____________________[Difficult To Cure]_____________________

Autres chroniques:

Rising (1976)
On Stage (1977)
Long Live Rock'n Roll (1978)
Straight Between The Eyes (1982)
Bent Out Of Shape (1983)
Stranger In Us All (1995)
C'est un vrai virage FM qui nous attend dans cet opus 5 du groupe Rainbow en 1981. Le chanteur précédent, Graham Bonnet, s'est vu signifier son congé par l'ombrageux/leader guitariste Ritchie Blackmore après seulement un album (Down To Earth - 1979). La raison invoquée est la coupe de cheveux de Graham
Bonnet, (une coupe en brosse..) qui fut jugée par Blackmore comme incompatible avec le rôle de frontman d'un groupe de rock. Il est remplacé par Joe Lynn Turner (cheveux longs...) au timbre de voix estampillé
FM. Au passage, Cozy Powell laisse aussi sa place derrière les fûts à Bob Rondinelli (futur Black Sabbath).
Tout ceci mis en place, le groupe livre neuf morceaux dont l'étonnante reprise de Beethoven, "Difficult To Cure",
qui surfe sur le thème de sa neuvième symphonie.

1. I Surrender - 4:01
2. Spotlight Kid - 4:52
3. No Release - 5:20
4. Magic - 4:05
5. Vielleicht Das Nachste Mal (Maybe Next Time) - 3'20
6. Can't Happen Here - 4'55
7. Freedom Fighter - 4'20
8. Midtown Tunnel Vision - 4'31
9. Difficult To Cure (Beethoven's Ninth) - 5'55


Calibré FM exprès, "I Surrender" réveille toute une époque de Foreigner ou autre Toto. Un peu plus rock
"Spotlight Kid" déchire sa race avec un chorus de clavier superbe, celui-ci amené par un break instrumental
découpé façon Iron Maiden dans un autre registre. La première grande réussite de cet opus c'est "No
Release", très rock'n'roll même dans ses moments les moins sûrs de lui. Traversée par plusieurs ambiances
la chanson déroule son propos en fixant son auditoire. Du coup "Magic" qui suit sonne dans le vide.

De même que l'instrumental "Vielleicht Das Nachste Mal (Maybe Next Time)" pénible démo pompeuse pondue
par un Blackmore inspiré certainement par la poupée Barbie à ce moment-là et qui remporte la
palme de l'instrumental débile de l'année 1981. Rock'n roll bien posé avec "Can't Happen Here" qui aurait gagné à plus de lourdeur et moins de "FMisation" mais qui relance assez la machine pour que celle-ci ne
soit plus en mesure de s'arrêter.

"Freedom Fighter" qui lutte contre une société oppressante (la vilaine..) avec une chanson qui traduit bien
ce stress et cet étouffement. Ternaire lourd avec un "Midtown Tunnel Vision" de facture intensément blues jusque dans la Leslie de l'orgue Hammond B3. La cover de la 9ème de Beethoven baptisée "Difficult To
Cure" parait être un exercice de style un peu daté aujourd'hui. Pourtant l'objet tourne bien notamment dans
ses beaux solos sombres ou champêtres, aussi bien dans les accords anachroniques de Blackmore que dans
le chorus de clavier enfiévré qui peut rappeler aux plus anciens d'entre nous, la formation hollandaise "Ekseption".

Un album qui garde donc des bons côtés même si l'on sent bien que le truc est en train de virer à autre
chose, ce rock FM qui sera si fortement rejeté par les fans purs et durs, les mêmes qui acclameront les clips
de MTV quelques années plus tard.
Rainbow était alors au faîte de sa force créatrice et allait descendre l'autre versant de la montagne avec
l'album suivant en 1982, qui allait appuyer un plus sur cette veine FM alors en pleine expansion.
(La vilaine...).
difficult to cure rainbow
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