____________________________[Horses]________________________

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Easter (1978)


J'ai connu Patti Smith en regardant un documentaire sur Arte il y a quelques années. Elle m'avait interpellé par sa
forte personnalité et l'atmosphère de légende qui pouvait l'entourer. Me renseignant un peu plus sur sa discographie, j'apprenais que "Horses" sorti en 1975 était son premier album et qu'il était suivi par une poignée d'autres,
notamment Easter paru en 1978 contenant le hit "Because the night", co-écrit avec le Boss, Bruce Springsteen.
Après une absence de plus de dix ans pendant laquelle Patti eut le temps de se marier avec l'ex-guitariste du Mc5, Fred "Sonic" Smith et de faire des enfants, elle revient en 1988 avec l'album "Dream of life". Elle se retirera à
nouveau presque dix ans de la scène musicale, sa carrière mise entre parenthèse suite au décès de son mari, puis
elle reprendra la musique en 1996 avec l'album "Gone again" puis "Peace and noise" l'année suivante. Des musiciens lui restèrent fidèles comme Lenny Kaye, le guitariste des débuts ou bien le batteur Jay Dee Daugherty. Avec cet album, Patti Smith sera considérée comme l'un des chefs de file du punk/rock new-yorkais.

Line up en 1975:

Patti Smith - Guitare, Chant
Lenny Kaye - Basse, Guitare, Chant
Ivan Kral - Guitare basse, Guitare, Clavier, Chant
Richard Sohl - Piano
Jay Dee Daugherty - Batterie

8 titres proposés sur ce premier disque pour une durée approximative de 45 minutes + un bonus rajouté lors de la réedition en CD, une reprise des Who, "My generation".

1] Gloria 5'53
2] Redondo Beach 3'24
3] Birdland 9'14
4] Free Money 3'50
5] Kimberly 4'25
6] Break It Up 4'00
7] Land 9'26:
a)Horses
b)Land Of A Thousand Dances
c)La Mer (De)

8] Elegie 2'41
9] My generation(bonus track) 3'16


Reprise d'un classique de Van Morisson "Gloria" met en forme sur presque six minutes la tendance punk/rock minimaliste que va développer le Patti Smith Group durant cet album. Le piano lance l'offensive en trébuchant sur deux accords mettant en place un thème qui sera récurrent tout au long de la chanson. Accéléré puis ralenti, minimaliste ou étoffé par le reste du groupe, "Gloria" s'étire au long d'un fil tendu de soie noire. Un improbable
reggae "Redondo Beach", plutôt coloré puis le très long et monotone "Birdland". Musique quelquefois minimaliste, quelquefois intense, mettant en lumière un texte débité comme une litanie, on imagine aisément que celà ait pû
séduire la communauté intello new-yorkaise de l'époque, comme avait pû le faire le Velvet Underground quelques années plus tôt.

"Free Money" qui démarre dans une ambiance pianistique calme, s'énerve et prend de l'ampleur jusqu'à devenir folk/rock. La chanson est plutôt sympathique et tranche un peu sur le reste en étant plus colorée et plus vivante. Pas vraiment digne d'intérêt, "Kimberly" puis à nouveau de la couleur "Break It Up" sans aucun doute le titre le plus
ancré dans son époque. Retour à la monotonie toujours imposé par deux accords au piano "Land" à priori découpé en trois parties que nous ne distinguerons pas au cours du morceau. Seconde pièce de plus de neuf minutes et construite de la même façon que "Birdland", "Land" permet à Patti de dire un long texte, d'une voix tour à tour calme ou hystérique, la musique s'enfle et décroit à la manière d'une vague et se retrouve même chuchotée dans un tiroir
aux deux tiers de la chanson, pour laisser la ou même les voix de Patti prendre toute sa dimension.

D'une mélancolie qui met presque mal à l'aise "Elegie", dite sur un piano noir de suie et une guitare fantomatique chuintante est une superbe chanson presque trop courte. La reprise "My generation" captée en live est surement l'unique titre punk du disque.

Un son pourrave, une batterie et une basse aigue en retrait, le morceau de The Who déjà furieux, se trouve réduit en compote punk. La fin est brouillon à souhait avec une Patti éructant des paroles incompréhensibles.

Un disque très contrasté avec des titres très abordables (Free Money, Break It Up, Elegie)et d'autres trop expérimentaux à mon goût.

Mais ayant fait émergé tout un courant à lui tout seul, cette rondelle mérite le respect.
horses patti smith
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