_____________________[Rage Before Beauty]___________________

The Pretty Things est un groupe issu des années soixante et qui demeure en activité, ponctuée par quelques interruptions. Mais remontons le temps, jusqu'en 1962 très exactement jusqu'à un groupe de rock qui ne sait pas encore qu'il deviendra une icône de la musique. Brian Jones alors leader des The Rolling Stones décide de faire du ménage dans son groupe à la notoriété grandissante. Ainsi le bassiste Dick Taylor est prié d'aller se faire frire une
sole ailleurs. Dick Taylor reforme un groupe mélangeant blues et rock'n roll et écume les petites salles alors déser-
tées par les pierres qui roulent, ne les jugeant plus tellement adéquates ni à la taille de leur ego. The Pretty Things ne tarde pas à se faire remarquer par la profession en regard de ses excellentes prestations live et se met à enregistrer une poignée de singles la plupart du temps des reprises. L'image qu'il donne d'eux-mêmes est nettement plus subversive et violente que The Rolling Stones et le public adhère à fond à cette nouvelle formation de rebelles. L'alcool dans le groupe et les grossièretés dans les interviews commencent à couler à flots et The Pretty Things se
voit censuré à plusieurs reprises. Les ventes de disques se font en revanche plus faibles et ils sont bientôt rejoints et dépassés par des concurrents plus vendeurs. Suite à des problèmes de santé dus aux frasques en tout genres, trois membres du groupe quitteront l'aventure et laisseront la portion restante entrer en studio pour y enregistrer une nouvelle poignée de titres, comme toujours à fortes tendances blues et rythm' blues. Cependant l'arrangeur du son
du studio massacre les bandes en rajoutant des arrangements de cordes et de cuivres qui ne ressemblent en rien aux habitudes du groupe. Le public ne comprend pas la démarche et se désintéresse de cette formation qui ne semble
pas maitriser son style. A l'aube des années 70 le groupe abandonnera le rythm'blues qui ne fait plus recette et tente-
ra de suivre le courant flower power mais sans succès. Les années 80 furent assez moroses mais en 1998 le groupe se reforme dans son line-up initial et pond "Rage... Before Beauty" l'année suivante assorti d'une tournée en Europe.

1) Passion of Love
2) Vivian Prince
3) Everlasting Flame
4) Love Keeps Hanging On
5) Eve of Destruction
6) Not Givin' In
7) Pure Cold Stone
8) Blue Turns To Red
9) Goodbye, Goodbye
10) Goin' Downhill
11) Play With Fire
12) Fly Away
13) Mony Mony
14) God Give Me The Strength


"Passion of Love" s'articule autour d'une batterie poum-tchac, poum-tchac, flirtant avec un punk-rock plutôt gracile puis le très sautillant "Vivian Prince" prend la relève, nous faisant redécouvrir une rythmique comme on en avait plus entendu depuis The Who. On est loin d'un groupe de papys sur le retour et l'énergie semble être le maitre mot de ce disque de reformation. Petit-cousin de "Paint it black" des Stones, "Everlasting Flame" s'enflamme en restant le plus frais possible et la longue (un peu longue..) ballade "Love Keeps Hanging On" offre une première pause. "Eve of Destruction" et "Not Givin' In" sont d'inspirations sixties et gardent la fraicheur des premiers instants puis "Pure Cold Stone" nous amène directement par la main jusqu'en 1967, sur un disque desDoors. Enigmatique, inquiétant,
mystique même sont les éléments qui viennent à l'esprit à l'écoute de ce morceau.
Moins attirant "Blue Turns To Red" avec harmonica et piano électrique embarqués puis une seconde et courte bal-
lade "Goodbye, Goodbye". Le titre qui suit "Goin' Downhill" est pour le moins étrange, rebondissant sur les toms basse et avec un curieux gimmick tournant dans le fond (clavier ? guitare ?), l'ensemble offrant une belle expérience. Reprise des Stones "Play With Fire" puis la troisième et de loin la plus jolie ballade du disque "Fly Away" emmené simplement par un trio voix/guitare/basse est un pur moment de bonheur tranquille. Pièce de rock crue "Mony
Mony" binaire et rentre-dedans puis le final "God Give Me The Strength" chanson à suivre en se tenant par les épaules, accompagnée par une chorale gospel.
Un disque très varié qui mêle quelques titres pop/rock et deux ou trois choses plus expérimentales. Malgré leur
grand âge The Pretty Things continuent d'explorer un territoire qui leur est pourtant familier mais qui même pour
eux, recèle encore des trésors à exhumer.
A découvrir pour les plus jeunes, à retrouver pour les plus anciens.
rage before beauty pretty things
rage before beauty pretty things
rage before beauty pretty things