__________________________[Paradize]________________________

Indochine représentait pour moi, jusqu'en 2002, un groupe de jeunes hommes propres sur eux qui avait comme particularité d'avoir un frontman qui chantait faux en permanence. Quand, dans les années 80, Indochine sortait
"3ème sexe" ou "L'aventurier", j'étais dans ma pleine époque heavy-métal et me souciais comme d'une guigne de ces beaufs à la mèche rebelle aux textes vides et aux instruments/machines compulsifs. Les "Inconnus" ayant, il est vrai, largement collaboré à établir cette pose ridicule aux travers de leurs sketches. De la même manière que je ne suivis pas leurs balbutiements et leur franc succès, je passais complètement à côté de leur traversée du désert durant les années 90. Et pourtant... En 2002, ma chère moitié succomba au charme de "J'ai Demandé à la Lune" et je fus plus ou moins forcé d'acquérir le neuvième opus d'Indo, "Paradize". Tout d'abord les notes de pochette m'apprirent que Gareth Jones produisait l'album, après s'être occupé entre autres de Depeche Mode ou d'Erasure, et que les sons frisant parfois le métal-indus étaient dûs à son intervention. De new-wave, le groupe s'est dirigé vers un look plus
noir et plus dans l'air du temps, proche du gothique, exemple sonore avec le titre "Marylin" dont la partie rythmique rappelle étrangement le "Beautiful People" du Révérend Marilyn Manson. Pour finir, une pochette qui ravira les jeunes, une jeune fille dénudée et une croix en forme de censure, histoire de se mettre un peu les parents à dos.

1. Paradize 4:49
2. Electrastar 5:30
3. Punker 2:50
4. Mao Boy! 5:42
5. J'ai Demandé à la Lune 3:29
6. Dunkerque 5:48
7. Like a Monster 3:56
8. Le Grand Secret 5:50
9. La Nuit des Fées 4:58
10. Marilyn 5:55
11. Le Manoir 5:05
12. Popstitute 4:00
13. Dark 4:37
14. Comateen 6:07
15. Un Singe en Hiver 3:46


Accord de claviers à la Depeche Mode sur l'entrée de "Paradize", puis la voix arrive. Profonde et sertie de grosses guitares industrielles. Couplets en suffocation et voix de fausset sur les refrains, pas du meilleur effet sur cette
chanson longue et linéaire. Mélodie façon "Banana Split" et l'impression que Lio est partie chanté avec Nine Inch Nails, "Punker" est plutôt revigorant, puis c'est "Mao Boy" qui montre une belle progression dans les arrangements plus élaborés. Le tube "J'ai demandé à la lune" à réserver pour la prochaine forêt de briquets en concert. "Dunker-
que" sautille entre deux accords, comme un fil tendu en travers des partitions. Lancinant et gothiquement linéaire.
Pas convaincant "Like a monster" si ce n'est un peu plus de richesse et de recherche dans les arrangements. "Le Grand Secret" se révèle une excellente surprise. Jolie ballade accompagnée par la voix de Melissa Auf Der Maur, puis "La Nuit des Fées" sur un texte de Gérard Manset. Hommage à Marilyn Manson qui va jusqu'à reprendre la rythmique de "Beautiful People" du Révérend avec "Marilyn". Une chanson dont la mélodie semble avoir été déjà entendue au début du disque "Le Manoir" puis un bon exemple de single sautillant electro-pop avec "Popstitute". "Dark" et le joliment construit "Comateen" qui profite de ses six minutes pour alterner les climats et les ambiances.
"Un Singe en Hiver" dont le texte et la musique sont signés Jean-Louis Murat tranche sur le reste, avec ce piano brouillé digne du cabaret des années 30 du Révérend évoqué plus haut.
On s’aperçoit, au bout des soixante-douze minutes du disque, que Indochine s'est laissé aller à faire des titres qui
sont loin d'être bâclés mais qui auraient mérités un peu plus de recherche.
On se lasse assez vite et l'impression d'avoir entendue déjà telle ou telle mélodie se fait sentir à la moitié du disque.
Bon virage musical mais pas assez abouti à mon goût. Un essai à transformer.
paradize indochine
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