_________________________[Je Dis Aime]______________________

Inutile de présenter M, notre Frank Zappa hexagonal, musicien poly-instrumentiste, compositeur, arrangeur, interprète. Depuis cet album "Je dis aime", son second en 1999, Matthieu Chedid a largement réussi à se faire un prénom. Géniale combinaison de Louis Chedid, artiste en retrait, et de la grand-mère de M, Andrée Chédid, poète
et écrivain qui collabora d'ailleurs à quelques titres du répertoire de Matthieu. "Je dis aime" permet de rentrer directement en collision avec l'univers de ce touche-à-tout de génie, omniprésent partout là où il se passe quelque chose de musical. Cet album obtint une Victoire de la Musique de l'interprète Masculin.
15 titres dont une reprise du tube de Cure "Close to me".

1.Monde virtuel
2.Je dis aime
3.Onde sensuelle
4.A celle qui dure
5.Faut oublier
6.Le Festival de connes
7.Le Mec hamac
8.Close to Me
9.Emilie 1000 Volts
10.Qui est le plus fragile
11.Le Complexe du corn flakes
12.Au lieu du crime
13.Bonoboo
14.Le Commun des motels
15.Mama Sam


Les multiples talents de M lui permettent de tenir à peu près tous les instruments en studio mais citons néanmoins quelques collaborations comme celles de Vincent Ségal (basse et violoncelle), Ciryl Atef (batterie et percussions) et DJ Shalom (samples). "Monde virtuel" est une bonne définition de l'univers de M. Sucré mais blues, un brin rock
mais léger, ce premier titre est suivi du tube dont les paroles sont à attribuer à mamie Chédid (Andrée Chédid), "Je
dis aime" où son petit-fils fait montre d'un professionnalisme rare en compilant dans cette chanson de moins de
quatre minutes, tous les bons tics de la pop/rock des vingt dernières années. "Onde sensuelle" joue du minimalisme
sur un ensemble guitare/basse/batterie/choeurs et "A celle qui dure" qui redéfinit le disco-funk, violons compris,
dans un univers psychédélique et susurrant.
"Faut oublier" joue sur une guitare en son clair, traversé parfois de contrepoints électriques, éclairé en pleine face
par la voix de M, suspendue juste au-dessus du micro. "Le Festival de connes" puis un délire complètement
assumé par l’artiste, "Le Mec hamac" qui soulève un pan du voile cachant son univers déjanté.
Si d'autres contemporains de M jouent la carte du consensuel en pondant des titres à la portée du premier péquin,
M, sans être élitiste tisse des tableaux complexes où des types surfent sur des hamacs. Belle reprise de Cure,
"Close to Me" où le texte est remis en français et une chanson qui va comme un gant à Mathieu. "Emilie 1000
Volts" crée un univers à nouveau délirant, en mettant en scène des personnages haut en couleurs. "Qui est le plus fragile" plus en retrait, puis seulement le meilleur morceau du disque, "Le Complexe du corn flakes", pop et funk,
avec une voix qui grimpe allègrement dans les aigus. "Au lieu du crime" puis à nouveau un texte écrit par Andrée Chedid et mis en musique par le petit, "Bonoboo" que l'on entendra souvent sur les ondes.
Instrumental linéaire sur "Le Commun des motels" puis un zeste d'Afrique avec "Mama Sam" qui, sous ses airs débonnaires et futiles aborde le problème du Sida sur ce continent. Deuxième album et second essai transformé,
M se fait plus qu'un prénom, une initiale qu'on reconnait maintenant à la première note de musique de ce touche-à-
tout talentueux.
M est chaleureux, authentique, et ne sacrifie à aucune mode.
Ce qui le rend définitivement si spécial.
je dis aime M
je dis aime M
je dis aime M