________________________[Tubulars Bells]_____________________
"Tubulars Bells" part I et II sont les deux faces d'un titre de rock symphonique, s'il faut mettre une étiquette sur la musique d'Oldfield, de 48 minutes écrit en 1973. L'introduction de la première face, le premier thème servira à la bande-son de "L'exorciste" et permettra à l'œuvre et à Mike Oldfield de se faire connaître car c'est son premier disque et il n'a que vingt ans. Il y joue la plupart des instruments, du piano à la guitare sous toutes ses formes, de l'orgue ou des percussions (ce qui nécessitera quelques acrobaties techniques pour l'époque) et bien sur des fam-
euses « tubular bells «. Le joli thème du piano sera suivi de diverses envolées, où les instruments prennent tour à tour la parole. Aucune voix si ce n'est quelques chœurs.
L'ambiance passe du mystique à l'irlandais, du scepticisme au découpage de la partoche en rondelle. Chaque partie de cette plage I est courte et ne distille aucun ennui. Pas d'expérimentations tordues ou d'autres élucubrations, mais une musique structurée suivant une vraie logique notamment le thème au piano, repris très souvent comme point de repère.
Les alternances de douceur et de force montrent un vrai talent et un univers décrivant une belle personnalité. Certai-
nes sonorités pourront paraître un peu vieillottes, notamment dans le son des guitares. La pochette représente un tu-
be tordu flottant au-dessus d'un bord de mer. Le verso montre une plage où des petits feux d'ossements (??) brû-
lent sous l'action d'une brise marine.
En bas à gauche une petite note que je vous livre dans l'instant:
of such equipment please hand it into the nearest police station".
Au trois quart de la première face, la musique décline pour s'éteindre tout à fait. Elle redémarre sur un autre thème
sur lequel va se greffer chaque instrument, dont l'arrivée est annoncée par une voix douce et posée. L'autre moitié
du morceau (soit la face 2 du vinyle) commence légèrement sur des chœurs timides bientôt rejoint puis remplacés
par une guitare acoustique légère. Le thème s'affaiblit puis ralentit, en rajoutant dans le mélancolique. Une ballade
à la délicate ossature irlandaise évidente suivra.
La batterie rentre sur une mélopée à la voix de gorge bizarre et menaçante. La musique devient pop. Le piano va
s'en mêler en rythmique puis plusieurs guitares reprendront le thème irlandais et le plaqueront en le faisant tourner inlassablement en accords impeccables. Ce passage va s'imposer dans la durée.
Puis stop.
Un orgue doux, seul puis accompagné par des arpèges d'une guitare électro-acoustique, nous fait découvrir un
univers proche du Pink Floyd voire du premier Supertramp.
L'ambiance finira par s'échouer avant d'attaquer une petite ronde endiablée qui clôturera le disque avec bonne humeur. Disque recommandable par excellence, à savourer au casque ou tard le soir à la veillée.
Mike Oldfield n'est pas assez connu, alors répandez la nouvelle autour de vous.
Il existe.





