_________________[In The Court Of Crimson King]______________

Autres chroniques:

Thrak(1995)
1969.
Le premier homme sur la lune et les premiers essais musicalistiques de Genesis qui en est encore à ses balbutie-
ments.
Un groupe va émerger de la nouvelle mouvance rock il s'appelle "King Crimson".
Il sortira en 1969 cet album "In the court of crimson king" qui restera dans le paysage rock comme le premier
disque officiel de rock progressif.
Seulement cinq titres sur ce disque allant de six minutes à douze. Un mélange savant entre rock, musique planante et jazz-rock.
1_ "21st century schozoid man"
Plus de sept minutes pour cette chanson d'ouverture qui fleure bon la pop des seventies. Un mélange incroyable de Jethro Tull, de Genesis et (oui ,oui..) de Black Sabbath pour l'atmosphère rock'n rollienne. Titre nerveux avec une architecture toute progressive: les premiers couplets sont suivis d'une longue plage musicale pour revenir sur une pirouette au thème du départ. Cette chanson sera reprise par...Noir Désir, c'est dire si le côté rock l'emporte très largement sur le côté progressif.
2_"I talk to the wind"
Chanson plus calme en demi-teinte pouvant aisément être comparée au "Try again" de Supertramp un an plus tard. Quelques réminiscences folk et la toujours belle voix de Greg Lake en font un morceau envoûtant, porteur d'espoir, tout l'album d'ailleurs baigne dans cette clarté intelligente et positive.
3_"Epitaph"
Encore une chanson sublime s'étirant sur plus de huit minutes. Très progressive dans sa structure et un peu désenchantée en regard du reste de l'album.
Comment font ces gens là pour distiller autant de belle musique sur huit minutes et quelques sans jamais être redondant ni ennuyeux, en évoluant au travers de divers thèmes musicaux toujours articulés avec aisance et professionalisme. Professionalisme. C'est effectivement le mot pour ce disque resté vert trente huit ans après sa
sortie. L'histoire de King Crimson aurait presque pû s'arrêter ici....

"King Crimson" est né l'année de sortie de ce disque, en 1969. Fondé par Robert Fripp, qui restera par ailleurs le
seul membre de la formation originelle bien des années après. Robert ne s'est jamais considéré comme le leader du groupe, pour lui King Crimson est juste un moyen d'expression. Le groupe compte aussi dans ses rangs, Mike et Peter Giles, batteur et bassiste, Ian mc Donald au claviers, Greg Lake au chant, qui rejoindra après ce disque,
Keith Emerson et Carl Palmer pour former, Emerson, Lake and Palmer. "In the court of crimson king" mélange de musique progressive et de jazz-rock sera composé et enregistré entre deux concerts. La pochette du disque représente le "schizoid man" de la première chanson, elle est un des éléments qui permirent au disque de grimper
dans les ventes, les acheteurs potentiels étant attirés par cette image mystérieuse d'un homme apeuré et criant qui
va dans sa terreur jusqu'à montrer sa luette.
4_"Moonchild"
A l'époque du vinyl, "Moonchild" ouvrait la face 2. Cette chanson est sans aucun doute la plus progressive, la plus travaillée et la plus audacieuse du disque. Après quelques 2 minutes de chant, le titre se fait instrumental et mysté-
rieux. L'improvisation semble être de mise, certains passages sont quasiments inaudibles tellement le volume est
bas. La musique se fait murmure, les arrangements bruitistes se font velours. Le morceau se terminera d'ailleurs sur ces expériences sonores sans reprendre le thème du début. D'aucun pourrait trouver ce passage long, car la chan-
son fait plus de douze minutes. Mais si vous arrivez à fermer les yeux et à vous laisser emporter par cette palette de couleurs sonores, vous en reviendrez certainement transformé.
5_"In the court of crimson king"
La chanson la plus connue du répertoire du King. Construite comme un véritable mini-opéra, cette pièce de plus de neuf minutes restera le morceau de rock progressif que d'autres groupes auraient aimé avoir écrit. Reprise dans une version plus musclée par Saxon au début des années 2000, elle reste une référence pour tous les musiciens avertis. L'usage du mellotron (instrument se présentant comme un orgue avec un clavier qui lit des sons sur une bande magnétique) marque de son empreinte maintenant un peu désuète les riches sonorités de cette chanson intemporelle.
Ce disque ne saurait être passé sous silence, ne serait-ce que par l'importance qu'il a donné au style rock progressif au début des années 1970.
Votre rencontre avec King Crimson ne peut que se faire par l'intermédiaire de ce chef-d'oeuvre.
in the court of crimson king king crimson
in the court of crimson king king crimson
in the court of crimson king king crimson