________________________[Peter Gabriel 3]____________________

Ce troisième opus de Peter Gabriel sort en 1980. Est-il encore utile de présenter le bonhomme? Ex-tête pensante
de Genesis qu'il laissera tomber pour vivre sa propre aventure, il n'aura de cesse d'innover en proposant d'aborder
la musique par tous les points d'entrée possibles et inimaginables. Dix titres au format standard s'alignent au dos de
la pochette où une fois encore, l'artiste apparait à peine à visage découvert, celui-ci étant d'aspect fondant sur une moitié comme sous l'effet d'une chaleur intense. Peter Gabriel n'aime pas être en pleine lumière, témoin ces po-
chettes d'albums qui dissimulent toujours son visage (une où on l'aperçoit avec le visage caché derrière un pare-
brise mouillé, une autre où ses mains lacèrent la pochette provoquant des arrachages de papier zébrant son visage.) Les pochettes de ses disques auront toujours au début, quelque chose d'inquiétant et il faudra parvenir à la sobre pochette de "So" pour que Gabriel ose afficher une mine sereine et enfin apaisée.

1) Intruder (4:53)
2) No self control (3:56)
3) Start (1:21)
4) I don't remember (4:42)
5) Family snapshot (4:29)
6) And through the wire (4:58)
7) Games without frontiers (4:07)
8) Not one of us (5:21)
9) Lead a normal life (4:15)
10) Biko (7:27)


Du beau monde pour entourer Peter sur ce troisième disque, certains noms sont très connus et apportent leur savoir-faire à ce disque aux mille couleurs:

Peter Gabriel: Chant, Percussions, Basse synthétique, Synthétiseur, Piano
Jerry Marotta / Phil Collins/ Morris Pert: Batterie, Percussions
John Giblin: Basse
Larry Fast: Basse synthétique, Synthétiseur
Tony Levin: Stick
David Rhodes/ Paul Weller/ Robert Fripp/ Dave Gregory: Guitare
Dick Morrissey: Saxophone
Kate Bush: Choeurs

A noter l'apparition de Kate Bush qu'on retrouvera sur l'album "So" en 1986 en duo avec Peter sur "Don't give up".
"Intruder" est inquiétant.
La musique est minimaliste, obscure, borgne et bancale. Chanson toute en atmosphère étrange. Plus évident "No
self control" qui garde néanmoins de l'inquiétude avec ses boucles de percus fantomatiques. Gabriel ne fait pas dans
la simplicité et complique sa musique à loisir. "Start" prélude chanté au saxophone donne un peu de luxe dans cet album somme toute très spartiate et précède "I don't remember", plus pop, plus direct. "Family snapshot", com-
plexe et hyper travaillé, propose un beau piano en ouverture que l'on retrouvera vers la fin, après quelques intru-
sions rock.
Rock justement, très rock sur "And through the wire" puis le tube de l'album, peu décliné en radio (injustement à
mon avis), "Games without frontiers". Kate Bush chante sur ce titre beau comme un jour de naissance.
Suit "Not one of us" puis le très limpide et une nouvelle fois étrange "Lead a normal life". Rythme tribal sur des marimbas électroniques côtoyés par une jolie petite mélodie au piano. La voix de paille de Peter surgit comme survient un orage puis s'enfuit, la chanson retrouvant sa sérénité du début. "Biko" restera pour toujours l'hymne anti-apartheid avec ses chants de tribu en introduction et en final.
Peter Gabriel est et restera un artiste à part.
Sa musique est très personnelle et chaque disque réinvente la pop en y insufflant des éléments jamais entendus
ailleurs.
Le musicien déclarera avoir vraiment trouvé sa personnalité musicale à partir de ce troisième album.
peter gabriel
peter gabriel
peter gabriel