__________________________[The Idiot]________________________

Autres chroniques:

Zombie birdhouse (1982)
American caesar (1993)
Premier album d'Iggy Pop sans les Stooges, "The Idiot" sort en 1977. L'Iguane vient juste de signer chez RCA pour trois disques dont voici le premier né. Alors sur la brêche, Iggy est tiré pour la première fois des eaux par David Bowie qui prendra l'habitude de "sauver" son ami à chaque fois que la barque de celui-ci sombrera. Toutes les chansons sont donc co-écrites par Bowie.
Iggy découvrira aussi avec David un professionalisme qu'il ne soupçonnait pas, ainsi qu'un musicien qui jouera d'ailleurs la quasi-totalité des instruments sur cet album, excepté la basse et la batterie. La qualité des compositions
et la production tirée à quatre épingles sera une première dans la carrière d'Iggy Pop qui n'avait jamais connu
autant de luxe.


Track-List:

1. Sister Midnight 4:23
2. Nightclubbing 4:18
3. Funtime 2:53
4. Baby 3:20
5. China Girl 5:21
6. Dum Dum Boys 7:12
7. Tiny Girls 2:59
8. Mass Production 8:24


Line-Up

Iggy Pop: chant
David Bowie: synthétiseur, piano, guitare, saxophone, xylophone, chœurs
Carlos Alomar, Phil Palmer: guitare
Dennis Davis, Michel Santageli: batterie
George Murray, Laurent Thibault: basse

Entrée servie avec "Sister Midnight" au riff obsédant voire d'une monotonie maladive. Iggy Pop va chercher dans
les obscurités de sa voix pour livrer un chant grave et granitique. "Nightclubbing" sera dans cette même veine
sombre, en mid-tempo où tout se passe en arrière-plan, piano et guitare chuchotant derrière le rideau. "Funtime"
pop mais décadent, aussi lourd que le château d'Hérouville où l'album a été enregistré.

"Baby" s'en ressent du coup beaucoup plus clair même si les arrangements gérés par Tonton Bowie sont, comme
sur ses propres albums assez souvent bordéliques. "China Girl" commence directement et mollement pour finir
avec l'emphase de l'urgence, une chanson reprise par Bowie sur son album "Let's dance" en 1983 dans une
version plus glamour. Blues pour "Dum Dum Boys" un peu long certes, on aura largement le temps de décrocher
et de revenir pour l'agréable jazz décadent de "Tiny Girls" où l'Iguane joue les crooners. Beau saxo, nappes de claviers et un instant de lumière crue au milieu de la brûme alcoolisée.

"Mass Production" n'est pas le chef-d'oeuvre attendu, même du haut de ses plus de huit minutes.
Il se dégage pourtant de ce rock lent et enfiévré de claviers presque nauséeux un charme indéniable qui montre
le côté novateur de Bowie qui employait déjà des synthés dans une formule aboutie.

"The idiot" est un des témoignages que Pop laissera au rock déglingué mais certainement pas le plus marquant.
the idiot iggy pop
the idiot iggy pop
the idiot iggy pop