_________________________[Octavarium]______________________

Très bel et long album (75 minutes et une poignée de secondes) de Dream theater en 2005, qui suit le nerveux et relativement bourrin Train of thought de 2003. Sur "Octavarium" DT choisira d'afficher une carte plus pop rock que heavy-metal, en fluidifiant sa musique et la rendant plus abordable. Huitième album (d'où le titre...) d'un groupe qui sans se renouveler, offre une musique intéressante avec toujours ce penchant pour les parties
échevelées de guitares et les chevauchées fantastiques.

1] The root of all evils 8'07
2] The answer lies within 5'25
3] These walls 6'59
4] I walk beside you 4'29
5] Panic attack 7'15
6] Never enough 6'38
7] Sacrificed sons 10'43
8] Octavarium 24 '00


Les new-yorkais nous régalent de leurs breaks habituels, de leurs cavalcades à 100 à l'heure, de leurs techniques,
des musiciens tous tombés dans la marmite de la virtuosité. Peut-être un peu plus en recul, John Petrucci,
le guitariste, laisse plus de place aux claviers et laisse apprécier la fabuleuse machine rythmique
personnifiée par le duo Portnoy/Myung.

Personnel sur "Octavarium"

James Labrie: Chant
John Petrucci: Guitare
John Myung: Basse
Jordan Rudess: Claviers
Mike Portnoy: Batterie

Premier titre qui va installer l'univers de DT sans imposer une technique redoutable "The root of all evils".
Pas vraiment ingénieux, la chanson est très conventionnelle et les riffs de Petrucci semble bien à plat. Portnoy
virevolte un peu en effectuant un travail sur les toms digne d'un bon bûcheron mais à part quelques breaks
et quelques départs à contre-temps exprès pour faire chier, l'ensemble souffre un peu de souffle épique.
Une mention spéciale tout de même pour le clavier qui sort du bois sur ce disque en proposant une palette de sons inédits. En plage 2 déjà la ballade du disque "The answer lies within" avec un Labrie tout en retenue,
une orchestration avec force nappes de claviers et encore une fois un Portnoy et Petrucci en retrait.
Un peu plus d'action sur "These walls" où Petrucci sort de sa torpeur pour offrir quelques solos relativement sages.
Le titre raccroche avec le son métal de l'album précédent. Agréable et plutôt bien foutu.
Le single prévu et évident du disque "I walk beside you" très sage et raisonnable où l'on pourrait presque entendre Portnoy bailler d'ennui, pendant que Petrucci tire sans conviction sur les cordes de sa guitare au repos... Enfin un tir de mortier.
Enfin une déflagration en forme de tir de barrage avec combats de baguettes et triturage de notes, "Panic Attack" renoue avec les meilleurs titres de Train of thought, avec les chorus en tapping de folie, les mélanges de rythme chaotiques d'un Mike Portnoy lâché tel un fauve ou un Hephaïstos moderne.
De la bel ouvrage comme on l'aime. Dream theater revient au sommet de sa forme dans ce titre défouloir qui libère nos lascars de leurs entraves.
"Never enough" est plus en retrait même si il garde quelques tics nerveux de la chanson précédente. Les musiciens semblent continuer de s'amuser pour notre plaisir avant tout. Le son de clavier est particulièrement à tomber.
D'une puissance maitrisée, écrite en regard des événements du 11 Septembre, "Sacrificed Sons" renoue avec le
style d'antan de DT. Colorée et toujours d'une technique impressionnante, il précède le monument du disque:
Huitième morceau, huitième album, très exactement trois fois huit minutes pour "Octavarium", longue pièce à l'intro
de plus de trois minutes rappelant le Floyd de l'époque Wish you were here (1975), puis le chant, magnifique, survolant une partition bleu azur, et cotoyant des petits nuages d'altitude.
La chanson se poursuit dans des volutes plus ou moins jazzy et l'apothéose finale ne décoit pas, grandiose et symphonique, la dernière note meurt dans un soupir et s'éloigne à petits pas.
Rien à regretter dans ce très bel opus du groupe, même si le début parait un peu facile, on se sent revenir
à la maison dés la moitié de l'album.
Le clavier, un peu oublié depuis Train of thought fait un retour en force et surtout en beauté.
Autres chroniques:

Awake (1994)
A change of seasons (1995)
Train of thought (2003)
Score (2006)
octavarium dream theater
octavarium dream theater
octavarium dream theater