____________________________[Rising]________________________

Autres chroniques:

On Stage (1977)
Long Live Rock'n Roll (1978)
Difficult To Cure (1981)
Straight Between The Eyes (1982)
Bent Out Of Shape (1983)
Stranger In Us All (1995)
En 1976, un an après la formation de Rainbow, sortait le second opus du groupe, certainement le plus audacieux et
le plus fabuleux dans sa forme, "Rising". Six titres dont deux de plus de huit minutes habitent ce disque génial et grandiose, d'un groupe inspiré.


Line-up Rainbow 1976:

Ritchie Blackmore: Guitare
Ronnie James Dio: Chant
Tony Carey: Claviers
Jimmy Bain: Basse
Cozy Powell: Batterie

1] Tarot woman 6'11
2] Run with the wolf 3'48
3] Starstuck 4'06
4] Do you close your eyes 2'58
5] Stargazer 8'28
6] Light in the black 8'12


Six titres donc, et déjà deux classiques.
Le très efficace "Starstruck" et l'immense, grandiose, génialissime et dément "Stargazer". Chef-d'œuvre du groupe toute catégorie confondue. Rock baroque mélangeant autant les arpèges de claviers précieux que les riffs de
guitares nerveux. Rainbow a tout compris au film et le prouve en cachant le merveilleux sous cette superbe pochette où une main surgit de nulle part pour saisir un arc-en-ciel de cartoon. Longue intro aux claviers sinueux puis la machine se met en marche avec un Cozy Powell cognant comme un ouvrier qui enfoncerait des rivets sur une
plaque de tôle.
"Tarot woman" est une brillante entrée en matière. La guitare fait corps avec le clavier, mêlant ainsi ses vibrations
aux percussions de la batterie très en avant. Seule la basse parait un peu en retrait de cette grande fête sonore. La voix de Dio est déjà empreinte de cette rage animale et gutturale et de hauteurs insoupçonnées. Plus appuyé et
terreux "Run with the wolf" suit des chemins empierrés pavés d'une guitare métallique grillagée. Heavy rock tendu "Starstuck" fera les beaux jours des concerts de l'Arc-en-ciel, dont un certain "On Stage" dont nous reparlerons un jour prochain.
Le chorus de guitare est chirurgicalement précis et la batterie break à tout va en maintenant la machinerie soufflante
en bon état. Simple et directe, "Do you close your eyes" impose le même rythme incisif en mettant la guitare en
forme de scie circulaire sur un titre très rock'n roll. Le monument "Stargazer" démarre alors dans des énervements
de percussions qui pulsent sur l'approche du très beau texte de Dio.
L'univers fantastique heroic-fantasy du chanteur que l'on retrouvera plus abouti dans sa carrière solo est déjà
présent. Presque d'entrée la majesté des claviers grandissent la magie de ce titre tentaculaire qui n'aura de cesse de faire progresser le thème de départ dans des évolutions toujours plus fabuleusement riches. Le long chorus de
guitare est un vrai travail d'orfèvre et on imagine aisément la partoche épaisse comme l'annuaire du département 75. La fin du morceau est boisé à loisirs par des cordes baroques magnifiques et font souffler un vent de conquête dans les voiles de cette chanson décidément intemporelle.
Rapide et enlevé, "Light in the black" plonge tête baissée dans une atmosphère souffrée où la voix de Dio, incandescente, oblige au respect. L'impression est unique, celle de foncer tête la première dans un univers rouge et surchauffé.
Chorus de clavier monumental avec un Tony Carey en magicien sonique, puis la guitare prend la parole, nerveuse et colérique. Sublime.
"Rising" est LE disque à posséder.
Rainbow a commencé sa carrière en déposant précautionneusement quelques albums magiques dont celui-ci.
La suite à partir des années 80 sera moins glorieuse mais "Rising" vaut largement qu'on s'y attarde.
rising rainbow
rising rainbow
rising rainbow