________________________[Jours Etranges]___________________

Né au cours de l'été 1977, Damien Saez passera une partie de sa petite enfance à Marseille puis à Dijon à l'âge de
8 ans, où il intègre le Conservatoire. Neuf ans plus tard, diplôme en poche, le jeune homme part à l'aventure musi-
cale en jouant dans des groupes de reprises. Mais interpréter les titres des autres le lasse vite et vers 1995 il veut
faire connaitre ses propres compositions. Il faudra attendre tout de même 1999 pour qu'une maison de disque s'intéresse à ses écrits et le signe. Le premier opus "Jours étranges" parait donc cette même année et cartonne d'en-
trée avec le single "Jeune et con". L'album quant à lui est double disque d'or, le tout assorti d'une Victoire de la musique en 2001 dans la catégorie "Révélations".

1. Jeune et con 3'52
2. Sauver cette étoile 5'02
3. Jours étranges 5'19
4. J'veux m'en aller 6'24
5. Hallelujah 4'09
6. Crépuscule 5'09
7. Soleil 2000 5'12
8. Amandine II 3'31
9. Rock'n'roll star 3'53
10. My funny Valentine 4'21
11. Montée là-haut 6'06
12. Petit prince 3'04


Artiste très controversé, Saez ne recueille pas que des éloges. Son timbre de voix à la Raphaël et sa diction approximative a de quoi rebuter et les textes plutôt "rebelle" archi entendus et rabâchés peuvent s'avérer un peu
faciles à la première écoute. Pourtant il se dégage de l'ensemble quelque chose de charmant, d'envoûtant dans le
choix des ambiances et les alternances de climats. L'adolescent en colère qui sommeille encore chez Saez (qui a
donc 22 ans à la sortie du disque) est quelque peu roulé dans la farine par la profession qui voit là des thèmes (la jeunesse, la politique, le star-system, les inégalités en tous genres...), abordés avec un manque de maturité assez flagrante. Mais qu'importe. Le jeune homme semble avoir déjà cultivé des terres musicales différentes qui nous
feront passer par plusieurs états.
"Jeune et con" le single et tube du disque donne le ton et les couleurs de l'univers du jeune artiste. Paroles désa-
busées sur la passivité de la jeunesse d'aujourd'hui, puis dans plus ou moins le même esprit "Sauver cette étoile".
Pour la musique c'est de la pop à guitares survolés par des claviers légers qui prennent souvent leurs effets en fin de titre afin de faire le lien avec le suivant. "Jours étranges" tisse une mélodie fragile, ténue, puis éclate en prisme avec
une guitare qui s'écrase sur des accords d'orgue Hammond. "J'veux m'en aller", rock lancinant ébouriffé par une guitare à l'épaisse chevelure est plutôt bien tourné avec une fin en suspension liquide. Puis deux titres à l'atmosphère suave "Hallelujah" et "Crépuscule", deux très bons moments avec une mention spéciale pour le second titre d'une intensité dramatique poignante.
Retour à quelque chose de plus léger "Soleil 2000" puis l'électro sautillant "Amandine II" avant de coller les doigts dans la prise pour "Rock'n'roll star", chanson ironique sur le star-system et la prise de melon.
Piano jazz pour "My funny Valentine" moment tendu de velours rouge puis c'est le superbe "Montée là-haut" à la mélodie réellement sensible qui touche au but. On peut railler les textes parfois naïfs mais ce morceau a vraiment quelque chose d'unique et de précieux. "Petit prince", aérien et bleuté referme doucement ce livre d'images.
Un disque qu'on a sans doute décrié à tort et pas assez écouté en profondeur car il recèle de vraies perles qui
méritent amplement le détour.
Il y a aussi quelques erreurs de jeunesse et certains moments un peu faciles/juvéniles mais l'ensemble est plus que prometteur.
Saez se rappellera sans doute un jour ou l’autre à votre bon souvenir.
jours étranges saez
jours étranges saez
jours étranges saez