________________[We're Only In It For The Money]______________
Voici un authentique barge et aussi un vrai génie.
Frank Zappa fait partie de ces musiciens qu'on ne croise qu'une
fois par siècle. Le contact avec sa discographie est éprouvant: plus de soixante albums, des participations de partout
y compris dans la musique classique, une dizaine de disques posthumes, bref un supermarché de la musique, un joyeux foutoir que Frank Zappa a élaboré en 33 ans de carrière riche et conséquente. Difficile de taper dans un disque, dans quelque chose qui pourrait être le reflet du bonhomme car ils sont légions et possèdent la plupart du temps leur propre univers. Pour essayer de simplifier, disons que Frank Zappa a apporté une large contribution aux courants de musiques suivants: le Rock, le doo-wop, le jazz, le jazz fusion, le reggae, le ska, la musique électronique, la musique contemporaine, le blues, le funk, la musique concrète, le hard rock, le big band, le rock progressif, la
pop, le proto-rap et la world music. Ajoutons à çà l'avant-gardisme et la musique expérimentale et nous aurons presque fait le tour des multiples influences générées par cet énergumène. Le type était aussi connu pour son humour de potache scato ainsi que pour ses textes, bien souvent satiriques, fustigeant la bien-pensante Amérique. Il était
aussi un guitariste hors pair.
Frank Zappa est mort en décembre 1993.
Parodie de la culture flower power, "We're in it for the money", en 19 titres mélange allègrement la surf music des Beach Boys ou l'avant-garde, le rock ou le doo-wop des années 50 et voit le jour en 1968.
C'est le troisième album de Frank Zappa.
Il est accompagné dans cette démarche par son groupe, Mothers of invention.
1) Are You Hung Up? 1:25
2) Who Needs the Peace Corps? 2:34
3) Concentration Moon 2:22
4) Mom and Dad 2:16
5) Telephone Conversation 0:49
6) Bow Tie Daddy 0:33
7) Harry, You're a Beast 1:21
8) What's the Ugliest Part of Your Body? 1:03
9) Absolutely Free 3:24
10) Flower Punk 3:03
Musiciens:
Frank Zappa: Guitare, piano, clavier, chant, voix
Dick Barber: Chant
Jimmy Carl Black: Percussion, trompette, batterie, chant
Eric Clapton: Partie parlée
Roy Estrada: Basse, chant
Bunk Gardner: Chant, voix, vent-bois
Gary Kellgren: Chuchotement
Billy Mundi: Batterie, chant
Don Preston: Basse, clavier
Euclid James Sherwood: Saxophone baryton, saxophone soprano, voix
Suzy Creamcheese: Voix au télephone
Ian Underwood: Piano, clavier, voix, vent-bois
Pamela Zarubica: Chant
Mélange de bruitages, de grognements et de chuchotements sur "Are You Hung Up?" puis la petite histoire de
"Who Needs the Peace Corps?" sautillant sur un rythme latino/pop. "Concentration Moon" sur des humeurs cré-
tines folâtre à tout va. Toujours pop avec des éléments sonores pas toujours identifiables. Petite complainte médié-
vale "Mom and Dad" puis une conversation téléphonique sur "Telephone Conversation". "Bow Tie Daddy" propose 33 secondes d'une chanson à la mélodie enfantine. "Harry, You're a Beast" collage de bruitages divers, grogne-
ments de cochons, chanson passée à l'envers, rires inextinguibles. "What's the Ugliest Part of Your Body?" dont
nous retrouverons la seconde partie vers la fin du disque puis "Absolutely Free" qui démarre sur des arpèges de pia-
no plutôt encourageants, le reste est à l'identique, bordélique et difficilement cernable. "Flower Punk" plutôt électro d'ailleurs où Frank Zappa utilise le terme de punk presque 10 ans avant la vague et "Hot Poop" chuchotements sous réverbération.
A mi-parcours du disque il faut bien dire qu'on ne retient pas grand-chose d'un tel fouillis. Certains titres démarrent
à peu près normalement pour partir en vrille l'instant d'après. Bruitages et pets de mouches en tous genres sur "Na-
sal Retentive Calliope Music" et "Let's Make the Water Turn Black" tout en candeur et naïveté. Les chansons qui suivent sont un peu moins barrées et permettent d'apprécier un peu le talent de mélodiste du compositeur. "The
Idiot Bastard Son", "Lonely Little Girl", "Take Your Clothes Off When You Dance" et "What's the Ugliest Part of Your Body? (Reprise)" reprennent les constantes de ce qui précéde en y rajoutant tout de même un ou deux grognements ou quelques bruits de fermeture Eclair. "Mother People" se trouve enrichi d'un passage complètement hollywoodien, avec grand orchestre, du style à voir le soleil se coucher derrière les montagnes.
"The Chrome Plated Megaphone of Destiny", musique contemporaine remplie de "blitz", de "tut" et de "zblong", emmené par un piano désaccordé et des ricanements plutôt malsains referment ce livre d'images étranges.
Que penser d'un tel fouillis d'idées et de telles outrances musicales ?
"We're in it for the money" en plus du psychédélisme appartenant à son époque, dévie la plupart du temps dans
des expérimentations bizarres et loufoques, audibles certes, mais qui ne laisse rien d'imprimé dans la mémoire.
Un artiste néanmoins à découvrir, peut-être par l'intermédiaire d'un autre album, le choix ne manque pas.
En attendant, quitte à être ébouriffé, n'allez plus chez le coiffeur.
Ecoutez Frank Zappa.
fois par siècle. Le contact avec sa discographie est éprouvant: plus de soixante albums, des participations de partout
y compris dans la musique classique, une dizaine de disques posthumes, bref un supermarché de la musique, un joyeux foutoir que Frank Zappa a élaboré en 33 ans de carrière riche et conséquente. Difficile de taper dans un disque, dans quelque chose qui pourrait être le reflet du bonhomme car ils sont légions et possèdent la plupart du temps leur propre univers. Pour essayer de simplifier, disons que Frank Zappa a apporté une large contribution aux courants de musiques suivants: le Rock, le doo-wop, le jazz, le jazz fusion, le reggae, le ska, la musique électronique, la musique contemporaine, le blues, le funk, la musique concrète, le hard rock, le big band, le rock progressif, la
pop, le proto-rap et la world music. Ajoutons à çà l'avant-gardisme et la musique expérimentale et nous aurons presque fait le tour des multiples influences générées par cet énergumène. Le type était aussi connu pour son humour de potache scato ainsi que pour ses textes, bien souvent satiriques, fustigeant la bien-pensante Amérique. Il était
aussi un guitariste hors pair.
Frank Zappa est mort en décembre 1993.
Parodie de la culture flower power, "We're in it for the money", en 19 titres mélange allègrement la surf music des Beach Boys ou l'avant-garde, le rock ou le doo-wop des années 50 et voit le jour en 1968.
C'est le troisième album de Frank Zappa.
Il est accompagné dans cette démarche par son groupe, Mothers of invention.
1) Are You Hung Up? 1:25
2) Who Needs the Peace Corps? 2:34
3) Concentration Moon 2:22
4) Mom and Dad 2:16
5) Telephone Conversation 0:49
6) Bow Tie Daddy 0:33
7) Harry, You're a Beast 1:21
8) What's the Ugliest Part of Your Body? 1:03
9) Absolutely Free 3:24
10) Flower Punk 3:03
11) Hot Poop 0:26
12) Nasal Retentive Calliope Music 2:02
13) Let's Make the Water Turn Black 2:01
14) The Idiot Bastard Son 3:18
15) Lonely Little Girl 1:09
16) Take Your Clothes Off When You Dance 1:32
17) What's the Ugliest Part of Your Body? (Reprise)1:02
18) Mother People 2:26
19) The Chrome Plated Megaphone of Destiny 6:26
12) Nasal Retentive Calliope Music 2:02
13) Let's Make the Water Turn Black 2:01
14) The Idiot Bastard Son 3:18
15) Lonely Little Girl 1:09
16) Take Your Clothes Off When You Dance 1:32
17) What's the Ugliest Part of Your Body? (Reprise)1:02
18) Mother People 2:26
19) The Chrome Plated Megaphone of Destiny 6:26
Musiciens:
Frank Zappa: Guitare, piano, clavier, chant, voix
Dick Barber: Chant
Jimmy Carl Black: Percussion, trompette, batterie, chant
Eric Clapton: Partie parlée
Roy Estrada: Basse, chant
Bunk Gardner: Chant, voix, vent-bois
Gary Kellgren: Chuchotement
Billy Mundi: Batterie, chant
Don Preston: Basse, clavier
Euclid James Sherwood: Saxophone baryton, saxophone soprano, voix
Suzy Creamcheese: Voix au télephone
Ian Underwood: Piano, clavier, voix, vent-bois
Pamela Zarubica: Chant
Mélange de bruitages, de grognements et de chuchotements sur "Are You Hung Up?" puis la petite histoire de
"Who Needs the Peace Corps?" sautillant sur un rythme latino/pop. "Concentration Moon" sur des humeurs cré-
tines folâtre à tout va. Toujours pop avec des éléments sonores pas toujours identifiables. Petite complainte médié-
vale "Mom and Dad" puis une conversation téléphonique sur "Telephone Conversation". "Bow Tie Daddy" propose 33 secondes d'une chanson à la mélodie enfantine. "Harry, You're a Beast" collage de bruitages divers, grogne-
ments de cochons, chanson passée à l'envers, rires inextinguibles. "What's the Ugliest Part of Your Body?" dont
nous retrouverons la seconde partie vers la fin du disque puis "Absolutely Free" qui démarre sur des arpèges de pia-
no plutôt encourageants, le reste est à l'identique, bordélique et difficilement cernable. "Flower Punk" plutôt électro d'ailleurs où Frank Zappa utilise le terme de punk presque 10 ans avant la vague et "Hot Poop" chuchotements sous réverbération.
A mi-parcours du disque il faut bien dire qu'on ne retient pas grand-chose d'un tel fouillis. Certains titres démarrent
à peu près normalement pour partir en vrille l'instant d'après. Bruitages et pets de mouches en tous genres sur "Na-
sal Retentive Calliope Music" et "Let's Make the Water Turn Black" tout en candeur et naïveté. Les chansons qui suivent sont un peu moins barrées et permettent d'apprécier un peu le talent de mélodiste du compositeur. "The
Idiot Bastard Son", "Lonely Little Girl", "Take Your Clothes Off When You Dance" et "What's the Ugliest Part of Your Body? (Reprise)" reprennent les constantes de ce qui précéde en y rajoutant tout de même un ou deux grognements ou quelques bruits de fermeture Eclair. "Mother People" se trouve enrichi d'un passage complètement hollywoodien, avec grand orchestre, du style à voir le soleil se coucher derrière les montagnes.
"The Chrome Plated Megaphone of Destiny", musique contemporaine remplie de "blitz", de "tut" et de "zblong", emmené par un piano désaccordé et des ricanements plutôt malsains referment ce livre d'images étranges.
Que penser d'un tel fouillis d'idées et de telles outrances musicales ?
"We're in it for the money" en plus du psychédélisme appartenant à son époque, dévie la plupart du temps dans
des expérimentations bizarres et loufoques, audibles certes, mais qui ne laisse rien d'imprimé dans la mémoire.
Un artiste néanmoins à découvrir, peut-être par l'intermédiaire d'un autre album, le choix ne manque pas.
En attendant, quitte à être ébouriffé, n'allez plus chez le coiffeur.
Ecoutez Frank Zappa.





