_____________________[Stranger In Us All]_____________________

Autres chroniques:

Rising (1976)
On Stage (1977)
Long Live Rock'n Roll (1978)
Difficult To Cure (1981)
Straight Between The Eyes (1982)
Bent Out Of Shape (1983)
Ritchie Blackmore est encore une fois sur la brêche. L'ombrageux guitariste au caractère de bouledogue est à nouveau sans job. Après avoir sévi dans Deep purple jusqu'en 1975, il formera Rainbow la même année et fera perdurer l'aventure presque dix ans, laissant à notre disposition une poignée d'albums. En 1984, sous la pression de qui, on se le demande encore, le Pourpre Profond se reforme dans l'allégresse et pond à nouveau quelques albums. Mais ce n'est pas en dix ans que Blackmore s'est assagi et bientôt les anciennes querelles et dissenssions réapparaissent. Il s'en va pour la seconde fois donc en 1993 et reforme Rainbow avec des musiciens totalement inconnus.
En 1995 sortira donc le neuvième et dernier(?) Rainbow , "Stranger in us All" puisque le groupe se séparera encore en 1997. Blackmore semble maintenant rangé des voitures, et il s'adonne depuis au folk médiéval, accompagné de son épouse avec laquelle il formera "Blackmore's Night."

Ritchie Blackmore: Guitare
Doogie White: Chant
Greg Smith: Basse
John O. Reilly: Batterie
Paul Morris: Claviers

Dix titres proposés sur ce disque dont le dernier "Still I'm Sad" est une reprise de Rainbow reprenant les Yardbirds. Rainbow est peut-être le seul groupe au monde qui fait des reprises de ses reprises.

1) Wolf to the Moon 4'16
2) Cold Hearted Woman 4'31
3) Hunting Humans (Insatiable) 5'45
4) Stand and Fight 5'22
5) Ariel 5'39
6) Too Late for Tears 4'50
7) Black Masquerade 5'35
8) Silence 4'04
9) Hall of the Mountain King 5'34
10) Still I'm Sad 5'22


Près de dix ans après la dernière mouture de Rainbow, rien n'a changé au pays de Ritchie Blackmore.
"Wolf to the Moon" est jouée comme il y a dix ans et on a du mal à croire que rien n'ait évolué depuis.
Cela sonne toujours et la vélocité est au rendez-vous sur ce titre rapide, le son est irréprochable, la tech-
nique de jeu des musiciens n'est pas à remettre en cause, sauf que ce disque sorti en 1995 n'est pas dans son époque. "Cold Hearted Woman" et "Hunting Humans (Insatiable)" sonnent plutôt ringard.
Ritchie ne s'est pas foulé semble-t-il et recycle les vieilles formules usagées. Ainsi "Too Late for Tears" reprend carrément le riff de "Can't happen here" sur l'album "Difficult To Cure, "Silence" qui augurait du meilleur pourtant avec des belles parties puissantes de cuivres, pompe allègrement les choeurs de "You fool no one" sur le disque de Deep purple Burn (1974). Une réadaptation d'une pièce classique "Peer Gynt" de Grieg rebaptisé "Hall of the Mountain King" comme Rainbow l'avait fait avec la neuvième de Beethoven sur "Difficult to cure" (1981).
Ajoutons à cela quelques mornes titres comme "Ariel" aux influences orientales tentant maladroitement de
ressembler au superbe "Light of the black" présent sur Rising (1976) et préfigurant les futurs morceaux avec
Candice Night, sa compagne d'ailleurs créditée sur les paroles et présente derrière le micro dans des choeurs
lyriques, le passéiste "Stand and Fight" et l'insipide "Black Masquerade".
Au bout du neuvième titre, Blackmore n'a plus d'idées.
Reprenons alors une reprise d'un titre qui fit les beaux jours de Rainbow en live "Still I'm Sad" et refermons ce disque sur cette bonne impression.
Blackmore n'est pas qu'un guitariste ombrageux et narcissique.
C'est aussi une grosse feignasse qui prend ses fidèles pour des cons en rééquipant ses vieilles gaules pour
aller à la pêche au dollar.
Depuis, le type s'habille en ménestrel ridicule avec haut de forme déjà arboré sur la pochette de "Stranger in us all" et retrouve une seconde jeunesse avec Candice. Grand bien lui fasse.
Le guitariste inspiré de Deep purple et le fondateur d'un Rainbow qui accoucha de quelques merveilles est
décidément bien loin....
stranger in us all rainbow
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