_______________________[Train Of Thought]___________________

Dream theater appartient à cette génération de groupe qui a déployé la musique dans ses derniers retranchements
en proposant une version d'un heavy-metal matiné de rock-progressif, donc plus ou moins de technique pour nous
servir une musique complexe et super aboutie qui pourrait faire passer Marillion pour une bande de gamins jouant dans un garage. Tout est soigné chez Dream theater, de la pochette noir et blanc glauque où un oeil monstrueux
nous contemple à la sortie d'un tunnel en forêt, le son, toujours tiré au cordeau, les compos, souvent très longues, quoique sur ce disque ils aient limités un peu la durée des titres (sur l'album précédent "Six Degrees Of Inner Turbulence", un double, un des morceaux dure 40 minutes...).


Voici la track-list du disque:

01 - As I Am 7'47
02 - This Dying Soul 11'28
03 - Endless Sacrifice 11'23
04 - Honor Thy Father 10'14
05 - Vacant 2'58
06 - Stream Of Consciousness 11'16
07 - In The Name Of God 14'16


Combo new-yorkais, il compte dans ses rangs le dessus du panier des musiciens heavy actuels:

James Labrie: Chant
John Myung: Basse
John Petrucci: Guitares
Jordan Rudess: Claviers
Mike Portnoy: Batterie

Pas de restrictions ni de rémissions pour le côté lourd de la chose, la puissance est au rendez-vous avec une
mention spéciale pour la guitare aux effets hallucinants, qui renvoit, malheureusement, les claviers et même la basse dans leur coin avec un son moins présent. Toutefois, ils arriveront à tirer leur épingle du jeu par de fines touches savamment étudiées pour le clavier et par une présence invisible mais néanmoins indispensable pour la basse.
Le premier titre "As i am" est hargneux, lourd, et d'une brutalité souveraine. La technique est là, impressionnante et exceptionnelle. Que ceux qui n'ont jamais entendu Dream theater se précipitent sur quelques éléments essentiels de leur discographie dont ce disque fait partie.
Plus qu'une démonstration hâtive et pesante, le titre caracole en diverses cascades incroyables de précisions. C'est puissant comme du Metallica et virtuose comme du Marillion pour qui veut une alchimie constructive. A l'identique d'une tête chercheuse vivante, Dream theater cherche à une vitesse incroyable les ouvertures possibles, les
descentes de notes percutantes, des rythmes heurtés et syncopés, des courses poursuites de thèmes développés
à la guitare, poursuivis par une batterie montées sur des échasses. "This dying soul" démultiplie cette machinerie
dans ses derniers retranchements sur plus de onze minutes de tuerie en règle. Composer des morceaux de cette
teneur tient de l'exploit. Les breaks se multiplient aux accents d'une batterie en plein délirium tremens. Les démonstrations de techniques ne sont jamais pénibles et servent la musique de brillante façon.
Les chorus de guitare de Petrucci avec deux milliards de notes à la minute, sont d'une maitrise parfaite et renvoient
des guitaristes comme Eddie Van Halen ou Steve Vai jouer au sable. "Endless sacrifice" persévère dans la même veine puis "Honor thy father" avec son intro rythmique où la batterie ne frappe plus les temps forts, laissant la
musique au bord du vide, prête à basculer, cette chanson tenant autant du talent que de la magie. La voix fait immédiatement penser à James Hetfield où bien même à Metal Church.
Un bref repos sur "Vacant" pour un peu moins de trois minutes d'une chanson déclinée à la voix, piano brouillard
et ensemble de cordes nébuleux sur une superbe mélodie aux arrangements classiques racés, pendant que John Petrucci fait tremper ses doigts dans de l'eau fraiche avant de ré-attaquer sur "Stream of consciousness"
instrumental venteux et toujours inspiré. Les onze minutes de ce titre sont accrocheurs et jamais ennuyeux.
Le dernier titre "In the name of god" s'étale sur plus de quatorze minutes, riche, puissant avec un petit côté latin
qui perpétue l'exploration musicale du groupe. "Train of thoughts" ne décevera ni les fans de musiques rapides et virtuoses, ni les défenseurs de rythmes lourds et de dynamitages pyrotechniques.
Dream theater explose de talent sur ce disque majeur, à mon avis un des meilleurs de la discographie du groupe.
A écouter presque en boucle ou à découvrir le plus fébrilement possible.
Autres chroniques:

Awake (1994)
A change of seasons (1995)
Octavarium (2005)
Score (2006)
train of thought dream theater
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