__________________[Pièce Montée Des Grands Jours]___________

Autres chroniques:

Le Bal Des Oiseaux (1993)
Le Jour Du Poisson (1997)
La Cigale Des Grands Jours (Live) (2004)
Le Pavillon Des Fous (2005)
Quatre ans après son quatrième album "Qu4tre" sorti en 1999, Thomas Fersen sort son cinquième album "Pièce montée des grands jours". Logique. Onze nouveaux titres pour cet auteur-compositeur-interprète qui fait peu de vagues mais toujours à bon escient. L'élégant et décalé artiste continue à servir ses textes drôles, caustiques ou nostalgiques, qui se comportent toujours comme autant d'arbres qui cachent une forêt très précise. Thomas Fersen démarre ses histoires dans un imaginaire qu'il fait volontiers partager, pour arriver à la lisière de nulle part, quelque part entre ses souvenirs et les nôtres.

1) Diane de Poitiers
2) Deux pieds
3) Saint Jean du Doigt
4) Le chat botté
5) Pièce montée des grands jours
6) Borborygmes
7) Croque
8) Les cravates
9) Rititi, ratata (il parait qu'elles aiment)
10) Bambi
11) Né dans une rose


Histoire de drague à l'ancienne avec "Diane de Poitiers", avec, à la clé, des promesses de relations platoniques.
La nonchalance a sa chanson désormais, elle s'appelle "Deux pieds" que Thomas Fersen ne peut employer qu'une
fois à la fois. Cette chanson fera à la fois un single et un tube. Chanson de village "Saint Jean du Doigt" petit hymne vivant et tranquille, témoigne d'une joie de vivre affichée sans complexe.

Un vendeur de chaussures cherche l'âme soeur, prétexte à planquer un jeu de mot qui se cache quelque part dans
"Le chat botté" : "J'ai la chair de poule, et même la chair de dindon, quand j'éteins l'ampoule." Duo culinaire,
Thomas Fersen/Marie Trintignant dans "Pièce montée des grands jours". Histoire banale en apparence, fragile, "Borborygmes" emplit de bruits et d'odeurs humaines, puis une autre histoire comestible, "Croque", où la bouffe
est élevée au rang d'art premier. Joute verbale sur "Les cravates" où Thomas Fersen joue avec la sémantique, du verbe aux noms.

Après une histoire d'araignée coincée dans un harmonium, "Rititi, ratata (il parait qu'elles aiment)" qui offre un long instrumental sur un rythme reggae, nous arrivons sur une chanson de brute au doux sommeil au surnom de contre-emploi: "Bambi". "Né dans une rose" met en scène un garçon coiffeur aux pulsions meurtrières aisément contenues
en l'absence d'alcool.

Sur ce petit cauchemar vécu comme une blague grincante, Thomas salue et s'en va.

Comme à l'accoutumée, Thomas Fersen nous emmène dans un univers d'où l'on ressort à chaque fois changé de manière infime.
Ses histoires n'appartiennent qu'à lui mais nous en emmenons toujours un morceau avec nous.
Un jour, il nous aura tout à fait.
pièce montée des grands jours thomas fersen
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