___________________[In No Sense Non Sense]___________________

Formé à Londres au début des années 80, Art of Noise est un collectif musical plus qu'un groupe qui prit le train de
la new-wave en marche. Leur musique, bien souvent instrumentale est constituée d'habiles collages musicaux, géné-
rés par des "samplers" à l'époque tout nouveau. On retrouve dans ce groupe Trevor Horn, producteur et musicien touche-à-tout qui fut pendant quelques temps l'organe vocal de Yes et instigateur de l'éphémère Buggles avec leur
hit "Video killed the radio star". Quatre autres personnes graviteront autour du projet Art of Noise:
Paul Morley, journaliste de son état et trois musiciens Anne Dudley, Gary Langan et J.J. Jeczalik. Tous les ans à
partir de 1983, Art of Noise sortira un disque de cette musique mi-dansante, mi-expérimentale, à la frontière de la new-wave et de l'électro. En 1983 "Into Battle with the Art of Noise", "Who's Afraid of the Art of Noise?" (1984), "Daft" (1985), "In Visible Silence" (1986) puis l'album qui nous préoccupe aujourd'hui "In No Sense? Nonsense!"
en 1987. Le collectif sur ce disque est réduit à la portion congrue, les notes de pochettes ne faisant mention que de Anne Dudley et J.J. Jeczalik derrière les manettes et claviers.

1. Galleons of Stone 1:11
2. Dragnet 3:28
3. Fin du Temps 2:04
4. How Rapid? 0:52
5. Opus for Four 3:11
6. Debut 1:57
7. E.F.L. 5:24
8. A day to the Races 4:01
9. Ode to Don Jose 4:14
10. Counterpoint 0:57
11. Roundabout 727 0:45
12. Ransom on the Sand 1:17
13. Roller 1 3:30
14. Nothing was going to stop them then, anyway 0:45
15. Crusoe 3:55
16. One Earth 4:09

Intro avec un cuivre étouffé, frappé d'emphysème, comme les cris que pourrait pousser la Mantrisse sur Aldebaran (clin d'oeil aux fans de BD). "Dragnet" joyeux hymne jazz dance-floor reprend le cuivre du début et le démultiplie,
puis accélération du mouvement sur "Fin du Temps". Une petite pause le temps de réaccorder les instruments sur "How Rapid?" puis "Opus for Four" offre une belle nuit bleutée pour un titre jazzy. Bruits de portes, de pas préci-
pités, charnière qui grince. Cordes vibrantes et faux orchestre classique de violons sur "Debut" puis piano dansant
sur "E.F.L." musique de night club de luxe. Le titre s'arrête, repart et une main vient freiner le disque ralentissant progressivement le rythme jusqu'au néant. "A day to the Races" renouvelle le sentiment dance-floor du disque et divers collages sonores à la Laurie Anderson sur le lent et reposant "Ode to Don Jose".
Art of Noise fait les choses bien en alternant les périodes calmes et les ambiances cocktail autour de la piscine. Maintenant les choses vont se précipiter avec "Counterpoint", chorale céleste puis un remontage du mécanisme sur "Roundabout 727". Le temps d'une bouffée avec "Ransom on the Sand" puis c'est le rapide "Roller 1" qui déboule comme une musique de jeu vidéo.
"Nothing was going to stop them then, anyway" reprend le thème d'ouverture du disque puis bascule sur la musique d'ascenseur de "Crusoe". Douceur, glace qui fond au soleil et désir de vivre.
Dernier shout avec "One Earth" qui met au premier plan un Tarzan bavarois.
Un disque qui peut s'écouter en faisant autre chose.
Ces collages de samples donnent une musique bien plus digestible que celle de leurs homologues électroniques.
Des rythmes dansants côtoient des passages plus aériens et cet album varié réussit à capter l'attention sur plus de
42 minutes.
Et quand bien même les puristes diront que Art of Noise ne sont pas de vrais musiciens, se passer de leurs oeuvres serait se priver d'excellente musique.
in no sense non sense
in no sense non sense
in no sense non sense