______________________[Love On The Beat]___________________

Autres chroniques:

L'homme à tête de chou (1976)
Casino de Paris (1986)
Période riche pour Serge Gainsbourg plongé la tête la première dans son ère "Gainsbarre". Quelques petits
scandales comme un billet de 500 balles cramé à la TV, une empoignade avec la pauvre Catherine Ringer à qui il reproche ses errances cinématographiques passées, et un rentre-dedans plutôt vulgaire adressé à une Whitney
Huston médusée, devant un Drucker paralisé qui perd ses moyens. Gainsbourg en rajoute une couche dans la
provoc, tant et si bien que ses apparitions télévisuelles peuvent laisser présager du tout au grand n'importe quoi.

C'est d'ailleurs pour cela qu'il sera invité sur les plateaux de télé à de nombreuses reprises en 1984, notamment
pour la sortie de "Love on the beat" où il pose dans une attitude androgyne à la Bowie.

On est loin des textes forts de L'homme à tête de chou (1976) ou de quelque concept que ce soit. Ici, il s'agit de
faire bouger les choses à coups d'electro funk torrides branchés au dessous de la ceinture. Cet opus là sera pour-
tant un franc succès, dégageant de lui-même 5 singles sur huit titres proposés:

1. Love On The Beat
2. Sorry Angel
3. Hmm Hmm Hmm
4. Kiss Me Hardy
5. No Comment
6. I'm The Boy
7. Harley David Son Of A Bitch
8. Lemon Incest


Comment vous parler de ces huit titres et surtout comment vous les faire découvrir alors que six d'entre eux sont au choix, des tubes ou déjà des classiques. Ainsi, "Love On The Beat" et son petit cousin "No Comment" font vibrer
un electro-funk aux paroles salaces. La guitare poisseuse, les percussions électroniques et le saxo dégoulinant contribuent à l'atmosphère de sueur de dance-floor. Intéressons-nous aux titres qui connurent une seconde vie sur scène, "I'm The Boy" et "Harley David Son Of A Bitch".

Le premier déploiera des ailes jusqu'ici repliées dans une version studio juste un peu bridée, et le second se trou-
vera accéléré pour accéder à un tempo proche du rock rapide. "Sorry Angel" à la jolie mélodie, et un Serge Gainsbourg proche de l'extase. Au rayon moyen figure le donc, très moyen "Hmm Hmm Hmm", paroles en à peu
près et jeux de mots approximatifs. Chanson trop française à mon goût, qui de toute façon ne passera pas la bar-
rière de ce disque et y restera enfermé pour notre plus grand bonheur.

"Kiss Me Hardy" se révèle méconnu mais intéressant, funk calme et luxueux, évoquant les riches heures de Lionel Ritchie et sa musique de cocktail. Le plus sulfureux, en tous cas celui qui fit couler un maximum d'encre, "Lemon Incest" où Charlotte chante en duo avec papa, d'une voix imprécise qui part en sucette sur les aigus. Serge Gainsbourg se défendra bec et ongle en arguant d'une phrase de la chanson: "L'amour que nous ne feront jamais ensemble..." mais rien n'y fit, et la grande moitié du peuple de Gaule considéra depuis le Gainsbarre comme un gros dégueulasse.

Un disque qui restera sans doute le plus connu de Gainsbourg, multipliant les singles (5 tout de même sur 8 titres) et installant définitivement le mythe Gainsbarre qui ne décollera plus de la personnalité de Serge, et ceci jusqu'à la fin.
love on the beat serge gainsbourg
love on the beat serge gainsbourg
love on the beat serge gainsbourg