________________________[Radioactivity]_____________________

Autres chroniques:

Trans-europe express (1977)
The mix (1991)
Kraftwerk, "centrale électrique" en allemand est un quatuor synthétique né au début des seventies. Ils ont été les précurseurs dans l'utilisation des machines bien avant notre Jean-Michel Jarre national.
Après quelques essais dont le génial "Autobahn" en 1974, le groupe revient l'année suivante avec ce disque, "Radioactivity", ode aux ondes en tous genres et tout ce qui touche de près ou de loin à la radio. 12 titres enchaînés, générés par des synthés froids et polis comme ce "Geiger counter" qui voit ses pulsations s'affoler en prenant de plus en plus de vitesse. Le morceau titre "Radioactivity", décliné en anglais et en allemand comme la plupart des titres chantés du disque va étirer sur presque 7 minutes toute la reconnaissance que Kraftwerk peut avoir pour Marie
Curie et sa découverte, sur une rythmique immuable, des chœurs entêtants et des bruitages divers et variés.
"Radioland", plus court et aussi plus sombre nous emmène à coups de percussions voilées dans un monde peuplé de composants électroniques et de poussières d'enceintes. Eloge de la lenteur et de la répétition, "Radioland" distille une atmosphère inquiétante où des voix métalliques trafiquées, à l'image d'un robot semi humain, nous filent la chair de poule. Les expérimentations synthétiques s'alignent les unes derrière les autres dans des séries d'effets, pour certains assez impressionnants pour l'époque.
Le titre se termine dans une onde oscillante de plus en plus aigue pour arriver sur la mélodie enjouée et sereine de "Airwaves", chanson robotique et dansante.
"Intermission" sur quinze secondes anticipe le dernier titre de cette première face "News" où les dernières nouvelles radiophoniques sont données par des voix qui se superposent les unes aux autres pour finir dans un brouhaha mélangé, ponctué par des petits génériques annonçant l'émission. Il se peut que vous soyez décontenancé par cette musique d'une simplicité frôlant le simplissime.
Minimaliste et assez difficile d'accès en même temps, la musique de Kraftwerk ne se livre pas comme çà. Elle a be-
soin de plusieurs écoutes, de plusieurs attentions. "The voice of energy" en face 2 nous accueille sur un discours dit par une voix électronique puis "Antenna" aux pulsations soignées traversée par des éclairs synthétiques fusant aigus
ou graves selon l'humeur. Nous avons même droit à un chorus de bruits assez ingénieux. Le texte de la chanson fait l'éloge de ces petits râteaux de ferraille capable d'absorber les signaux radios "i'm the antenna, catching vibration, you're the transmitter, give information !". Les antennes ont maintenant leur chanson.
"Radio stars" qui débute sur une sinusoïdale étrange, nous fait pénétrer dans un univers où des voix fantomatiques répètent trois phrases en allemand en nous fichant la trouille. A ne pas écouter seul dans le noir, l'écho des ces voix électroniques malades étant très nauséeuses, issues de quelques étranges micros étoilés et tendues sur des cordes vocales d'acier. Un chœur de voix profond nous accueille à la sortie de ce cauchemar pour nous replonger au cœur d'une voix électronique fatiguée et rouillée sortie d'une bouche aux lèvres métalliques sur "Uranium".
Moins d'une minute et trente secondes plus tard "Transistor" prend le relais en se faisant le générique du futur sur
deux minutes et quinze secondes avant de conclure sur "Ohm sweet ohm". Ce titre est construit par paliers où les couches de musique vont venir s'empiler dans un ordre parfait.
Tout est réglé, tiré au cordeau, minimaliste une fois de plus.
Kraftwerk est décidément plus un groupe de musique expérimentale.
Il est dans les années 1990 rejoint voire même dépassé par la techno dont il est tout de même en partie les inven-
teurs.
Reste en 2007 un groupe qui se sert des synthés comme le commun des mortels.
D'avant-garde le groupe est devenu ringard sans rien pouvoir y faire car rattrapé par la technique.
Le disque reste néanmoins une curiosité à découvrir.

1. Geiger Counter (1:06)
2. Radioactivity (6:41)
3. Radioland (5:51)
4. Airwaves (4:40)
5. Intermission (0:38)
6. News (1:17)
7. The Voice Of Energy (0:54)
8. Antenna (3:42)
9. Radio Stars (3:33)
10. Uranium (1:27)
11. Transistor (2:14)
12. Ohm Sweet Ohm (5:38)
radioactivity kraftwerk
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