______________________[The Holy Bible]______________________

Autres chroniques:

Everything must go (1996)
This is my truth tell me yours (1998)
Lifeblood (2004)
"The Holy bible" sorti en 1994, est l'album le plus noir du combo gallois. Toujours emmené par le leader Richey James, garçon très perturbé qui d'ailleurs disparaitra à l'âge de 27 ans, en 1995, sans laisser aucune trace, Manic street preachers sortait là son troisième disque de loin le plus déprimé et déprimant de tous. Les frasques du début sont toujours là et le groupe est autant connu pour sa musique iconoclaste, du punk-rock, que pour ses apparitions publiques,arborant des t-shirts où l'on peut voir écrit : "Tuez-vous", ou alors "Spectateurs du suicide" ou bien même "Détruisez le travail". Manic street preachers n'a rien à perdre ou à gagner et le fait largement savoir.

Track-list:

1. Yes
2. Ifwhiteamericatoldthetruthforonedayitsworldwouldfallapart
3. Of walking abortion
4. She is suffering
5. Archives of pain
6. Revol
7. 4st 7lb
8. Mausoleum
9. Faster
10. This is yesterday
11. Die in the summertime
12. Intense humming of evil
13. PCP


En 1994 le groupe est au fond du gouffre moralement parlant. Leur agent Phil Hall décède d'un cancer, puis un ami
de Richey James se pend. Richey James d'ailleurs commence à donner des signes de fatigue mentale assez alar-
mants:
Il est anorexique, pratique très souvent l'auto-mutilation et doit être hospitalisé en urgence au cours de l'année 1994 dans un département psychiatrique. Sa dépendance à l'alcool n'arrange rien. "The Holy bible" montre la première facette de ce que fût Manic street preachers avant de devenir un groupe pop plus à la portée du plus grand nombre. "Yes" moment pop démarre assez fort avec des guitares ciselées pour la circonstance puis "Ifwhiteamericatoldthetruthforonedayitsworldwouldfallapart" au découpage aussi étrange que le nom, tend de ve-
lours noir une partition où cette fois-ci les guitares hésitent entre déprime et joie féroce. L'ensemble est d'une nervo-
sité et d'une angoisse presque contagieuse.

"Of walking abortion" au rythme chaotique et à contre-temps puis "She is suffering" aux relents froids d'encens de vieilles églises continuent d'instaurer un climat gris et torturé. "Archives of pain" à la basse tellurique puis "Revol",
plus aérien et clair. Presque de la pop légère.
Suivent deux titres d'une noiceur incomparable: "4st 7lb" et "Mausoleum". Dans le premier "4st 7lb" Richey james nous dit "Je veux être maigre au point de pourrir à vue d'oeil / Je veux marcher dans la neige et ne pas laisser d'empreintes / [...] Je choisis, c'est mon choix, je meurs de faim jusqu'à la frénésie / [...] Je ne ressens plus l'horreur qui m'entoure / Ma propre valeur s'évapore, mon amour-propre me fatigue". "Faster" comme son nom l'indique pulvérise le mur du son puis "This is yesterday" plus glauque. La chanson démarre dans une ambiance que ne renie-
rait pas Marilyn manson à ses débuts pour finalement adopter un rythme syncopé plus léger. "Die in the summer-
time" et "Intense humming of evil", titre qui revient sur l'holocauste puis enfin le ciel semble s'éclairer d'un jour nou-
veau avec la très belle dernière plage "PCP", pop et nerveux mais plus serein que tout ce qui prècède.
Un disque plutôt difficile donc mais dans lequel, pour détendre l'atmosphère, le groupe a eu la bonne idée de placer deux ou trois bombes à retardements sous la forme de chansons plus abordables et directes.
Noir et peu ordinaire.
the holy bible manic street preachers
the holy bible manic street preachers
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