_________________________[En Public]_______________________

Autres chroniques:

Veuillez rendre l'âme
(à qui elle appartient) (1989)

Tostaky(1992)
666.667 club(1996)
Des visages des figures(2001)
Malaise.
Quand en se met à parler de Noir Désir le malaise s'installe. A plusieurs titres sans doute, pour la tragique actualité
qui les mit sous les feux de l'opinion pour autre chose que leur talent. Malaise aussi quand on évoque un nouvel
album. Celui-ci est parait-il en cours de gestation et devrait arriver avant la fin de l'année 2010. Reste la musique, à qui on ne peut rien reprocher. Alors que "Des visages des figures" ne parvient pas à s'estomper dans la mémoire du public, qui se passe et se repasse cet opus de 2001 en espérant en attirer un nouveau, sort en 2005 un live
résumant la dernière tournée du groupe en 2002.

Ce double album se présente dans un luxueux coffret, contenant également un livret de photos de scènes superbes.

1. Si rien ne bouge 7'46
2. Septembre en attendant 5'19
3. One Trip/One Noise 8'26
4. À l'envers à l'endroit 3'41
5. Les Écorchés 3'20
6. Le Grand Incendie 7'07
7. Le Fleuve 8'38
8. La Chaleur 3'44
9. Des armes 3'47
10. Ernestine 4'57
11. Tostaky 5'32
12. Lazy 7'30


1 Pyromane 5'12
2 À l'arrière des taxis 5'42
3 Lolita nie en bloc 3'57
4 L'Homme pressé 3'54
5 Des visages des figures 7'14
6 Bouquet de nerfs 3'55
7 Le vent nous portera 4'34
8 21st Century Schizoid Man 5'44
9 Ces gens-là 6'14
10 Comme elle vient 4'35
11 À ton étoile 6'20
12 Ce n'est pas moi qui clame 9'43


Jamais concert ne sera décliné de cette manière, comme une rencontre magique, un rêve un peu noir mais certainement un moment très privilégié. L'atmosphère qui règne dans ce live est palpable. la communion entre le groupe et son public est parfaite,on se sentirait presque dans la peau du gamin regardant par dessus la porte des toilettes des dames, tant cette intimité semble leur appartenir.
Ce concert commence comme quand on se réveille et s'étire d'un long sommeil. Polyphonies corses puis attaque
de la montagne par le sud, sommet éclatant puis face nord abrupte montrant la vacuité des combats quotidiens (Si Rien Ne Bouge). Il y aura aussi quelques moments de solitude suspendus (Septembre En Attendant) et des traductions latino de titres classiques (One Trip One Noise). Le contraste entre fébrilité du propos toujours
désabusé et musique presque naïve (A L'Envers A L'Endroit) est de mise avec Noir Désir.

Des bombes rock à faire exploser d'urgence (Les Ecorchés, La Chaleur, A L'Arrière Des Taxis, Comme Elle
Vient). Pas de "Bonjour" ou de "Merci" ou encore de "Ca va là-haut ?", Cantat ne communique pas.
On n'est pas au cirque.
Et puis si tout pouvait cramer dans un grand feu de joie, emportant au passage toutes nos icônes débiles les som-
mets de cauchemar ne seraient peut-être jamais atteint (Le Grand Incendie). Puis on parcoure des villes d'ici ou d'ailleurs, des villes qui charrient toujours le même spleen (Le Fleuve) et drainent le même langage. Celui du pessimisme aux couleurs de Noir Désir qui prend tout son effet dans les trémolos de l'harmonica ou le Parkinson
des violons. Quelques guest stars, Léo ou Jacques, prévisible en ce qui concerne le premier, presque évident pour
le second (Des Armes, Ces Gens-là). Déflagrations,(Tostaky), un riff à l'endroit, un riff à l'envers qui se dégonfle ensuite comme une chambre à air dénoncée par une fuite. Parfois, des moments attentionnés succèdent à l'urgence (Lazy) avec des chansons qui se répandent comme des plaies ouvertes. Noir Désir ne joue pas pour un public seul mais pour quelque chose de plus vaste.

Aux détours d'un sillon numérique rugissent des sirènes d'urgences obscures (Pyromane), puis des attentes interminables où les signes tracés en l'air essayent d'attirer enfin l'irréparable (Lolita Nie En Bloc). Le fracas peut
aussi quitter la scène et se transformer en calme qu'on perçoit après les grandes batailles, où le violon dissout des ondes chatoyantes sur des cercles concentriques arrangés par le trio guitare/basse/batterie, (Des Visages Des Figures). Un violoncelle d'ébène surgit à l'improviste, drapé dans des tentures noires et rouges,
(Bouquet De Nerfs), comme une frayeur qui s'éloigne. A la santé des promesses de vies passées, présentes et
futures (A Ton Etoile). Pour finir, une messe chamanique où plane l'ombre des Doors (Ce N'est Pas Moi Qui
Clame), et une idée qui s'impose comme une évidence:
On ne peut pas en rester là....
noir désir en public
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