le début du disque, sous la pression de la voix goguenarde puis finalement hystérique de
Waters.

"Two sun in the sunset" seule chanson optimiste du disque met un point final à la crise.
Un saxophone aux notes chaudes et revigorantes nous montre une voiture qui s'éloigne la nuit sur une route déserte, emportant la folie ailleurs….plus loin..

Dernier essai pour un groupe au bord du divorce, Pink Floyd implosera après cet album accouché dans la douleur.
"The final cut" ressemble à un condensé de The wall sans toutefois atteindre ce degré de génie.

Il se laisse écouter avec nostalgie et regrets.

Sans la folie dépressive de Waters, Pink Floyd n'aura jamais plus le même visage.

Ce disque tire un trait (définitif ?...) sous le mot FIN de l'histoire d'un groupe de légende.
the final cut pink floyd
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