______________________[Perfect Strangers]____________________

En plein dans la vague naissante et rugissante des Metallica et autres Megadeth, au détour d'un numéro de Rock'n Folk, j'apprends incidemment une nouvelle qui va me ravir au plus haut point…non sans une petite pointe
d'inquiétude tout de même. Deep purple se reforme.
1984.
Je lâche le journal et me prend déjà à rêver de ce que pourrait donner un album des vieux dinosaures presque 10
ans après leur split. Le mieux est encore d'acquérir l'objet, ce que je fis dés que j'eus la possibilité de réunir
quelques deniers. L'album est noir avec un DP en lettres façon métal entrelacées.
"Perfect strangers".
L'ensemble fait plus faire-part d'enterrement que retrouvailles joyeuses.
Les tronches sérieuses, peu avenantes des cinq lascars au verso de la pochette renforcent cette impression:

Ritchie Blackmore: Guitare
Roger Glover: Basse
Ian Gillan: Chant
Jon Lord: Claviers
Ian Paice: Batterie

Les cheveux se sont un peu raccourcis, sauf pour Gillan et Lord, arborant toujours sa moustache mais les cinq
de la meilleure formation de DP sont bien là.

1)Knocking at your back door: 7'00
2)Under the gun: 4'35
3)Nobody's home: 3'55
4)Mean streak: 4'20
5)Perfect strangers: 5'23
6)A gypsy's kiss: 4'40
7)Wasted sunsets: 3'55
8)Hungry daze: 4'44


Ligne d'orgue tendu, guitare jouée à l'archet, la batterie fait son entrée… C'est "Knocking at your back door".
Tempo moyen et riffs moins épileptiques qu'avant. Cependant, le titre tourne de manière régulière et linéaire.
La paire guitare/clavier fait son effet. Glover a abandonné son jeu de basse hyper mélodique au profit d'une mécanique basique mais du coup moins chantante à l'oreille. La voix de Gillan à certes vieillie et a pris du gras
dans les aigus. "Under the gun" emmené par un riff guitare/clavier est plus rapide.
Un peu trop soigné peut-être, le son est presque trop léché, habituées que sont nos oreilles de fans à un boucan
plus offensif. Introduit par un solo de synthé "Nobody's home" est par contre une jolie chose qui flotte en équilibre
sur des silences ponctués de coup de boutoirs de Ian Paice.
Efficace et plaisant, le titre offre un superbe solo d'orgue Hammond sur une vingtaine de secondes, comme à la
vieille époque, à faire se soulever les poils des avant-bras. "Mean streak" plutôt réussi sonne très eighties avec un refrain catchy où on peut presque voir une scène inondée de fumigène bas. Le gimmick de guitare/clavier joué à la croche et par les deux instruments à l'unisson est une véritable petite perle acrobatique. L'orgue baveux de Lord entame le rythme lourd de "Perfect strangers" beau titre puissant et noueux. La fin orientalisée est sans doute d'un
goût plus discutable.
"A gypsy's kiss" est LA vraie tuerie du disque. Nerveux, rapide, avec un orgue Hammond prédominant, à l'affût,
qui chasse le silence de sa voix rauque. Le solo est d'ailleurs d'anthologie et vaut autant le détour qu'une bière
fraîche par 35 ° à l'ombre. La ballade "Wasted sunsets" est en revanche une scie geignarde juste bonne à faire
monter la température mais fait retomber la pression. Dispensable.
"Hungry daze" un brin guerrier et conquistador n'est guère plus convaincant.
Le groupe a, à priori, préférer mettre les deux morceaux les plus faibles en fin d'album. Un album en grande partie réussi.
Un retour en fanfare, bien que les grincheux et les blasés diront que ce n'est plus comme avant, mais presque
quinze ans après les brûlots In rock et "Machine head", Deep purple montrait qu'il en avait encore sous le capot.
Ils re-reviendront en 1987, moins brillamment, avec l'album "The house of blue light".
Autres chroniques:

In rock (1970)
Fireball (1971)
Machine head (1972)
Made in Japan (1972)
Who do we think we are (1973)
Burn (1974)
Stormbringer (1974)
Made in europe (1976)
perfect strangers deep purple
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