_____________________[Le Festin De Juliette]___________________

Autres chroniques:

Que tal (1991)
Rimes féminines (1996)
Deux pianos (1998)
Assassins sans couteaux (1998)
Mutatis mutandis (2005)
Bijoux et babioles (2008)
No Parano (2011)
Voici l'album avec lequel j'ai eu l'insigne honneur de connaitre la dame en noir de Toulouse. "Le festin de Juliette"
sort en 2004 et est déjà le quatrième album de cette artiste qui à l'époque, marquait un arrêt puis un virage dans sa production musicale. Terminés les albums en concert seule au piano, entrainant un public au son de cette voix qui
fait frémir la brique rose de la ville de la même couleur. L'heure n'est plus à l'intimisme mais à l'orchestration et la composition riche et passionnée. Une première aussi pour Juliette, elle signe chez Polydor et entre pleinement dans
la lumière avec une distribution plus large de l'oeuvre. Ce qui ne change pas, c'est l'investissement personnel de
Juliette dans l'élaboration de ce nouveau disque où elle écrit tout elle-même, en s'adjoignant parfois le concours
d'amis de toujours. Le résultat est un fabuleux album, aux chansons variées qui étudient chacune différents aspects
de la musique, du jazz au reggae, en passant par différents rythmes latino.

1) L'éternel féminin
2) Impatience
3) Garçon manqué
4) Retour à la nature
5) Mode d'emploi
6) Il n'est pas de plaisir superflu
7) La paresse
8) Tous les morts sont ivres
9) Un ragga abscons
10) Le dernier mot
11) Le festin de Juliette


Evocation du diable qui se cache en chaque femme sur "L'éternel féminin" et déjà une Juliette virulente qui ne mâche pas ses mots. La suite est beaucoup plus romantique avec le très doux et beau "Impatience" qui raconte les instants précédents un cinq à sept. Brossage d'un tableau plein d'envie sur "Garçon manqué" où une petite fille rêve à des jouets de garçon. Ce tango lent-là fait ondoyer des vagues de braises rouges sur la rivière imaginaire de la petite
fille qui joue dans le couloir. "Retour à la nature" fête la vente de produits bios sur Internet, mais il faut aussi se
battre pour faire accepter ses idées, le retour au vrai est parfois semé d'embûches.

Comment trouver une dizaine de synonymes de "notice" ou de "fiche technique", c'est là tout le propos de "Mode d'emploi". Le beau, le bon est attendu sur "Il n'est pas de plaisir superflu" long et joli morceau au lyrisme doux, qui
fait le tour de personnages célèbres, de Jeanne d'Arc à Jésus. Hymne à la fainéantise sur "La paresse" puis une
chanson au texte macabre et gris "Tous les morts sont ivres" qui plombent carrément l'ambiance. "Un ragga
abscons" est une collection de mots trouvés dans le dico par Juliette et Bernard Joyet, co-auteur, mots qui sont de parfaits inconnus pour le commun des mortels d'où l'appellation.

En parlant de mot, quel est celui que vous choisirez de prononcer avant votre dernier soupir ? C'est la question que pose "Le dernier mot" et qui conclue que plutôt que de dire n'importe quoi, il vaut encore mieux la fermer. Final en dessert avec un retour au lyrisme noir sur "Le festin de Juliette". Voici un album véritablement varié de la dame Juliette.

L'orchestration ne trahit pas les désirs de la Toulousaine et garde l'esprit des précédents albums en l'enrichissant.
Un disque parfaitement réussi.
le festin de juliette
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