________________________[Exactement]______________________

Autres chroniques:

Le tango des gens(2001)
Les Sénégalaises(2004)
Les Faux Talbins(2009)
Après deux albums plutôt bien accueillis Sanseverino poursuivait son petit bonhomme de chemin jazz manouche en nous servant un troisième opus en 2006 intitulé "Exactement".
J'attendais avec joie de retrouver la verve et les guitares acoustiques jazz qui m'avaient littéralement sidérées sur les deux premiers efforts.
Contrebasse en avant, souvent soulignée par le trait pianistique de Dominique Fillon, suite de l'histoire d'André,
enfin bref, l'univers de Stéphane tout entier.
Ce disque-là bénéficie d'une production et de moyens que visiblement, les productions antérieures n'avaient pas,
sans que celles-ci en soient d'ailleurs affectées.
C'est donc de longues couvertures de cuivres et des orchestrations très souvent riches qui accompagnent les textes goguenards du gars, au dépend, il me semble, de la guitare, reléguée plus ou moins en arrière, et dont les moments
de bravoure sont nettement plus rares.

Stéphane Sanseverino: Guitare, chant, banjo, mandoline | Stéphane Huchard: Batterie | Diego Humbert:
Contrebasse | Dominique Fillon: Orgue Hammond, wurlitzer | Fabrice Alleman: Sax ténor, sax baryton, sax basse
Fred Couderc: Sax alto, sax ténor, sax baryton | Olivier Defays: Sax ténor | Allen Host: Sax alto, voix
Christian Martinez: Trompette | Philippe Slominski: Trompette | Bernard Camoin: Trompette | Michaël Joussein: Trompette
Hervé Legeay: Guitare | Hervé Pouliquen: Stimer | Akemi Toyama-Melhem: Violon

1) Démolissons les mots
2) Comment séduire une femme mariée
3) Exactement
4) Cette conne m'ennuie
5) J'ai un homme dans ma vie
6) 10 jours avant Paris
7) Il se la pète
8) Dans la maison sur le port
9) Les ouvriers
10) Andre superstar
11) La valse à Peggy
12) Le swing du Président
13) Exactemando


Début minimaliste a cappella avec "Démolissons les mots", soit un peu moins d'une minute d'une litanie intense,
truffée de jeux de mots. Il faudra avoir le livret en main pour en suivre toutes les subtilités. L'orchestration complète arrive sur "Comment séduire une femme mariée" cuivre en avant et swing par dessus. "Exactement" calme à peine le jeu tout en conservant le débit gouailleur habituel du Sanseverino moyen. Règlement de compte sur "Cette conne m'ennuie", phrases faciles qui foutent en boule puis "J'ai un homme dans ma vie" avec le retour en fanfare du big
band. Réflexions échappées du Tour de France avec "10 jours avant Paris" façon "triplettes de Belleville" et "Il se la pète" au débit une nouvelle fois hyper impressionnant.
La guitare, au profit des cuivres qui parsèment tout l'album se fait malheureusement trop rare à part en rythmique où elle assure la plupart des titres. Exit, du moins pour ce disque, ces descentes de manches à toute allure qui finis-
saient les morceaux avec brio.
Très jolie reprise d'Amalia Rodriguez "Dans la maison sur le port" à l'orchestration subtilement désuète et une chan-
son où Sanseverino prend la défense de la classe laborieuse "Les ouvriers". Jazz hyper rapide sur "André superstar" qui occupe à présent la plus haute fonction puis un hommage à la secrétaire de Mannix, Peggy, dans "La valse à Peggy". La mélodie tente de se rapprocher, sans l'imiter, de celle du générique de la série américaine des années 70. Demande expresse d'arrêt du programme nucléaire sur "Le swing du Président" qui ressemble au "Swing du nul" du premier album et "Exactemando", instrumental final où, encore une fois les cuivres se taillent la part du lion.
Bonus caché qui s'appelle(peut-être), "Quand on se dispute chez des amis", suite de "Cette conne m'ennuie"(?), Sanseverino aligne tout de même deux titres dans cet album, qui vilipende la gent féminine ou du moins les relations conflictuelles du couple. Un album globalement très bon musicalement, aux textes toujours aussi corrosifs/poétiques
et une orchestration digne du meilleur big band des années 50. Un seul regret, celui que la guitare soit reléguer à la portion congrue qui donne un manque de spontanéïté qui faisait le charme du premier disque.
Mais ne soyons pas passéiste, Sanseverino évolue et c'est tant mieux. Le meilleur reste sans doute à venir, contentons-nous aujourd'hui du très bon.
exactement sanseverino
exactement sanseverino
exactement sanseverino