____________________[Best Of Léo Ferré]______________________

Comment présenter un artiste majeur de la scène musicale française de la dimension de Léo Ferré ? Comment résumer une carrière si prolifique et diverse, orchestrée par la voix de plus de quarante albums ? Auteur-compo-
siteur-interprète, Léo Ferré naquit en 1916 un 24 Août et disparu en 1993, le jour de la Fête Nationale française.

Quelle ironie du sort quand on connait le degré anarchiste de l'homme... Il vécut aux quatre coins du monde, entre Toscane et Bretagne, entre Monaco et Paris. Le modeste disque d'or qui suit se propose de faire un (rapide!!) tour de la carrière de Léo Ferré en déployant une douzaine de chansons sur quinze ans de compositions.

1) Les poètes (1960) 2'49
2) Thank you Satan (1961) 4'50
3) Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (1961)3'31
4) Vingt ans (1965) 2'28
5) Ils ont voté (1967)2'11
6) Quartier latin (1967) 3'53
7) C'est extra (1969)3'44
8) A saint-Germain des prés (1969) 3'17
9) La mémoire et la mer (1970) 5'24
10) La solitude (1971) 5'19
11) Avec le temps (1971) 4'23
12) L'espoir (1974) 6'17


"Les poètes" et un hommage aux faiseurs de quatrains à dix sous comme le dit l'un d'entre eux. "Thank you Satan", que reprendra Dionysos sur son album live Whatever the weather où l'on entend "dans un monde où les muselières
ne sont pas faites pour les chiens"
puis "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" avec ou sans amour. "Vingt ans" immobilise le temps, celui de l'insouciance quand on n'a pour toujours bagage que sa "gueule" et un pamphlet à
l'acide corrosif, où le vieil anarcho vitupère le peuple français votant, "Ils ont voté" et puis après?....

Visite du "Quartier latin" et souvenirs souvent amers. "C'est extra" est le tube de Léo Ferré, celui dont tout le
monde se souvient. La musique, dans la mouvance de la pop des années 70, fait sonner une basse qui ressemble à celle utilisée sur "L'aigle noir" de Barbara. Retour à Paris et jazz obligé sur "A saint-Germain des prés", une chanson parsemée d'écume, "La mémoire et la mer" où l'on se retrouve pris au milieu des flots déchainés sous un ciel rouge.
Accompagné du groupe Zoo, Léo Ferré déroule un texte très fermé sur "La solitude", glaçant de modernisme, puis enfin, la récompense, la plus belle chanson du monde: "Avec le temps", triste constat inavouable et terriblement réaliste.

Grandiose et épique, "L'espoir" sur fond de guerre d'Espagne, fait tonner des cuivres et des cordes en orage, qui s'éloigne, avant que n'arrive la pluie...

Un voyage au pays du texte magnifique et de la musique composée avec ardeur.
De toute façon, il est trop tard.
Léo vous a ferré.
Vous êtes à lui.
léo ferré
léo ferré
léo ferré