____________________________[Score]_________________________

Voici un bel ouvrage décliné en trois cd, un concert de Dream theater qui n'a pas terminé de faire dans la démesure. 14 titres dont un de plus de quarante minutes, chef-d'oeuvre quasiment absolu du métal progressif dont le quintette
est sûrement le plus beau représentant. Ce triptyque commercialisé en 2006 offre en plus de découvrir le groupe en abordant ses meilleurs morceaux dans l'ordre chronologique, l'idéal pour se faire une idée de la progression. Pour faire encore plus grandiose et renvoyer leurs collègues à leurs chères études, Dream theater convoque
un orchestre de 20 musiciens pour l'accompagner.

James Labrie: Chant
Mike Portnoy: Batterie, percussions et chant
John Petrucci: Guitare et chant
John Myung: Basse
Jordan Rudess: Piano électrique, claviers
Jamshied Sharifi & Octavarium Orchestra (20 musiciens)

1. The Root Of All Evil 8'22
2. I Walk Beside You 4'10
3. Another Won 5'22
4. Afterlife 5'56
5. Under A Glass Moon 7'28
6. Innocence Faded 5'36
7. Raise The Knife 11'43
8. The Spirit Carries On 9'46
9. Six Degrees Of Inner Turbulence 41'33
10. Vacant 3'01
11. The Answer Lies Within 5'35
12. Sacrificed Sons 10'38
13. Octavarium 27'16
14. Metropolis 10'39


Synthés tonitruants et bruits de machine-outil sur "The root of all evil", morceau classique/heavy/épique, puis arrive
le solo, comme toujours chez Petrucci, dément de technique. Dans la même veine avec une touche pop supplémentaire le très bon "I walk beside you". Plus nerveux, plus rapide "Another won" avec encore des breaks
de folie, qui classent une nouvelle fois Dream theater comme digne représentant du genre métal/progressif.
"Afterlife" déboule avec toutes ces parures suivi du très bon "Under A Glass Moon".
Plus de calme et de sérénité sur "Innocence Faded" morceau frais.
Comment décrire cette musique complexe faite à la fois de puissance et de style, de mélodie et de breaks/arrêts/retour à l'envers.
Les partitions de Dream theater sont complètement ahurissantes telle celle de "Raise The Knife" qui déroule
un tapis rouge sur près de douze minutes de folie furieuse, chacun rivalisant avec l'autre pour arriver premier.
Citons le son aussi: extraordinaire, où aucun instrument n'est mis de côté lors du mixage.
Intro façon Pink Floyd époque The division bell pour "The Spirit Carries On" ballade métallique en deux temps, inspiration fluide et expiration brûlante.
Un premier CD qui décrit bien l'univers de ce groupe classé hors norme de part son immense technique de jeu qui jamais ne passe devant le plaisir de l'auditeur.

Pièce maitresse de ce triptyque, "Six Degrees Of Inner Turbulence " où Dream theater s'offre un terrain de jeu à sa mesure avec plus de quarante minutes de musique en continu, débute avec un long passage symphonique décliné
par l'orchestre où, cordes, cuivres et bois s'épousent dans une étreinte classique. Rejoint par le groupe qui entamera
la seconde partie en mettant en place le chant ainsi que divers mouvements vibratoires aux résonances heavy prononcées puis la troisième partie, purement métal qui termine dans une apothéose de breaks hallucinants.
Cut.
Le silence se fait et le public surpris met du temps à se remettre de ses émotions après ces vingt premières minutes
de magie et en oublie d'applaudir. Reprise du thème de départ avec une combinaison orchestre/voix puis une partie plus joyeuse, presque word music par moments, puis le final qui résume lentement les éléments contenus dans ce gigantesque titre. "Vacant" se fera tout petit même si mélodiquement fort, touchant au classique le plus pur avec la
voix de James Labrie accompagné par l'orchestre.
Jolie ballade "The Answer Lies Within" qui ralentit le tempo pour plus de contemplation. Dernier titre avant de
passer à l'ultime rondelle du tryptique, "Sacrificed Sons" scindé en deux parties, l'une posée et sage, et la seconde
qui permettra aux musiciens de partir à l'aventure en parcourant leurs partitions de haut en bas.
Belle fin explosive.

Longue introduction planante à la Floyd, où la guitare survole des nappes de claviers en rase-mottes ou sur des hauteurs insoupçonnées. Moins de passages heavy dans ce beau titre Octavarium où l'orchestre va prendre plus d'importance, mais un rock progressif décliné à la Marillion. La partie instrumentale sera bien sûr ébouriffante
comme à l'accoutumée avant d'opérer un final divin. James Labrie remercie le public puis l'intro de "Metropolis" commence, mystérieuse et obscure.
Voilà un titre hyper nerveux avec une partie instrumentale rapide qui fera baver d'envie la plupart des musiciens
de par cette technique qui fait l'apanage du groupe depuis 20 ans.
Trois disques très complémentaires.
Il est certain qu'une fois écouté, on ne peut rien retenir de la musique de Dream theater.
Personne ne pourra siffler "Six Degrees Of Inner Turbulence" ou Octavarium sous la douche.
L'oeuvre s'apprécie sur l'instant et s'enfuit, redevenue à peine silencieuse.
C'est sans doute ce côté insaisissable qui plait aussi chez ce groupe hors norme.
Autres chroniques:

Awake (1994)
A change of seasons (1995)
Train of thought (2003)
Octavarium (2005)
dream theater score
dream theater score
dream theater score
dream theater score