_________________[You All Look The Same To Me]______________

Influencé par divers courants musicaux comme le rock progressif, le trip-hop ou encore l'électro, Archive prend
forme en Angleterre autour de Darius Keeler et Danny Griffiths. L'album "Londinium" sort en 1996 et partage ses sentiments entre pop et trip-hop sombre à la Massive Attack. Le personnel au chant, Roya Arab et Rosko John, créent une ambiance étrange, avec un chant rap serti dans une musique expérimentale qui ne l'est pas moins. Il fau-
dra attendre trois ans pour que sorte le second opus du groupe, qui entretemps, a remplacé sa partie chant avec Suzanne Wooder derrière le micro. Sort en 1999 "Take My Head" dans un style beaucoup plus abordable que le précédent. Les fans du premier opus sont déçus par le virage emprunté. Ayant décidément des problèmes avec
leurs chanteurs, Archive remplace Suzanne Wooder par Craig Walker et balance successivement trois cds avec ce nouveau vocaliste: "You All Look the Same to Me" (2002), "Noise" (2004) et "Unplugged" (2004) sorte de best-
of acoustique. La direction musicale est encore modifiée, la formation empruntant cette fois-ci des chemins pas forcément balisés par du rock progressif parfois à la limite du psyché. Ils assurent en 2003 la bande-son du film de Luc Besson "Michel Vaillant", et sortent en 2006 "Lights" avec encore deux nouveaux chanteurs, David Penney et Maria Q. A l'heure actuelle, Archive serait en studio pour la préparation de son huitième cd. Mais pour l'instant, retour six ans en arrière avec l'album "You all look the same to me" décliné dans sa version deux cds.

1) Again (16:19)
2) Numb (5:47)
3) Meon (5:43)
4) Goodbye (5:38)
5) Now And Then (1:22)
6) Seamless (1:43)
7) Finding It So Hard (15:33)
8) Fool (8:26)
9) Hate (3:41)
10) Need (2:27
)

1) Absurd (4:57)
2) Junkie Shuffle (10:40)
3) Sham (5:03)
4) Men Like You (3:58)


Une bonne dose de Pink Floyd période Animals (1977), l'harmonica et la ligne rythmique et presque mélodique de "Living in an another world" de Talk Talk et Archive agite l'ensemble sous le nom de "Again" premier morceau fleu-
ve de plus de seize minutes. Linéarité et précision, mais peu de variation dans les climats. "Numb" rebondira d'ail-
leurs sur une seule tonalité et empilera des plans musicaux sans aucun chorus de rajouté. "Meon" est nettement plus riche et la mélodie emprunte une nouvelle fois quelques influences au Floyd et plus précisément de "Sheep".
"Goodbye" rejoue le ballet en ligne droite en rappelant la mélodie de "Nothing compares to u" de Sinéad O'connor, puis deux petites bluettes, "Now And Then" dans une accordance voix/piano puis "Seamless" plus new-age. Les influences qui paraissent très évidentes sont tout de même loin du plagiat. Archive cultive néanmoins une atmos-
phère qui lui est propre. Seconde altercation fleuve avec "Finding It So Hard" qui fait bouillir une rythmique electro pétaradante, suivie d'une mélodie minimaliste qui enfle, à l'identique du fleuve gagné par la crue, puis, sur une haut-
eur de falaise, la musique devient pure électronique, avec une superbe boucle de claviers qui maintient le titre en surface. On pense immédiatement au chantre du krautrock Kraftwerk ou Tangerine Dream ou même plus près de nous à Jean-Michel Jarre. Beaux instants figés avant un retour aux percussions qui finiront dans un murmure de fu-
mée.
Toujours très statique mais assez démesuré pour envahir le subconscient. "Fool" ressemble presque comme deux gouttes d'eau à "Again" bien qu'il soit agréable de suivre sa route tracée le long d'un fil electro, puis le très beau
"Hate" qui débute dans le minimalisme pour terminer dans l'emphase. "Need" se contente d'une voix et d'une guitare pour terminer ce premier cd.
"Absurd" redémarre la machine Archive sur des grosses pulsations suivi de l'industriel "Junkie Shuffle" qui aurait franchement gagné à être raccourci. "Sham" se délecte d'un gimmick simple et "Men Like You" compile des élé-
ments industriels et progressifs. L'ensemble des quatorze titres exige une concentration un peu forcée car certains longs morceaux n'évitent pas l'ennui. Les sonorités choisies sont en revanche remarquables de par leurs dénuements
et leurs puretés, comme quoi, il ne suffit pas de mettre des tonnes de sons différents pour construire une pièce musicale.
A écouter pour se faire une idée et y discerner quelques influences majeures.
you all look the same to me archive
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