___________________________[S & M]_________________________

Autres chroniques:

Kill 'em all(1983)
Ride the lightning(1984)
Master of puppets(1986)
And justice for all...(1988)
Metallica (black album)(1991)
Load(1996)
Reload(1997)
Garage Inc.(1998)
St anger(2003)
Some kind of monster(2004)
Death magnetic(2008)
Enregistré au Berkeley Community Theatre les 21 et 22 avril 1999, "S&M" est le neuvième album de Metallica et aussi son premier live. L'idée est de faire cohabiter la musique du groupe, métal brutal speedé, en faisant vibrer le grandiose qui se cache au fin fond des chansons du groupe de trash-métal. C'est l'Orchestre symphonique de San Francisco sous la direction de Michael Kamen qui s'y colle. Le résultat, 21 titres, qui explorent l'univers des Four Horsemen à peu près dans toutes ses époques. Deux titres inédits se cachent dans les set-lists: "No Leaf Clover"
et "- Human", enregistrés pour l'occasion.

Line-up
James Hetfield: Chant, guitare
Lars Ulrich: Batterie
Kirk Hammett: Guitare
Jason Newsted: Basse

CD1
1) The Ecstasy Of Gold (2:30)
2) The Call Of Ktulu (9:34)
3) Master Of Puppets (8:54)
4) Of Wolf And Man (4:18)
5) The Thing That Should Not Be (7:26)
6) Fuel (4:35)
7) The Memory Remains (4:42)
8) No Leaf Clover (5:43)
9) Hero Of The Day (4:44)
10) Devil's Dance (5:26)
11) Bleeding Me (9:01)


CD2
1) Nothing Else Matters (6:47)
2) Until It Sleeps (4:30)
3) For Whom The Bell Tolls (4:52)
4) -Human (4:19)
5) Wherever I May Roam (7:01)
6) Outlaw Torn (9:58)
7) Sad But True (5:46)
8) One (7:53)
9) Enter Sandman (7:39)
10) Battery (7:24)


CD1
Début avec "The Ecstasy Of Gold" en clair le thème de "Le bon, la brute et le truand" signé Ennio Morricone. Les frémissements qui parcourent l'orchestre annoncent de la qualité. On n'aurait pu imaginer meilleure introduction que l'instrumental "The call of Ktulu" pour permettre à la machine de guerre Metallica de chauffer ses moteurs. Le fer
des guitares s'aiguise sur les cuivres et les cordes lancées à pleine vitesse, pendant que basse/batterie pilonnent pour soutenir l'ensemble. La présence de l'orchestre sur "Master of Puppets" augmente la sauvagerie de ce titre en faisant monter des spirales de lumière sur la scène. Augmentée de la section orchestrale, cette tuerie prend tout à coup un sens nouveau en cavalcade continue. Le rire sardonique final d'Hetfield devient un cri de victoire. Enorme.
Suite avec "Of the wolf and man" martial et guerrier comme un film de Werner Herzog. "The Thing That Should
Not Be" extrait de "Master of puppets" gagne une nouvelle dimension. Un mot sur le son: celui-ci est monumental pour le groupe, un peu en retrait pour l'orchestre qui reste suspendu au-dessus telle une toile d'araignée sans cesse disponible. Une poignée de deux titres "Fuel" et "The Memory Remains" où la partie choeur est remplacée par les violons du premier rang puis un inédit "No Leaf Clover", beau comme un jour de steppe gelée et de chevauchées la brume aux lèvres où le chant d'Hetfield atteint des profondeurs magiques et rarement égalées. La première partie
sans les guitares saturées est peut-être la plus jolie.
"Hero Of The Day" puis le puissant "Devil's Dance" et le long "Bleeding Me" qui ne gagne rien au passage.
CD2
"Nothing Else Matters" ré-ouvre les hostilités et confirme son ambiance avec des cordes qu'on croirait avoir déjà entendues sur la version studio. Le choix de ce titre pour être joué avec l'orchestre s'impose comme une évidence. "Until It Sleeps" et "For Whom The Bell Tolls" font tonner la musique du quatuor sous les vagues incessantes de la marée montante de l'orchestre. Une image vient à l'esprit, une des photos du livret intérieur où Hetfield joue de la guitare face à l'orchestre, comme sollicitant une approbation de leur part. Second inédit "-Human" bien dans la mouvance mais qui se révèle assez poussif, puis un "Wherever I May Roam" qui ne l'est pas moins. Trop long ce "Outlaw Torn" puis l'attention revient avec le lourd mais superbe "Sad But True" suivit du non moins génial "One"
qui devient entre les mains du tandem groupe/orchestre, une véritable symphonie fantastique. "Enter Sandman"
devient gothique sous les coups de boutoirs des cordes qui seules, font tonner la peur comme jamais, ayant écarté
le groupe d'un revers d'archet.
Qui l'eut cru? Ils ont osé. Quitte à coller l'archet dans l'oeil du voisin violoniste, le bruyant et hyperrapide "Battery" passera aussi l'épreuve du symphonique. Les guitares d'introduction sont remplacées par des nappes de cuivres et
de cordes entremêlées. La suite est à la hauteur du manifeste signé en 1986 sur "Master of Puppets", déchainements et pilonnages en règle puis Hetfield et Kamen remercient le public et promettent de se retrouver au même endroit l'année prochaine....
Voilà une expérience à vivre toutes oreilles ouvertes. Le choix des titres sera toujours discutable, "Orion" manquera pour moi toujours à l'appel mais l'ensemble est assez cohérent et se laisse aborder avec plaisir.
s & m metallica
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