________________________[Répression]_______________________
Nous sommes en France, en 1980, le pays est sous le régime de Giscard, bientôt sortant.
Hara-Kiri est interdit en kiosque et l'homosexualité tombe encore sous le coup du pénal.
La musique pour les jeunes reste un exutoire à l'indifférence de la France d'en haut.
Téléphone est en pleine gloire des groupes comme Ange sont sur le déclin et le rock en France est plutôt mis à mal.
Trust a déboulé un an auparavant, avec des textes politiquement engagés et une musique agressive tirant vers le hard-rock. "Répression" est complètement dans cette veine-là et frise la caricature en expédiant 10 brûlots foncièrement hargneux. En prime, une chanson fédératrice offerte à la foule et qui deviendra un hymne de révolte, "Antisocial".
1. Antisocial
2. Monsieur Comédie
3. Instinct De Mort
4. Au Nom De La Race
5. Passe
6. Fatalité
7. Saumur
8. Le Mitard
9. Sors Tes Griffes
10. Les Sectes
Line-up Trust en 1980:
Bernie Bonvoisin: Chant
Norbert Krief: Guitare
Yves Brusco: Basse
Jean-emile Hannela: Batterie
J'avais tout juste quinze ans à l'époque et les AC/DC et autres Motorhead n'arriveraient dans mon champ de vue musical que dans quelques années. Cet album arrivait comme un coup de poing, avec des paroles à l'arrache assez loin des bluettes parfois un peu rose de ces bons vieux Téléphone. Pour la première fois dans le rock français, des musiciens faisaient sonner leurs guitares comme les anglo-saxons. Trust avait la rage. Et nous étions des dizaines à écrire leur nom, au marqueur, sur nos sacs US.
Le disque se vendit à plus d'un million de copies la première année. Le charisme de Bonvoisin et le niveau de haute volée de Nono alias Norbert Krief allait révolutionner le paysage rock français. "Antisocial" toujours d'actualité mal-
gré les années qui nous en sépare. Paroles au vitriol et hard-rock concis et nerveux. La voix de Bonvoisin est bru-
tale et teigneuse. N'oublions jamais"Antisocial tu perds ton sang-froid..." .
"Monsieur Comédie" tableau brossé à l'acide d'un des premiers extrémistes mis en lumière par l'actualité.
L'ayatollah Khomeyni, protégé à Neauphle-le-chateau par plusieurs brigades de gendarmerie avant de repartir 15 ans plus tard en Iran où l'on criera "Mort aux français".
Conditions de détentions sur "Instinct De Mort" et des cuivres fleurissent par bouffées de vapeur sur "Au Nom De La Race".
Trust aligne ensuite deux titres, cousins proches des brûlots d'AC/DC à la même époque. "Passe" et "Fatalité" avec son chorus de saxophone très rock'n roll.Trust explore déjà d'autres voies sans pour autant abandonner son fond
de commerce, riffs en acier trempé et hard-rock surchauffé. Très beau blues "Saumur" où une nouvelle fois Bernie
se fait plus que vindicatif, s'étranglant presque de rage en évoquant la ville de garnison et ses militaires.
Introduit par un poème de Jacques Mesrine himself, "Le Mitard" dénonce un système carcéral qui ne fonctionne
pas. Sans pour autant excuser les fautes de ceux qui y sont immergés. "Sors Tes Griffes" parle justement des conditions de vie des ex-taulards, pour lesquels la réinsertion est difficile, gardant imprimer sur le front, comme une verrue indélébile, l'écart qu'ils ont commis. Le très violent et rapide "Les Sectes" conclue ce disque brillant.
Pour une fois, la musique s'éloigne du binaire façon AC/DC pour accéder aux tempos hachés d'un Iron Maiden première manière.
N'oublions pas que Trust a été amis de l'un et de l'autre.
L'actualité évoquée dans cet album fait frissonner tellement elle parait encore proche.
Les thèmes abordés ne semblent pas avoir évolué d'un iota.
Conditions de vie dans les prisons, montée de l'extrémisme religieux et la tension dans les cités.
La musique elle, est intemporelle.
Le hard-rock reste un refuge pour les aliénés et les possesseurs de sacs US..dont je n'ai jamais cessé de faire
partie.
Trust a déboulé un an auparavant, avec des textes politiquement engagés et une musique agressive tirant vers le hard-rock. "Répression" est complètement dans cette veine-là et frise la caricature en expédiant 10 brûlots foncièrement hargneux. En prime, une chanson fédératrice offerte à la foule et qui deviendra un hymne de révolte, "Antisocial".
1. Antisocial
2. Monsieur Comédie
3. Instinct De Mort
4. Au Nom De La Race
5. Passe
6. Fatalité
7. Saumur
8. Le Mitard
9. Sors Tes Griffes
10. Les Sectes
Line-up Trust en 1980:
Bernie Bonvoisin: Chant
Norbert Krief: Guitare
Yves Brusco: Basse
Jean-emile Hannela: Batterie
J'avais tout juste quinze ans à l'époque et les AC/DC et autres Motorhead n'arriveraient dans mon champ de vue musical que dans quelques années. Cet album arrivait comme un coup de poing, avec des paroles à l'arrache assez loin des bluettes parfois un peu rose de ces bons vieux Téléphone. Pour la première fois dans le rock français, des musiciens faisaient sonner leurs guitares comme les anglo-saxons. Trust avait la rage. Et nous étions des dizaines à écrire leur nom, au marqueur, sur nos sacs US.
Le disque se vendit à plus d'un million de copies la première année. Le charisme de Bonvoisin et le niveau de haute volée de Nono alias Norbert Krief allait révolutionner le paysage rock français. "Antisocial" toujours d'actualité mal-
gré les années qui nous en sépare. Paroles au vitriol et hard-rock concis et nerveux. La voix de Bonvoisin est bru-
tale et teigneuse. N'oublions jamais
Trust aligne ensuite deux titres, cousins proches des brûlots d'AC/DC à la même époque. "Passe" et "Fatalité" avec son chorus de saxophone très rock'n roll.Trust explore déjà d'autres voies sans pour autant abandonner son fond
de commerce, riffs en acier trempé et hard-rock surchauffé. Très beau blues "Saumur" où une nouvelle fois Bernie
se fait plus que vindicatif, s'étranglant presque de rage en évoquant la ville de garnison et ses militaires.
Introduit par un poème de Jacques Mesrine himself, "Le Mitard" dénonce un système carcéral qui ne fonctionne
pas. Sans pour autant excuser les fautes de ceux qui y sont immergés. "Sors Tes Griffes" parle justement des conditions de vie des ex-taulards, pour lesquels la réinsertion est difficile, gardant imprimer sur le front, comme une verrue indélébile, l'écart qu'ils ont commis. Le très violent et rapide "Les Sectes" conclue ce disque brillant.
Pour une fois, la musique s'éloigne du binaire façon AC/DC pour accéder aux tempos hachés d'un Iron Maiden première manière.
N'oublions pas que Trust a été amis de l'un et de l'autre.
L'actualité évoquée dans cet album fait frissonner tellement elle parait encore proche.
Les thèmes abordés ne semblent pas avoir évolué d'un iota.
Conditions de vie dans les prisons, montée de l'extrémisme religieux et la tension dans les cités.
La musique elle, est intemporelle.
Le hard-rock reste un refuge pour les aliénés et les possesseurs de sacs US..dont je n'ai jamais cessé de faire
partie.





