______________________[Genesis - Mama]____________________

Autres chroniques:

Trespass (1970)
Nursery crime (1971)
Foxtrot (1972)
Selling england by the pound (1973)
Genesis live (1973)
The Lamb lies down on broadway (1974)
A trick of the tail (1976)
Wind and wuthering (1977)
Seconds out (1977)
And then there were three (1978)
Duke (1980)
Abacab (1981)
Three sides live (1982)
Invisible touch (1986)
We cant dance (1991)
The way we walk...the shorts (1992)
The way we walk...the longs (1993)
Calling all stations (1997)
1983. Que reste-t-il du rock progressif en 1983 ? D'anciens groupes qui ont transformés leur musique en un brouet pop plus ou moins indigeste (Yes), de nouveaux qui tente de percer dans ce style (Marillion) et des moitiés de
groupe qui tentent de survivre sur leur base comme Genesis avec ce disque sans titre à la pochette moche. On trou-
ve un peu de tout sur ce disque. Le meilleur côtoie le moins bien ou l'anecdotique. La production est assurée par Hugh Padgham. C'est à lui qu'on doit ce son étriqué et faiblard. Il produira aussi Invisible touch de la manière que
l'on sait. Le groupe a l'air de jouer dans un placard avec des moufles. C'est certainement exagéré mais çà donne néanmoins une idée du contenu de la rondelle qui débute avec le tube monstrueux ...Qui l'aurait été plus si la production n'avait pas été si mauvaise comme je crois l'avoir déjà dit.

1. "Mama" – 6:46
2. "That's All" – 4:23
3. "Home By The Sea" – 4:53
4. "Second Home By The Sea" – 6:21
5. "Illegal Alien" – 5:14
6. "Taking It All Too Hard" – 3:56
7. "Just A Job To Do" – 4:45
8. "Silver Rainbow" – 4:28
9. "It's Gonna Get Better" – 4:59


Genesis ..."Mama".
Ou LE morceau de Genesis (sans Peter....). Une boucle de percus un rien sinistre, des synthés entêtants, la voix murmurée de Phil Collins. L'ensemble prendra un aspect monumental au milieu du titre, la batterie rentre en cas-
cade au détour d'un refrain en renversant tout sur son passage, permettant à Phil Collins de se déchirer la voix sur
une mélodie noire et nocive. Ce titre est une vraie merveille de bijou...pop ? progressive? Progressive peut-être.

Difficile de passer à autre chose, même si cette chanson a été diffusée et reste encore dans la play-list de la plupart
des radios, elle reste une des plus belles compositions de Genesis troisième mouture (sans Peter et sans Steve...).

"That's all" (titre prophétique?) est calibré FM et reste un des gros tubes de Genesis, repris généreusement en live. Rien à dire de plus sur ce titre qui sonne plus Phil Collins que Genesis. "Home by the sea" et "Second home by the sea" est en fait un seul et même titre construit sur la formule de "Domino". Une chanson qui dérive vers un paysage instrumental pendant quelques minutes pour revenir sur le thème initial. Ces onze minutes de musique sont très agréables pour quiconque aime les larges espaces sonores et colorés. La première face, du temps du vinyl, clô-
turait sur ce titre.

L'album devrait, aurait dû, s'arrêter là.

Car ce qui va suivre n'est pas ce dont Genesis peut être le plus fier.
"Illegal alien" repris aussi en concert est certes une chanson sympa mais n'a rien de transcendant.

Un titre comme Phil Collins en a fait des dizaines. Elle sera néanmoins un tube régulièrement diffusé en radio.
"Taking it all to hard" nous endort un peu plus sur nos lauriers variétés avant un sursaut qui est somme toute le bienvenu, "Just a job to do" est une petite pépite pop de nature à faire taper des mains avec le refrain accrocheur
qui va bien, bref, une petite surprise au milieu d'autres morceaux beaucoup plus anecdotiques. "Silver rainbow",
avec son intro de synthé et de percus liquides aurait pû être un bon titre, si ce n'est qu'il ne décolle pas d'une
seconde. La fin du disque se profile avec "It's gonna get better" qui ne parviendra pas à sauver les meubles de
cette deuxième face. Le titre est ennuyeux au possible. L'inspiration n'est pas au rendez-vous.

Cet album n'a pas été pris dans la vague de remastérisation de la discographie de Genesis. Dommage.
Un autre son aurait permis peut-être à certains morceaux d'être plus ciselés et moins ennuyeux. L'univers musical abordé dans ce disque n'est pas celui de Genesis mais de Phil Collins tout seul.

Une première partie intéressante mais une deuxième que même Tony Banks a qualifié de ce que "Genesis a fait de moins bien". Il faudra attendre We cant dance en 1991 pour que Genesis redécolle quelque peu.
mama genesis
mama genesis
mama genesis