____________________[Reprise Des Négociations]_______________

Autres chroniques:

Benabar (2001)
Les risques du métier (2003)
Troisième opus de Benabar qui débarque en 2005. Rien de nouveau sous le soleil du petit chanteur à la voix de fumeur. Toujours des textes malins, prenants, qui distillent leurs parfums de quotidiens. Ce quotidien nous ressemble et nous est familier. Ca rassure.

Cependant, ce nouvel album va décevoir une partie du public qui ne trouvera là rien de nouveau dans la démarche.
Il semblerait effectivement que Benabar n'est pas envie de surprendre mais continue à délivrer la même recette qui fonctionna très bien sur les deux albums précédents. La maturité artistique est tout de même présente et se dévoile
sur deux ou trois titres de la meilleur facture. Côté musique c'est généralement moins festif et on ne retrouvera pas l'aspect "fanfare" comme il pouvait y avoir par exemple sur le titre "Y'a une fille qui habite chez moi".

Track-List:

1) Le dîner
2) Maritie et Gilbert Carpentier
3) Quatre murs et un toit
4) Bruxelles
5) Triste compagne
6) La berceuse
7) Les épices du souk du Caire
8) Qu'est ce que tu voulais que je lui dise ?
9) Le méchant de James Bond
10) Le fou rire
11) Tu peux compter sur moi
12) Le cahier de solfège


"Le dîner" en entrée qui découpe ces tranches de vie typique Benabar, avec une invitation pénible que l'artiste va trouver dix mille raisons d'occulter. Rappel d'enfance avec "Maritie et Gilbert Carpentier". Quelque chose qui me parle plus que les souvenirs de Vincent Delerm à Jussieu. Petite saga qui suit l'évolution de la famille dans "Quatre murs et un toit" et réflexions sur le temps qui passe. L'ambiance s'est véritablement tournée vers autre chose que le festif plus ou moins habituel dans ce crû Benabar 2005. Plus mouvementée "Bruxelles" puis "Triste compagne", très jolie ballade avec un assemblage piano/violons finement efficace.

"La berceuse" est chantée par Benabar et ses musiciens et raconte l'histoire de l'enfant qui ne veut pas s'endormir. Humour corrosif et tendresse nonchalante. Photos souvenirs, souvenirs de voyage avec "Les épices du souk du Caire". "Qu'est ce que tu voulais que je lui dise ?" ressemble à une musique de film de Claude Sautet. Piano directif
et cordes en toile de fond. Le texte s'empare d'une réalité politique et sociale plutôt juste.

"Le méchant de James Bond" et "Le fou rire" à un enterrement, arbre de joie qui cache une forêt de misère.
"Tu peux compter sur moi", surtout si on a besoin de personne puis la fin qui se fait avec "Le cahier de solfège", sur
le thème de l'enfance, décidément très abordée sur cet opus. Bonus surprise en 13 ème plage avec "Christelle est
une ordure", instantané ironique sur une certaine Christelle convoitée mais distante.

Benabar donne ici une belle leçon à la chanson avec ces quelques perles desquelles surgissent des diamants comme "Triste compagne" ou "Qu'est ce que tu voulais que je lui dise ?".

Sa musique mûrie et les textes font plus mouches que jamais. Si, finalement et globalement on retrouve beaucoup
des deux précédents disques, celui-ci se révèle peut-être plus travaillé et moins spontané, mais on y gagne en
intensité.
reprise des négociations bénabar
reprise des négociations bénabar
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