________________________[Deserter's songs]____________________

Autres chroniques:

Yerself is steam(1991)
Boces(1993)
All is dream(2001)
The secret migration(2005)
Si vous choisissez après cette lecture d'acquérir cet album de Mercury Rev, j'aurai gagné mon pari.
Celui de vous avoir fait découvrir un groupe unique, qui ne ressemble à rien de vraiment connu et qui ont en plus li-
vré en 1998 ce disque inclassable qui tient autant du merveilleux que de la magie. Vous allez être mis en présence d'une musique rare, fragile et audacieuse.
Tous les instruments s'y cotoient de la traditionnelle guitare à la plus atypique scie musicale. La prise de risque pour sortir un tel effort est énorme, car l'oeuvre ne sombre jamais dans la facilité avec des mélodies soyeuses parfois aventureuses. Cet opus est une toile de maitre peinte de couleurs qui n'existent pas ailleurs...
Mercury Rev s'est formé en 1989 de David Baker au chant, Jonathan Donahue au chant et à la guitare, Sean Mackowiak, alias "Grasshopper" à la guitare et à la clarinette, Suzanne Thorpe à la flûte, Dave Fridmann à la basse
et Jimmy Chambers à la batterie. Classé au début de leur carrière dans la musique psyché voire expérimentale, le groupe s'orientera vers quelque chose de plus accessible après le départ de David Baker. Ils sortiront alors leur déjà troisième album "See you on other side" en 1995,(précédé des albums "Yerself is steam" en 1991 et "Boces" en 1993)avec une approche plus facile. Salué par la critique, ils ne leur restaient plus qu'à être connu du grand public, c'est chose faite avec "Deserter's song" en 1998.
Ce groupe peu prolifique commettra en 2001 "All is dream" et "The secret migration" en 2005.

Holes
Tonite It Shows
Endlessly
I Collect Coins
Opus 40
Hudson Line
The Happy End - The Drunk Room
Goddess On A Hiway
The Funny Bird
Pick Up If You're There
Delta Sun Bottleneck Stomp


Cet album est un cadeau. De ceux qu'on ouvre avec fébrilité. Celui-ci est emballé avec une pochette sombre à nu-
ance bleues/violettes où l'on aperçoit une silhouette floue assise sur un canapé.
"Holes" ouvre majestueusement le disque avec ses arrangements improbables(harpe, cuivres, cordes et...scie musicale) et s'étire sur près de six minutes d'ingéniosité et de talent absolument incroyable. La voix de Jonathan Donahue, toujours sur le fil du rasoir tremblotante et timide ne ressemble à nulle autre pareille. La musique est diffi-
cile à décrire.
Ce n'est pas du rock, pas de la pop, c'est autre chose...Quelque chose qui pourrait se rapprocher de la BO de film par exemple. "Tonite it shows" prolonge ce sentiment sur une durée réduite de presque de moitié. On rentre dans l'univers du groupe dont on sent que les capacités sont illimitées. "Endlessly" est une belle démonstration de lyrisme. Les choeurs servant de support rythmique sont d'une surprenante beauté. Le titre chaloupe jusqu'à "I collect coins", petit intermède de une minute et une poignée de secondes mettant en lumière un piano écaillé comme de la vieille peinture, qui soutient un cuivre souffreteux et asthmatique bifurquant vers "Opus 40" et ses influences très Beatles. Chanson très mélodique au refrain enjouée et puissant, ce titre est une vraie perle pop ciselée dans le diamant le
plus pur. Elle s'offre comme un bouquet de fleurs fraiches sorti du chapeau du magicien et se défroissant dans un
bruit de tissu. "Hudson line" se donne des airs de Lou Reed avec sa rythmique semblable à "Walk on the wild side". Petite chanson d'un peu moins de trois minutes permettant de poursuivre sur le petit intermède "The happy end(the drunk room)" aux sonorités de manège un peu inquiétantes.
L'atmosphère se fait plus lourde, plus menaçante, comme si un ersatz de Nosferatu matiné de Freddy Krugger se serait invité à prendre le café chez vous. Heureusement, "Goddess on the higway" vient nous éclabousser de soleil pour trois minutes quarante-cinq d'un morceau très pop, rappelant les meilleures plages de Supergrass s'il fallait donner un exemple. "The funny bird" en double de "Holes" est une très belle chanson un peu lyrique, un peu symphonique, encore une fois magnifiée par des arrangements fabuleux. Ces gens-là sont certainement tombés
dans la marmite de potion magique quand ils étaient petits. Cette chanson fait partie de mes morceaux préférés sur l'album, ni plus ni moins. "Pick up if you there" revient à cette ambiance un peu angoissante évoquée sur "The ha-
ppy end" et déjà la fin de l'album avec "Delta sun bottleneck stomp" aux réminiscences très Led Zeppelin, peut-être un écho
au morceau figurant sur Led zeppelin III. Le titre est enlevé et souriant, le disque se terminant sur une note optimiste. Une plage 12 en bonus caché, nous gratifie sur quelques deux minutes de délires bruitistes à la façon d'une musique contemporaine étrange et colorée. On sort de cette oeuvre rasséréné, calme et confiant. Cette musique à le pouvoir de guérir. Un tel talent ne pouvait rester ignorer trop longtemps. Mercury rev est un groupe atypique, qui vient de
nulle part ....Si seulement ils pouvaient nous emmener...
deserters songs mercury rev
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