_____________________[Rock'N Roll Part 9]___________________

Les Wampas je ne connaissais que de nom. Jusqu'à "Christine", écoutée sur une compil "Rockn' folk" à la sortie de
ce disque "Rock'n'roll part 9" en mars 2006. Je fus d'emblée séduit par la simplicité et l'efficacité du truc. Depuis 1983 année de sa formation, les Wampas n'ont rien perdu de leur énergie à la croisée de leur morceau punk/rock mettant en musique des textes humoristicos-trash et faussement naifs. Même si le niveau musical n'est pas délirant
(on n'est pas chez Dream theater...) le tout est puissant et super en place, emporté par la voix très souvent fausse
mais incroyablement agréable de Didier Wampas. Groupe indépendant jusqu'en 2003 où ils signent chez Universal
ou du moins une filiale.

Ils sortent cette année là "Manu Chao" et accèdent à une notoriété dont ils se foutaient éperdument. Didier
Wampas n'a pas lâché son poste à la RATP (même s'il avoue ne pas travailler à la régie plus de 3 ou 4 mois dans l'année) et tout le monde a gardé son humour bon enfant, à l'image du nom du groupe qui trouve sa signification
dans une BD qui a bercé notre frêle jeunesse: Rahan. Les Wampas y sont décrites comme des chauves-souris préhistoriques.

L'album, dont la pochette nous montre un Didier Wampas de dos enroulé dans un drapeau américain, démarre sur
un titre jubilatoire que j'ai cité plus haut, "Christine". Le texte est minimaliste, la rythmique est carrée et puissante et
la voix de Didier qui dérape sur les aigus est un vrai bonheur. "Christine" à lui tout seul vous file une pêche d'enfer
et vous êtes prêts pour "Chirac en prison", titre interdit sur la plupart des radios (sauf oui FM et Le Mouv' qui la
passe de temps à autre), "Chirac en prison" est une chanson test pour vérifier dixit les Wampas "la capacité des médias à s'auto censurer".

"Danser sur U2" est moins pêchu, plus calme sur la voix et dégage nettement moins d'étincelles que les deux précédents titres. J'ai eu l'occasion de voir les Wampas sur scène. Juste après avoir vu Dionysos. Je n'étais pas
dans la fosse, où cela pogotait furieusement, nous nous sommes fait un concert de vieux comme dit ma femme,
dans les gradins. Le son était à la limite du supportable (volume impressionnant!).

Tous les titres étaient enchainés les uns aux autres sans pause ni temps mort. Pendant qu'une des guitares finissait un morceau, l'autre démarrait le suivant !!. Dix minutes après son entrée en scène, Didier Wampas avait déjà bousillé
un pied de micro, ensuite il est parti backstage chercher un élément de rangement du matos, l'a ramené sur scène,
s'est juché dessus, le tout sans interrompre son chant. Il ira, plus tard, au milieu du concert, chercher une des
plantes d'ornement se trouvant probablement à coté des loges et s'acharnera à plumer cet arbuste de toutes ces feuilles qu'il balancera dans le public, aux anges.

Le message est clair: On est là pour déconner, se faire plaisir et surtout ne pas se prendre au sérieux. "Quand j'étais psycho" et "St Remi" sont deux brûlots punks avec l'indispensable batterie qui fait poum-tchac , poum-tchac. Des textes rigolos ou incompréhensibles, au choix.

"Rimini" est une parodie des slows des années 60 charmant, tout en finesse avec toujours cette voix curieuse et se laisse écouter avec plaisir. "Helicoptère" débute sur une guitare sèche avant que la voix de Didier ne vienne se
poser dessus accompagnée par quelques notes de guitares électrique. Comme quoi les Wampas savent faire autre chose que des titres bourrins expédiés en 2 minutes 30. "Patrick" est une petite perle d'humour sur une musique qui
a du poil aux pattes, les trois morceaux suivants "Tokyo yaki", "Seul en Gaspésie" et "Boogaloo" sont peut-être les moins intéressants du disque, même si on a l'impression qu'un effort a été fait tant au niveau des textes que de la musique. Heureusement "Johnny" arrive et les Wampas nous expliquent qu'ils n'ont jamais pû écrire un morceau
pour Johnny.

C'est sympa, çà rentre dedans, c'est festif, que du bon quoi. "Edimbourg" termine l'album sur une note plus grave
avec un morceau très travaillé où Didier se répand en nostalgie.
Bilan, un bon album qui se laisse écouter et qui se laissera ré-écouter avec plaisir, même si quelques titres sont un
peu redondants en servant la même cuisine punk/rock, les Wampas reste un des derniers groupes de la scène alternative rock française et il gagne à être connu.

1. Christine (3:35)
2. Chirac en prison (2:55)
3. Danser sur U2 (2:58)
4. Quand j'étais psycho (1:23)
5. St RéMI (2:53)
6. Rimini (2:43)
7. Hélicoptère (3:17)
8. Patrick (2:47)
9. Tokyo Yaki (2:51)
10. Seul en Gaspésie (3:16)
11. Boogaloo (3:11)
12. Johnny (2:52)
13. Édimbourg (4:02)
rock n roll part 9 wampas
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