________________________[Tokyo Tapes]_______________________

Autres chroniques:

Lonesome Crow (1972)
Virgin Killer (1976)
Lovedrive (1979)
Love At First Sting (1984)
Scorpions, le groupe de mes seize ans. A l'époque en 1982, je "découvrais" ce groupe qui allait changer ma perception musicale de l'instant...et d'après. Adorateur de la musique sage et planante (Pink Floyd, Supertramp
pour les deux principaux), je ne connaissais du rock que ce qu'on avait pû m'en dire, autant dire pas grand-chose.
La révélation vint avec la fréquentation assidue de quelques rebelles de section BEP électronique qui m'initièrent à la musique des enfers. Les premiers groupes à tourner sur la platine (Pour les plus jeunes lecteurs: oui à l'époque les disques étaient noirs, en vinyl, on les voyait tourner, et, le fin du fin, il fallait se lever pour changer de face...) furent
les teutons de Scorpions, puis les speed-freaks de Motorhead, Black Sabbath, etc...
Suivirent l'arrière garde avec Deep purple, Led Zeppelin et autres Rainbow, devenus maintenant, pour les
survivants et la plupart du temps, une pâle copie de leurs gloires passées.

Klaus Meine: Chant
Rudolf Schenker: Guitare rythmique
Uli Jon Roth: Guitare lead
Francis Buchholz: Basse
Herman Rarebell: Batterie

Mais pour revenir à nos teutons, voici l'un des plus fabuleux live de hard-rock de tous les temps avec ce "Tokyo Tapes" sorti en 1978. Capté lors de séances live du 24 au 27 avril 1978 au Sun Plaza Hall de Tokyo, Scorpions
attira au cours de ces quelques jours plus de 120 000 hystériques. L'aspect "psyché/seventies" n'a pas encore quitté
le hard d'alors et c'est aussi un plaisir de retrouver Uli Jon Roth dans une de ses dernières prestations avec le groupe qu'il quittera un peu plus tard, pour former le combo Electric Sun.

Disque 1

1] All night long 3'12
2] Pictured life 3'48
3] Backstage queen 3'40
4] Polar nights 6'56
5] In trance 5'32
6] We'll burn the sky 8'12
7] Suspender love 3'40
8] In search of the piece of mind 3'03
9] Fly to the rainbow 9'49


Disque 2

1] He's a woman, she's a man 5'29
2] Speedy's coming 3'37
3] Top of the bill 6'45
4] Hound dog 1'23
5] Long tall Sally 2'34
6] Steamrock fever 3'44
7] Dark lady 4'06
8] Kojo No tsuki 3'56
9] Robot man 5'50
L'ouverture se fait dans une débauche de cris du public avec l'inédit du concert "All night long" qui ne figure donc
sur aucun opus. Titre assez rapide qui permet de mettre l'ambiance et qui se jouera quasi intégralement sous les ovations du public. Le son est puissant et chaque instrument magnifiquement restitués. Klaus Meine vocalise déjà d'une voix nasillarde et chaude qui présage du bon pour après. "Pictured life" !! s'exclame Klaus et la musique démarre, plus posée que sur le titre précédent. Un titre qui groove et qui pulse extrait de "Virgin Killer" (1976), le 4ème album à la pochette censurée, suivi dans le même esprit par "Backstage queen" issu du même opus.
"Polar nights" gras du bide et claudiquant sur un rythme lourd et souffreteux, puis "In Trance" issu de l'album du
même nom sorti en 1975. La salle est maintenant chaude et le groupe aussi qui le prouve en attaquant un de leurs
plus somptueux titre "We'll burn the sky" augmenté de presque deux minutes en regard de sa version studio sur "Taken by force" en 1977. Chanson gardant encore bien les tics psyché et chantée par un Uli à la voix bien faible comparé à celle de Klaus Meine. Après un passage hard-rock somme toute assez convenu, la musique arrive sur
les hauteurs et chevauche des arc-en-ciel électriques. Sublime et troublant.
De retour sur terre Scorpions revient à quelque chose de moins intersidéral avec "Suspender love" puis s'offre une douce parenthèse avec "In search of the piece of mind" sorti de "Lonesome crow" leur premier effort de 1972. Le titre sur scène n'a plus grand-chose à voir avec l'original, et se profile déjà en 1978, les futures ballades dont Scorpions remplira ses albums jusqu'à la lie. "Fly to the rainbow" extrait du second LP de Scorpions du même nom
en 1974 et seconde plage très influencée des couleurs dont se sont parues les années 1970.
Le solo final, interminable, dans la démesure est un moment d'anthologie où l'on sent poindre tous les regrets d'Uli
Jon Roth de n'être pas Jimi Hendrix.
C'est dans cette touffeur et cette guitare expirante que se termine ce premier volet de musique vivante au pays du soleil levant. Ouverture monstreusement puissante avec le rapide "He's a woman, she's a man" jouée au taquet, sorti de "Taken by force", un brulôt hard-rock comme on n'en fait plus puis la guitare se transforme en mitrailleuse pour l'intro de "Speedy's coming", déflagration sonique qui resserre les liens entre musiciens, et qui est aussi le titre d'ouverture du disque "Fly to the rainbow" en 1974. Quoiqu'on puisse en dire, il n'y a pas de faute de goût dans cet album en concert même si le choix des morceaux est toujours discutable.
Le son, pour une galette datant de 1978 est absolument irréprochable.
Plus calme et assorti de l'inévitable solo de batterie "Top of the bill" plombe un peu l'ambiance qui heureusement reprend des couleurs avec deux reprises sixties passées à la moulinette hard-rock "Hound dog" et "Long tall Sally", cette dernière permettant d'apprécier Rudolf Schenker en guitariste lead sur le second solo.
"Steamrock fever" dont l'entrée au marteau-piqueur m'étonnera toujours, sulfureux titre qui ouvre "Taken by force"
en 1977 puis "Dark lady" à la fureur rentrée mais salace. En hommage au pays où ils se trouvent, avec un public de petits japonais qui va bien sûr reprendre cette chanson en choeur "Kojo No tsuki" chanson traditionnelle japonaise
à la sauce Scorpions, rien de tel pour fédérer un public de toutes façons déjà conquis.
Un dernier sursaut électrique avec "Robot man" dont la durée est doublée par rapport à la version studio de "In trance" et où, pour la dernière fois, les guitares vont croiser le fer en faisant jaillir des étincelles électriques jaune
et or.
La chanson prend des dimensions cataclysmiques en live et c'est dans cette apothéose que se termine ce concert rugissant.
Repère incontournable dans la longue histoire des disques en concert "Tokyo tapes" reste une référence et pour le hard-rock et pour la musique en général.
tokyo tapes scorpions
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