_______________________[Métropolitain]______________________

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Nouba (1996)
Depuis 1982, quatorze albums et Kent n'a toujours pas droit à plus de 4 ou 5 lignes au travers de quelques sites
web spécialisés en chanson française. On peut qualifier aisément cet artiste de "confidentiel". Pourtant celui-ci n'a eu de cesse de nous étonner en remettant tout à plat à chaque tentative. Deux ans après Nouba (1996) et un an avant
cet album en collaboration avec Enzo Enzo "Enfin seuls !"(1999), Kent s'enfermait en studio avec Alain Gac, fondateur du label de Rennes "Rosebud" pour livrer un album expérimental, touchant plus vers la techno que vers la world music habituelle. Le public fût relativement désorienté par ce grand écart musical. Citons-le pour éclairer
cette position, bancale au dire de certains:

"J'ai eu envie de le faire, et je l'ai fait, c'est tout, contre l'avis de ma maison de disques au début. Barclay ne voyait
pas pourquoi j'allais nuire à mon image avec un disque pareil, d'autant plus qu'après j'ouvrais une parenthèse avec Enzo Enzo qui allait encore m'éloigner de mon actualité solo. Mais la vie d'un chanteur qui fait toujours les mêmes disques, c'est chiant. Je veux m'amuser. La musique offre des tas de possibilités, je travaille au quart des miennes,
j'ai envie que ça cesse."
.
Il fallait que ce soit dit.

Track-List:

1] Ton bonheur
2] Orang des villes
3] Qu'est-ce que c'est le monde ?
4] Rebelle nouveau
5] A.D.O
6] Laisse tomber la nuit
7] Métropolitain


Tout commence avec "Ton bonheur", grosse attaque techno voire rock industrielle. Après une longue introduction, Kent pose sa voix sur la rythmique bondissante et souffle un texte au mal être infini. Cette première chanson laisse planer la promesse d'une atmosphère citadine grise.

Plus rock "Orang des villes" abandonne les rythmiques technoïdes pour celles, plus rassurantes, du binaire.


Un texte encore une fois sombre qui revient sur les actes perpétrés par les intégristes de tous poils. "Qu'est-ce que c'est le monde ?" s'interroge Kent sur une rythmique électro chargée de lourdes basses, en collectant toutes les inepties et les attentes imbéciles de notre vie courante. Plutôt en retrait "Rebelle nouveau" aux paroles toujours socialement ancrées puis un titre flirtant avec le métal-indus, "A.D.O" à la rythmique trépidante et hachée menu.

"Laisse tomber la nuit" pulse au son de basses énormes dans un titre électro vert et orange. Ambiance de glace sur
le très beau "Métropolitain" qui fait arriver la nuit sur cet album, avec des claviers murmurants à l'identique du vent dans les arbres. Sur une très simple résonance de caisse claire, le titre s'achève en mourant.

On peut se dire à l'écoute de ce disque que Kent a eu raison de désobéir à son label.

Bonne impression et peut-être une expérience à renouveler ou à poursuivre.
metropolitain kent
metropolitain kent
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