________________________[Paris Ailleurs]_____________________

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Pour nos vies martiennes (1988)
Pourquoi Etienne Daho ? Tout simplement à cause d'une chanson "Les voyages immobiles".... Et que celui qui n'a jamais écouté cette chanson, me jette la première pierre. Revenons un peu sur la personnalité du gars Etienne.
Rennais d'origine, auteur-compositeur-interprète issu de la vague pop du début des années 80, il contribuera au travers de multiples collaborations avec de très nombreux artistes à faire connaitre son style inimitable. Son parcours est celui d'un vrai musicien n'en déplaise à ses détracteurs (des tracteurs ? où çà ?) qui se démarque autant par ce type d'album "Paris ailleurs" que par des oeuvres plus ambitieuses voire audacieuses, du coup moins "commerciales", mais le bonhomme s'en tape royalement. En 1991, il ira jusqu'aux Etats-Unis pour enregistrer "Paris Ailleurs", à New-York plus précisément. Il décidera de s'adjoindre les services de Carlos Alomar, guitariste entre autres de David Bowie mais leur collaboration ne durera que quelques jours, les deux hommes ne réussissant pas à trouver l'alchimie nécessaire à la naissance du disque.
C'est donc Edith Fambuena du groupe "Les Valentins" qui accompagnera Etienne Daho dans ce voyage musical.
De leurs reflexions sortiront 11 titres que voici:

"Des Attractions Désastre" 3:10
"Saudade" 3:29
"Comme Un Igloo" 3:51
"Les Voyages Immobiles" 3:05
"Un Homme A La Mer" 3:53
"Interlude A La Désirade" 1:54
"Toi + Moi" 3:54
"Rue Des Petits Hotels" 3:19
"La Berlue" 3:17
"Double Zéro Et L'Infini" 4:25
"Paris Ailleurs" 3:44


Le jeu de guitare d'Edith est reconnaissable entre mille. Il parcourt ce disque d'un frisson sautillant, soutenant merveilleusement la (petite) voix d'Etienne. Rien de moins que cinq singles seront issus de ce disque et l'engoue-
ment du public et des critiques sera total. Les textes de Etienne Daho sont un régal pour les oreilles jouant et rebondissant sur les mots pour en faire des bouquets de phrases respirées avec ardeur. D'entrée, trois singles dont l'enlevé "Des attractions désastre", le plus posé "Saudade" et le très remuant "Comme un igloo".
De la pop enjouée et pas sirupeuse pour un sou, Etienne Daho ayant tout de même abandonné le côté trop "sucré" des opus précédents.
Nous avons affaire à un vrai groupe, pas de boites à rythme ou alors seulement en soutien de la batterie. Après ces trois premiers titres nous arrivons sur la première pause. "Les voyages immobiles" 4 ème single. Comme un soupir. Des soupirs entrecoupés de vagues montantes en une marée de mots magiques. La musique est douce, profonde, avec des choeurs aériens digne d'un paradis hollywoodien.
Le verbe de Etienne Daho est un délice de sensibilité.
"Un homme à la mer" avec un refrain accrocheur sur un tempo plus marqué qui sera donc le dernier titre sorti en single, puis un petit poème mis en images au dessus des nuages avec "Interlude A La Désirade". L'univers très pop
de ce disque perdure avec "Toi + moi" et s'enchaine avec "Rue Des Petits Hotels" plus calme et raisonné. Reprise
de Françoise Hardy pour "La berlue" avec une intro de batterie plutôt sympathique.
Les deux titres suivants montrent un aspect plus sombre de la musique de Etienne avec l'énigmatique "Double Zéro
Et L'Infini" qui pourrait presque, dans son ambiance trip hop, s'afficher aux côtés de titres de Massive Attack ou de Portishead.
"Paris Ailleurs" groovy et quasiment instrumental, interrompu par quelques choeurs auxquels Daho répond d'une
voix monocorde: "Paris ? Ou çà ? Paris ? Ici ? Paris ? Ailleurs...." jusqu'au mot "Fin" qui se perd dans un accord
de synthé lourd et grave plaqué en guise d'épilogue.
Deux aspects, deux facettes de cet artiste tranquille et discret qui offre dans ce disque une alternance de chanson légères ou plus graves et mélancoliques.
La pop bubble-gum est mise de côté et Etienne Daho donne le meilleur de lui-même dans cet opus qui restera un
des meilleurs disques pop français des années 90.
paris ailleurs etienne daho
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