_____________[Juste avant un grand classique : Fireball]_________

Sorti en 1971, "Fireball" est le second album de Deep Purple dans sa formation reine. Le groupe a abandonné
depuis un moment les duos avec des orchestres philarmoniques et est plus préoccupé à faire épaissir un blues qui prendra le nom de hard-rock que de balancer des morceaux à rallonges en hommage à Mozart. Ce gros succès en terme de vente pour le Pourpre (n°1 en Angleterre) n'est pourtant pas resté dans les annales car quand on cite un disque de Deep Purple on pense très souvent à "In rock" en 1970 ou à celui de 1972 "Machine head" mais pas à celui qui se trouve juste au milieu chronologiquement. Quelques disparités sur le contenu du disque entre les Etats-Unis et le reste du monde, car la version américaine (et japonaise) contient le single "Strange King Of Woman" remplacé sur la version européenne par "Demon's Eye".

1) "Fireball" – 3:25
2) "No No No" – 6:54
3) "Demon's Eye" – 5:19
4) "Anyone's Daughter" – 4:43
5) "The Mule" – 5:23
6) "Fools" – 8:21
7) "No One Came" – 6:28


Court mais brûlant "Fireball", à la fois pop et hard, où toutes les forces vives d'un groupe hors norme sont déjà en présence. "No No No", plus bluesy, s'approche déjà trop près d'un soleil dans lequel Deep Purple implosera en 1973.

Les parties chorus de Blackmore et Lord sont mollassonnes et distillent un léger ennui. Blues noir et feu,
"Demon's Eye" en impose avec toujours deux chorus au kilo. On ne voit pas, pour le moment dans ces premiers
titres, quelque chose qui pourrait évoquer le futur "Machine head". Comme par exemple, "Anyone's Daughter",
sorte de british blues à la Fleetwood Mac période anglaise. "The Mule" s'envole dans des nuées psyché avant de revenir sur la dure loi de la guitare, dans des fondamentaux bon pour l'environnement. Cette chanson ne servira en concert que de tremplin à un long et pénible solo de batterie, occultant tout l'intérêt de ce titre qui est, de loin, l'un
des plus intéressants du disque sous cette forme-là.

"Fools" garde des ambiances psyché qui circulent entre des plages plutôt orientées hard-rock. Beau titre aussi,
avec un Deep Purple soignant sa composition, prodiguant des surprises à chaque portée. "No One Came" est
sans doute le morceau a garder dans l'oreille pour le reste de la journée. On imagine mieux après écoute pourquoi
il est placé en fin d'album. Excellent blues-rock tendu qui ne cède pas un pouce de terrain et sans un seul temps
mort.

L'année suivante, Deep Purple abandonnera complètement la face psyché des grands jours pour un blues endurci jusqu'au hard-rock le plus juste.
Au demeurant, ce "Fireball" mélange suffisamment de choses intéressantes pour capter l'attention et ne comptera
pas pour rien dans la discothèque du fan de Deep Purple.
Autres chroniques:
In rock (1970)
Machine head (1972)
Made in Japan (1972)
Who do we think we are (1973)
Burn (1974)
Stormbringer (1974)
Made in europe (1976)
Perfect strangers (1984)
fireball deep purple
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