__________________________[Relayer]_________________________

Autres chroniques:

The Yes album(1971)
Fragile(1972)
Close to the edge(1972)
Tales from topographic oceans(1974)
Going for the one(1977)
Tormato(1978)
Drama(1980)
90125(1983)
Big generator(1987)
Union(1991)
Talk(1994)
Magnification(2001)
Voici un album comme on en a fait peu, comme on voit trop peu souvent.

Yes, chef de file inconstesté du rock progressif proposait en 1974 un album 3 titres "Relayer" ayant la lourde tâche
de succèder au monumental Tales from topographic oceans (double-album avec 4 morceaux d'une vingtaine de minutes chacun). Pour ceux qui connaissent un peu le groupe, ils se rappeleront que Yes est capable du pire comme du meilleur et qu'au cours de leur longue carrière et de leur multiples albums, ils auront pû faire le tour de la question en sortant des albums tour à tour géniaux ou carrément indigeste. "Relayer" fait partie de la première catégorie et déploie sur 40 minutes et une poignée de secondes, un tissu musical riche et inventif. Succéder au dément Tales from topographic oceans devenu disque de référence du groupe, était loin d'être une partie gagnée d'avance, d'autant plus que le clavier prodigieux du groupe, Rick Wakeman préféra délaisser ses petits copains pour aller bosser sur son album solo. Il fut remplacé quasiment au pied levé pour les séances d'enregistrements et la tournée qui suivra par le très suisse Patrick Moraz. Issu du jazz rock, il est venu au progressif un peu par hasard en composant des musiques de films. Il fut aussi le clavier de groupe obscur comme "Refugee" ou plus connu comme "The Moody blues".
était composer en 1974 de:

Jon anderson / Chant
Chris Squire / Basse et chant
Patrick Moraz / Claviers
Alan White / Batterie
Steve Howe / Guitare

Un autre nom peut vous interpeller, Steve Howe, entre autre fondateur au début des années 1980 du groupe Asia avec Carl Palmer ancien de Emerson Lake and Palmer. Les présentations ainsi terminées, passons tout de suite au contenu de la rondelle contenue sous la superbe pochette.

Track-list

1]Gates of délirium 22'55
2]Sound chaser 9'25
3]To be over 9'08


Il est certain que le premier morceau eclipse les deux autres déjà par sa durée. Presque 22 minutes de folie intense orchestrée par des musiciens au sommet de leur forme. Une intro très technique suivie par une longue plage musi-
cale où les instruments se courent après, où la guitare grimpe au rideaux en empilant des spirales de notes à l'image d'un escalier en colimaçon. Le titre est riche, foisonnant, traversé d'éclairs de génie, le batteur fait littéralement des prouesses avec des ruptures de rythmes déments suivi d'un solo de guitare au galop, puis la course s'achève, les nuages sont traversés et on se retrouve sur un plan supérieur où la musique règne en maitresse absolue. La dernière partie de la chanson se fait planante et féerique, comme la bande-son d'un livre de Tolkien. Premier titre incroyablement puissant, "Gates of délirium" porte bien son nom. Les fans de Yes appellent très souvent l'album "Gates of délirium" au lieu de "Relayer", c'est dire si ce titre a marqué les esprits.

"Sound chaser" va avoir beaucoup de mal à passer derrière un monument pareil. Il tire néanmoins son épingle du
jeu en proposant un rock progressif carrément orienté jazz-rock où une fois de plus la technique est mise en avant.
La fin est un peu décevante car perdu au milieu de divers thèmes sans vraiment de cohérence avec le tout. De très beaux moments pourtant comme cette course poursuite basse/guitare où les deux instruments fusionnent pour jouer
la partition à l'unisson. "To be over" est trop dispersé, trop mélangé. Le morceau n'atteint aucun but, tombe, se
relève mais sans unité ni passage marquant.

Dommage car il ferme le disque sur une impression mitigée alors que les deux premiers titres franchissent
allègrement la barre du nécessaire.

On restera, après l'écoute de ce titre, un peu sur sa faim.

Un disque à posséder de toutes façons, ne serait-ce que pour la première plage, incroyablement étudiée et magnifiquement interprétée. Ce titre sorti donc en 1974 ne sera plus joué en concert à partir de l'année suivante
pour revenir dans la set-list de Yes à partir de 2001, quand, à l'initiative de Jon Anderson et suite à un sondage
sur le net, le public l'avait élu aux côté de Close to the edge comme son morceau préféré.
Lors de leur concert à Paris en 2001, le groupe jouera "Gates of délirium" en ouverture.
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