___________________________[Dookie]_________________________

Autres chroniques:

Insomniac (1995)
American idiot (2004)
Voici le troisième album de Green Day,"Dookie" sortit en 1994 et qui permit au groupe de passer du statut de gentil groupe punk à celui de star internationalement reconnue. Cet album contribua à vulgariser un genre, le punk-rock à tendance pop et sera d'ailleurs une source d'inspiration pour des formations telles que Sum 41 ou Blink182,
dans une veine nettement plus commerciale et moins inspirée. Une musique qui ne se prend pas la tête mais qui se révèle techniquement pointue et irréprochable.

Line-Up

Billie Joe Armstrong: Guitare, chant
Mike Dirnt: Basse, choeur
Tré Cool: Batterie, choeur

Track-List:

1. Burnout
2. Having A Blast
3. Chump
4. Longview
5. Welcome To Paradise
6. Pulling Teeth
7. Basket Case
8. She
9. Sassafras Roots
10. When I Come Around
11. Coming Clean
12. Emenius Sleepus
13. In The End
14. F.o.d


"Dookie" est l'archétype du disque de punk-rock américain. Des titres courts simplement avalisés par un trio guitare/basse/batterie avec une voix plutôt en retrait, en tous cas plus que sur American idiot où j'ai toujours trouvé qu'elle était joliment mise en valeur. Tout se dit donc sur un peu moins de trois minutes sur chaque chanson, rapides, enlevées, sans embarras de solo où de quelconques envolées lyriques. Ici c'est du brut de fonderie, l'essence même du rock et du punk qui pulse.
Il n'y aura guère que "When I Come Around" qui ralentira un peu le tempo, le reste étant joué pied au plancher. Des titres plus sucrés aussi, plus teenager époque Buffy si l'on préfère: "Welcome To Paradise" et "Basket Case" sont de cette veine là. Des petites surprises aussi comme la fin de "Chump" au joli roulis de basse/batterie ou le début de "F.o.d" à la guitare en son clair. Un petit bonus caché décide de la jouer potache en chantant "All by myself".
On pourra ressentir certaines influences des ainés comme les Damned ou The Offspring mais le tout est assez
enrobé de coton pour ne pas effrayer.
C'est sans doute le reproche qu'on pourra d'ailleurs faire à cet album. Car c'est le genre de disque qu'on trouve à la pelle dans les bacs, ni pire ni vraiment meilleur que les autres, simplement identiques. Quatorze titres quasiment semblables qui rejouent la même recette, efficace certes, mais répétitive. Côté musiciens, pas de doute: ces types là savent jouer et les mises en place sont loin des approches rythmiques casse-gueule des Stooges pour ne nommer
que ceux-là. Mais il manque néanmoins la hargne et une certaine profondeur qui fait sonner l'ensemble un peu platement. Que sont-ce ces réflexions de vieil aigri qui ne supporterait donc plus l'ardeur juvénile et la simplicité ? Justement, le problème est là. "Dookie" est sympa mais trop gentil et je me souviens d'une époque où le punk-rock était vraiment terrifiant. Celui-ci ne fait même pas peur aux personnes âgées...
"Dookie" reste un album comestible qu'on écoutera en tapant le rythme de la main sur le volant et qu'on n'oubliera, sans rien en avoir retenu, une minute après avoir rangé le CD dans son boitier. Nous étions en 1994 et il fallait attendre 10 ans pour que American idiot déboule.
Patientons.
dookie green day
dookie green day
dookie green day