______________________[The Downward Spiral]________________

Autres chroniques:

Pretty hate machine (1989)
Broken (1992)
Deuxième album d'un ou même du chef de file du métal-indus, Nine inch nails "The Downward Spiral", sorti en
1994 offre quatorze titres pour une durée de 65 minutes. Il sera enregistré dans la maison où Sharon Tate (la
première épouse de Roman Polanski) fut assassinée par les sbires de Charles Manson. Les chansons "Piggy" et "March of the pigs" font d'ailleurs référence à ce meurtre. Nine inch nails est le projet d'un seul homme: Trent
Reznor. Assemblant à partir de 1988 divers courant musicaux avec une utilisation massive des synthés, de boucles techno, et bien sûr de métal aux guitares hyper-saturées, Trent Reznor inventa ni plus ni moins un genre musical dans lequel allait s'engouffrer quelques groupes avides de différences et d'exploration.
L'un de ses représentants les plus connus restant Marilyn manson dont les disques sont produits par ...Trent Reznor.
La boucle est bouclée.

Track-List:

1] Mr Self-Destruct 4'30
2] Piggy 4'24
3] Heresy 3'54
4] March of the Pigs 2'58
5] Closer 6'13
6] Ruiner 4'58
7] The Becoming 5'31
8] I Do Not Want This 5'41
9] Big Man With a Gun 1'36
10] A Warm Place 3'22
11] Eraser 4'54
12] Reptile 6'51
13] The Downward Spiral 3'57
14] Hurt 6'13


En 1994, Trent Reznor ouvre son propre label (nothing) sur lequel sera signé Marilyn manson. "The Downward Spiral" est un concept-album où l'on suit la lente auto-destruction d'un homme jusqu'à son suicide final. Noir, vénéneux, furieux et desespéré, "The downward spiral" est un des albums les plus aboutis de Reznor. La richesse et l'étrangeté de certains titres font de cet album un OVNI qui sera rarement égalé. "Mr Self-Destruct" démarre sur
une boucle de percussions vertes et épineuses tournoyant en l'air comme mues par une force invisible. Puis la voix. Tantôt chuchotée, tantôt hurlée et mixée avec une forte saturation, couverte par des nappes métalliques de claviers
et de guitares en fusion. Au bord de l'abîme la musique s'arrête et c'est à peine si l'on entend en arrière-plan une
note ou deux de claviers éteints. La voix n'est plus qu'un murmure et soudain la violence reprend avant d'atterrir sur une boucle de synthé saturé qui n'en finira pas de tourner, seule, jusqu'au final. Plus en retrait "Piggy" qui baigne
dans une atmosphère plus recueillie puis deux lames de fond remontées à la surface pour "Heresy" métal-indus post-nucléaire puis encore plus rapide "March of the Pigs" avec un bouillonnement de synthés et de guitares en
hyper saturation sur un rythme technoïde qui pilonne et mitraille.
La voix hystérique de Reznor survole l'ensemble de cette bombe sonore qui couve. Celle-ci n'éclatera pas ou alors sous forme de bulle de savon dans un refrain cotonneux de piano à la gaze vaporeuse. L'univers du bonhomme n'appartient qu'à lui seul. Ressemblant à Depeche Mode période "Black celebration" avec "Closer" puis deux titres dans la même continuité "Ruiner" et "The Becoming" où l'électro prend majoritairement la place. Retour à la frange dure du metal indus "I Do Not Want This" puis un petit délire dansant à la MM pour "Big Man With a Gun".
Surprenant "A Warm Place" instrumental doux où l'ombre de Vangelis plane dans des effluves de très beaux claviers. Troublant et apaisant. La musique de Reznor est faite de çà: d'éclats de silences et de murmures retentissants. Suit "Eraser", semi-instrumental à l'intro particulièrement longue titre un peu long et linéaire. La noiceur de "Reptile" titre rampant joué sur un tempo moribond et le liquide "The Downward Spiral" track-title tendu de toiles d'araignées et
de lumières vertes. La fin se profile avec "Hurt" calme jusqu'à la déclaration finale de Reznor: "I will kill myself...".
Un bruit rectiligne d'ascenseur sans fin se fait entendre jusqu'à la rupture brutal du son, ferme et définitive.
Album étrange où le glauque le dispute au feu, le silence au vacarme.
La couleur jaune/verte de la pochette instaure le climat qui se trouve gravé sur le disque.
A écouter, ne serait-ce qu'une fois pour s'y accrocher ou définitivement détester.
the downward spiral nine inch nails
the downward spiral nine inch nails
the downward spiral nine inch nails