______________________[Kensington Square]___________________
Après un premier album éponyme, Vincent Delerm revient avec ce deuxième opus "Kensington square". Une pochette rouge d'une élégante sobriété affichant simplement le nom de l'artiste et le titre de l'album.
Au verso, le
track-listing que je vous livre ci-après:
Track-list
1)Les filles de 1973 ont trente ans (4:52)
2)Quatrième de couverture (2:43)
3)Le baiser Modiano (4:25)
4)Veruca Salt et Franck Black (1:54)
5)Kensington square (5:54)
6)Natation synchronisée (4:23)
7)Evreux (6:15)
8)Anita Pettersen (4:31)
9)Deutsche grammophon (3:38)
10)Gare de milan (5:05)
Si la jaquette est sobre, en revanche le livret intérieur est superbe avec ses voiles de papier calque qui viennent se juxtaposer aux textes imprimés. On oublie assez souvent qu'un disque est un objet et qu'il peut parfaitement allié l'esthétisme au pratique. Les chansons sont nettement plus longues que sur l'album précédent.
Pas trop de surprises pour le premier titre très largement diffusé en radio. Je me familiarise pourtant avec cette chanson au refrain agréable, les arrangements de cordes et de cuivres sonnent bien. On a l'impression d'entrée que
cet album va être beaucoup moins épuré que le premier où il y avait de nombreux titres piano/voix. Celui-ci semble
(et c'est un peu logique) bénéficier de moyens plus importants en terme de production. "Les filles de 1973 ont trente ans" peut faire penser à du Polnareff période seventies avec de légères inflexions Gainsbourg pour les arrangements. Vincent Delermconserve ce coté "intello" avec "Quatrième de couverture" où il cite avec largesse auteurs connus ou moins connus, et, donne encore raison à ses détracteurs qui l'accuse de "name dropping"(forme littéraire consistant
à citer des noms de marques ou de noms connus)mais qui ravira les fans tels que nous qui adoront entendre rimer "opel Vectra" avec "Télérama".
C'est un des atouts de Vincent Delerm et surtout un de ses traits caractéristiques d'écriture. "Le baiser Modiano" renoue avec l'ambiance du premier album (cf "Chatenay-Malabry") et une ambiance mélancolique avec piano et arrangements de cordes magnifiques. J'apprécie surtout Delerm pour ce style de chanson triste et désabusée. Il manipule ce genre à merveille de sa voix grave et veloutée même si coté performance, son chant reste à la limite du juste.
"Veruca salt et Franck black", petite comptine au piano et à trois voix(Keren Ann, Vincent Delerm et Domi-
nique A), nous offrent une rétrospective musicale de moins de deux minutes, tranche de vie qui permet de faire cotoyer la musique avec des événements existentiels. C'est aussi quelque chose que l'on peut retenir; la musique
peut et d'ailleurs doit être la bande-son de notre existence. Elle sert à çà. A illuminer ou à assombrir les instants du vécu. "Kensington square" le morceau-titre aux arrangements très anglais, n'est pas ma chanson préférée. Je la
trouve un peu longue, répétitive et je ne me reconnais pas du tout dans cette histoire.
"Natation synchronisée" redonne une bouffée d'air frais avec l'humour tout "Delermien", cette chanson est très agréable et permet d'aborder plus sereinement le titre suivant, "Evreux" qui restera comme la chanson la plus belle
du disque.
Un climat de grisaille mélancolique, comme Delerm sait les tisser, le piano est poignant, sur certains passages il se
fait même quasiment silencieux. Les détails les plus banals se transforment sous l'emprise de la musique en des lieux kitch baignés de brume faiblement éclairés par des appliques 18 ème accrochées au mur. Nous devenons acteur
des chansons de Vincent Delerm et c'est là où l'artiste nous surprend le mieux. "Evreux" est une chanson à écouter
en regardant la pluie tomber derriere une vitre embuée. "Anita Pettersen" est une petite bluette évoquant une ren-
contre à un mariage. Le morceau est enjoué quoique légèrement nostalgique. "Deutsche grammophon" suit, en duo avec Irène jacob, pour une évocation de nombreuses références sur la musique classique. Le filet de voix d'Irène Jacob s'accomode très bien de ce petit exercice de style.
"Gare de Milan" est le terminus du disque, l'endroit où tout s'achève. Encore un texte caché derrière une fine bruine, une histoire à nouveau empreinte de nostalgie. Cette ultime chanson dure en fait 2 minutes, puis continue en instrumental sur un lit de cordes. Une voix laconique vient à notre rencontre et cite quelques personnes ayant tra-
vaillé sur l'album et livre deux ou trois anecdotes.
Le disque se finit sur l' "harpiste qui a 30 ans car elle est née en 1973. Voilà".
Ce disque se veut plus nostalgique et plus grave que le précédent. Delerm prend le virage de la maturité et évite la redite.
"Kensington square" est plus qu'un album recommandable, il en devient, au bout de quelques écoutes, furieusement indispensable.
track-listing que je vous livre ci-après:
Track-list
1)Les filles de 1973 ont trente ans (4:52)
2)Quatrième de couverture (2:43)
3)Le baiser Modiano (4:25)
4)Veruca Salt et Franck Black (1:54)
5)Kensington square (5:54)
6)Natation synchronisée (4:23)
7)Evreux (6:15)
8)Anita Pettersen (4:31)
9)Deutsche grammophon (3:38)
10)Gare de milan (5:05)
Si la jaquette est sobre, en revanche le livret intérieur est superbe avec ses voiles de papier calque qui viennent se juxtaposer aux textes imprimés. On oublie assez souvent qu'un disque est un objet et qu'il peut parfaitement allié l'esthétisme au pratique. Les chansons sont nettement plus longues que sur l'album précédent.
Pas trop de surprises pour le premier titre très largement diffusé en radio. Je me familiarise pourtant avec cette chanson au refrain agréable, les arrangements de cordes et de cuivres sonnent bien. On a l'impression d'entrée que
cet album va être beaucoup moins épuré que le premier où il y avait de nombreux titres piano/voix. Celui-ci semble
(et c'est un peu logique) bénéficier de moyens plus importants en terme de production. "Les filles de 1973 ont trente ans" peut faire penser à du Polnareff période seventies avec de légères inflexions Gainsbourg pour les arrangements. Vincent Delermconserve ce coté "intello" avec "Quatrième de couverture" où il cite avec largesse auteurs connus ou moins connus, et, donne encore raison à ses détracteurs qui l'accuse de "name dropping"(forme littéraire consistant
à citer des noms de marques ou de noms connus)mais qui ravira les fans tels que nous qui adoront entendre rimer "opel Vectra" avec "Télérama".
C'est un des atouts de Vincent Delerm et surtout un de ses traits caractéristiques d'écriture. "Le baiser Modiano" renoue avec l'ambiance du premier album (cf "Chatenay-Malabry") et une ambiance mélancolique avec piano et arrangements de cordes magnifiques. J'apprécie surtout Delerm pour ce style de chanson triste et désabusée. Il manipule ce genre à merveille de sa voix grave et veloutée même si coté performance, son chant reste à la limite du juste.
"Veruca salt et Franck black", petite comptine au piano et à trois voix(Keren Ann, Vincent Delerm et Domi-
nique A), nous offrent une rétrospective musicale de moins de deux minutes, tranche de vie qui permet de faire cotoyer la musique avec des événements existentiels. C'est aussi quelque chose que l'on peut retenir; la musique
peut et d'ailleurs doit être la bande-son de notre existence. Elle sert à çà. A illuminer ou à assombrir les instants du vécu. "Kensington square" le morceau-titre aux arrangements très anglais, n'est pas ma chanson préférée. Je la
trouve un peu longue, répétitive et je ne me reconnais pas du tout dans cette histoire.
"Natation synchronisée" redonne une bouffée d'air frais avec l'humour tout "Delermien", cette chanson est très agréable et permet d'aborder plus sereinement le titre suivant, "Evreux" qui restera comme la chanson la plus belle
du disque.
Un climat de grisaille mélancolique, comme Delerm sait les tisser, le piano est poignant, sur certains passages il se
fait même quasiment silencieux. Les détails les plus banals se transforment sous l'emprise de la musique en des lieux kitch baignés de brume faiblement éclairés par des appliques 18 ème accrochées au mur. Nous devenons acteur
des chansons de Vincent Delerm et c'est là où l'artiste nous surprend le mieux. "Evreux" est une chanson à écouter
en regardant la pluie tomber derriere une vitre embuée. "Anita Pettersen" est une petite bluette évoquant une ren-
contre à un mariage. Le morceau est enjoué quoique légèrement nostalgique. "Deutsche grammophon" suit, en duo avec Irène jacob, pour une évocation de nombreuses références sur la musique classique. Le filet de voix d'Irène Jacob s'accomode très bien de ce petit exercice de style.
"Gare de Milan" est le terminus du disque, l'endroit où tout s'achève. Encore un texte caché derrière une fine bruine, une histoire à nouveau empreinte de nostalgie. Cette ultime chanson dure en fait 2 minutes, puis continue en instrumental sur un lit de cordes. Une voix laconique vient à notre rencontre et cite quelques personnes ayant tra-
vaillé sur l'album et livre deux ou trois anecdotes.
Le disque se finit sur l' "harpiste qui a 30 ans car elle est née en 1973. Voilà".
Ce disque se veut plus nostalgique et plus grave que le précédent. Delerm prend le virage de la maturité et évite la redite.
"Kensington square" est plus qu'un album recommandable, il en devient, au bout de quelques écoutes, furieusement indispensable.





