_________________________[In Rock]__________________________

Pour la bonne, simple et unique raison que cet album est tout simplement incontournable, et fait partie de ces
rondelles de légende sans lesquelles le hard-rock et tout ses courants dérivés n'existeraient pas, vous DEVEZ posséder "In rock" de Deep purple.
Quatrième album du groupe, et, où pour la première fois, la meilleur formation de Deep purple officiait, libre de
toute comparaison. Il faut dire que les trois premiers Deep purple ne montraient pas de signes de férocité extérieure alors que ce brûlot-là est tout simplement terrifiant de puissance. En 1970 le caractère de merde de Ritchie Blackmore sert pour une fois à quelque chose. Sentant le vent tourner et un potentiel à exploiter, il vire le bassiste Nick Simper et le chanteur Rod Evans et les remplace par Roger Glover et Ian Gillan. Ce changement de
personnel verra aussi un changement de direction musicale, la poudre est prête à parler... Production énorme, solis
de dingue sur chaque instrument, voix déchirée par des hauteurs incroyables, où l'on n'a jamais vu un chanteur
monté si haut dans les aigus, technique au point et musiciens hors pair. Les anciens vous le diront, à l'écoute de
cette galette de l'été 1970 ils ne s'en sont jamais remis....
En 1995, l'album ressort pour ses 25 ans d'existence et passe de sept morceaux originaux à 19 plages. C'est ainsi
que nous aurons droit à des versions remixées de certains titres de l'album original, ainsi que deux versions de
"Black night". En plus de çà, un inédit "Cry Free" et un boeuf en studio sans titre.
Entre chaque bonus, un "studio chat" où l'on entend les musiciens parlés.

1. Speed king
2. Bloodsucker
3. Child in time
4. Flight of the rat
5. Into the fire
6. Living wreck
7. Hard lovin' man
8. Black night
9. Studio chat
10. Speed king (piano version)
11. Studio chat
12. Cry free
13. Studio chat
14. Jam stew
15. Studio chat
16. Flight of the rat (remix)
17. Studio chat
18. Speed king (remix)
19. Studio chat
20. Black night (remix)










Décollage avec "Speed king". Introduction nucléaire avec une fournaise d'instruments enchevêtrés puis un doux passage d'orgue Hammond pour rappeler l'ancien Deep purple, celui qui inclut de belles parties classiques dans des titres de pop fleurie. Mais la pop a disparu faisant place à une musique rageuse et hors du commun qui laisse les autres titres dans les starting-blocks. Ce titre est une vraie tuerie et n'a rien perdu de sa puissance près de quarante années après. Harmonie des rythmes et solos qui se repassent les plats plusieurs fois avec "Bloodsucker". Ce vampire-là a du potentiel. Monument à la gloire de l'enfant qui nait et inspiré par l'histoire de la soeur de Gillan:
"Child in time".

Texte court et titre en deux parties pour plus de dix minutes avec un solo de Blackmore typiquement interminable
sur la première. Lyrique et rock, un des fleurons du répertoire du Pourpre Profond. Le chant de Gillan restera un modèle de puissance quasiment jamais atteint, où les chanteurs de tout poils se seront cassés les cordes vocales en essayant de monter aussi haut. Hard-rock puissant aiguisé comme une lame de rasoir, "Flight of the rat" posera les bases d'innombrables titres futurs. Etiré sur presque huit minutes, la chanson évolue entre solo et chant maitrisé, se perd, se vautre en bordel, roule sur lui-même et retrouve les rails. On notera les roulements d'une vitesse
étourdissante sur la caisse claire avec rétablissement sur les cymbales.

Lourd et gras "Into the fire", surchauffé et compressé, délivre un rock carré, puissant comme des bras de lutteur.
La voix de Gillan s'éraille également pour coller au grain de la sonorité orgue/guitare. La batterie surgit de loin sur "Living wreck" s'emmêle les pinceaux puis prend le chemin d'un hard-rock gras et bluesy. Les solos de guitare et clavier se répartissent comme ils peuvent sur ce titre tout en rythmique et en breaks.

"Hard lovin' man" était en 1970, le dernier titre de l'album. Amorcé sur une rythmique à contretemps avec un
clavier rugissant d'un éclat métallique. Le final s'interrompt dans une foulée pendant que la guitare, partie en roue
libre continue à délirer de manière psychotique, notes tordues et bleutées métal dans un psychédélisme lisse.
Version original de "Black night" où l'on se rend compte que le son a beaucoup vieilli, celui du clavier se
rapprochant des couinements de "Fireball".

Néanmoins le tube reste imparable et réveille de vieux souvenirs de gosses. Passons rapidement sur les petits intermèdes "Studio chat" d'une durée comprise en 20 et 40 secondes qui permettent d'entendre quelques
démarrages de morceaux avortés et des rires qui fusent quand un pain surgit au détour d'un accord.
"Speed king" en version piano c'est la remise de la guitare au placard et une chanson tout claviers.
Du coup Jon Lord est aux anges et en profite pour donner une couleur jazzy à l'ensemble.

Deux inédits : "Cry free" au son un peu brouillon mais du meilleur effet speed et un boeuf tapé à toute vitesse
façon rythm'blues "Jam stew". Excepté le remix de "Black night" qui permet d'éclaircir le titre et de le rendre plus persuasif en l'allongeant, les remix de "Flight of the rat" et "Speed king" ne permettent pas de faire la différence
avec les originaux.

Bilan positif et un disque qu'il vous faut de toute façon, le hard-rock et le heavy-metal qui suivirent ayant pris leur source dans ces brûlots.

Il faut simplement se mettre dans la tête qu'il s'agit d'un des meilleur album de hard-rock de tous les temps.
Autres chroniques:
Fireball (1971)
Machine head (1972)
Made in Japan (1972)
Who do we think we are (1973)
Burn (1974)
Stormbringer (1974)
Made in europe (1976)
Perfect strangers (1984)
deep purple child in time
deep purple child in time
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