____________________[Les Risques Du Métier]__________________
Il est de ces artistes comme Benabar qui ne font pas trop de bruit.
Que l'on trouvera peut-être trop complaisant ou trop lisse.
Pour se rendre compte de la valeur des gens il faut examiner leur travail et se faire sa propre idée.
Track-list:
1] Monospace
2] Dis-lui oui
3] Paresseuse
4] Je suis de celles
5] Vade retro téléphone
6] L'itinéraire
7] Sac à main
8] La station Mir
9] La coquette
10] Les mots d'amour
11] Monsieur René
12] Le zoo de Vincennes
Après quelques rapides passages chez Nagui, dans le Taratata de fin de semaine, au détour de duos improbables,
qui m'ont permis de voir le type en live, j'en étais resté, au vu des extraits proposés, que Benabar, dont le vrai nom
est Bruno Nicolini, Benabar étant le verlan de Barnabé, surnom qu'il lui fut donné par un ami, était habité par une force festive qui donnait lieu à quelques chansons dans un registre populaire et sagement philosophique. Bien moins BCBG que Delerm, je me sentais plus proche des souvenirs de vie de Benabar que des petits soucis de gauche
caviar à la Delerm et des rimes Thalassa/Opel Vectra qui font ressembler ses chansons à un extrait de l'annuaire
côté pages jaunes.
Je me penchais donc sur ce troisième album, "Les risques du métier" sorti en 2003. Tour à tour touchantes, drôles, certaines risquent de s'insinuer et de rester collées, comme un post-it. "Monospace" où il se projette en futur père
de famille, promenant poussette avec pull à col roulé sur les épaules, "Dis-lui oui" avec une supplique à Muriel pour qu'elle reprenne son mec qui squatte à la maison. Petits films où la vie est découpée en tranche. Après le plus ano-
din "Paresseuse" petit hymne à la nonchalance, Benabar nous offre l'une des deux pépites qui font briller cet album.
"Je suis de celles" conte les souvenirs d'une fille.
Celle qui est la copine de la jolie, celle qu'on ne regarde pas mais qui peut accessoirement être le brouillon des histoires futures. Benabar met toute sa sensibilité dans ce texte, donnant un contour masculin à des pensées fémi-
nines. "Vade retro téléphone" avec l'éternelle problématique: comment dire à une fille qu'on veut la revoir sans pa-
raitre trop empressé. "L'itinéraire" raconte l'histoire d'une virée entre potes, se perdant sur la route.
Amitié.
Les tranches de vie continuent de fleurir sous la plume de celui qu'on appelle maintenant l'ami Benabar. Incursion
dans le privé d'un sac de fille, "Sac à main" avec une révélation finale inattendue puis les réflexions d'un astronaute dans "La station Mir". Celles-ci aboutissent à la conclusion que tout ceci est un lamentable gâchis et que l'argent investit dans la conquête de l'espace aurait pû être employé à des fins plus humanistes.
"La coquette" ou une certaine idée de la vieillesse, puis "Les mots d'amour" où la poésie se niche dans un mot collé
sur le frigo avec un magnet. Seconde perle rare "Monsieur René" dans un calme discret raconte un pot de départ
à la retraite. Nostalgie et l'inexorable temps qui passe.
Fin triste et quasiment funèbre avec "Le zoo de Vincennes".
Vision réaliste et décadente de la savane au milieu de la grisaille parisienne.
Benabar sait raconter des histoires.
Certaines vous parleront, puis d'autres non. Mais il est certain que quelques-unes toucheront votre sensibilité.
Un album à effeuiller comme un livre d'images, mélange de couleurs et de noir et blanc.
Track-list:
1] Monospace
2] Dis-lui oui
3] Paresseuse
4] Je suis de celles
5] Vade retro téléphone
6] L'itinéraire
7] Sac à main
8] La station Mir
9] La coquette
10] Les mots d'amour
11] Monsieur René
12] Le zoo de Vincennes
Après quelques rapides passages chez Nagui, dans le Taratata de fin de semaine, au détour de duos improbables,
qui m'ont permis de voir le type en live, j'en étais resté, au vu des extraits proposés, que Benabar, dont le vrai nom
est Bruno Nicolini, Benabar étant le verlan de Barnabé, surnom qu'il lui fut donné par un ami, était habité par une force festive qui donnait lieu à quelques chansons dans un registre populaire et sagement philosophique. Bien moins BCBG que Delerm, je me sentais plus proche des souvenirs de vie de Benabar que des petits soucis de gauche
caviar à la Delerm et des rimes Thalassa/Opel Vectra qui font ressembler ses chansons à un extrait de l'annuaire
côté pages jaunes.
Je me penchais donc sur ce troisième album, "Les risques du métier" sorti en 2003. Tour à tour touchantes, drôles, certaines risquent de s'insinuer et de rester collées, comme un post-it. "Monospace" où il se projette en futur père
de famille, promenant poussette avec pull à col roulé sur les épaules, "Dis-lui oui" avec une supplique à Muriel pour qu'elle reprenne son mec qui squatte à la maison. Petits films où la vie est découpée en tranche. Après le plus ano-
din "Paresseuse" petit hymne à la nonchalance, Benabar nous offre l'une des deux pépites qui font briller cet album.
"Je suis de celles" conte les souvenirs d'une fille.
Celle qui est la copine de la jolie, celle qu'on ne regarde pas mais qui peut accessoirement être le brouillon des histoires futures. Benabar met toute sa sensibilité dans ce texte, donnant un contour masculin à des pensées fémi-
nines. "Vade retro téléphone" avec l'éternelle problématique: comment dire à une fille qu'on veut la revoir sans pa-
raitre trop empressé. "L'itinéraire" raconte l'histoire d'une virée entre potes, se perdant sur la route.
Amitié.
Les tranches de vie continuent de fleurir sous la plume de celui qu'on appelle maintenant l'ami Benabar. Incursion
dans le privé d'un sac de fille, "Sac à main" avec une révélation finale inattendue puis les réflexions d'un astronaute dans "La station Mir". Celles-ci aboutissent à la conclusion que tout ceci est un lamentable gâchis et que l'argent investit dans la conquête de l'espace aurait pû être employé à des fins plus humanistes.
"La coquette" ou une certaine idée de la vieillesse, puis "Les mots d'amour" où la poésie se niche dans un mot collé
sur le frigo avec un magnet. Seconde perle rare "Monsieur René" dans un calme discret raconte un pot de départ
à la retraite. Nostalgie et l'inexorable temps qui passe.
Fin triste et quasiment funèbre avec "Le zoo de Vincennes".
Vision réaliste et décadente de la savane au milieu de la grisaille parisienne.
Benabar sait raconter des histoires.
Certaines vous parleront, puis d'autres non. Mais il est certain que quelques-unes toucheront votre sensibilité.
Un album à effeuiller comme un livre d'images, mélange de couleurs et de noir et blanc.





