_____________________[Crime Of The Century]_________________

Autres chroniques:

Supertramp (1970)
Indelebly stamped (1971)
Crisis ? What crisis ? (1975)
Even in the quietest moments (1977)
Breakfast in america (1979)
Live in Paris (1980)
Brother where you bound (1985)
Free as a bird (1987)
Best of (1990)
Supertramp a débuté pile poil en 1970 avec un album éponyme intéressant, louchant dans la mouvance psyché de l'époque. Ils étaient quatre à défendre ce disque que je ré-écoute toujours avec plaisir. L'album ne fonctionnera pas auprès du public et une moitié du groupe jeta l'éponge, dont notamment Richard Palmer futur parolier de King Crimson. Les deux restants, Rick Davies (la voix grave et bluesy) et Roger Hodgson (la voix haut perchée et au sustain impressionnant) ne baissent pas les bras. Ils embrayent l'année suivante sur un nouveau projet qui portera le titre de Indelebly stamped avec sa pochette qui me faisait monter le rouge aux joues quand j'avais 14 ans. Peine perdue, cela n'intéressera pas grand-monde et Supertramp ne sort toujours pas de l'anonymat. Ils se débarrassent à nouveau de leurs personnels et nous gratifient enfin, 3 ans après, d'un album mûrement réfléchi et qui ne s'est pas vraiment démodé 32 ans après. Ils se sont adjoint les services de trois nouveaux musiciens en la personne de Bob Siebenberg à la batterie, Dougie Thomson à la basse et John Anthony Helliwell aux saxo et claviers divers. Cette formation sera la dream-team de Supertramp et ceci jusqu'en 1982, année de départ de Roger Hodgson et nous gratifiera de quelques albums magnifiques dont "Crime of the century" en 1974.


Ce disque se base sur une constante qui sera la marque de fabrique du groupe. Le piano classique ou Fender en
ligne rythmique quasiment omniprésent sur tous les titres, des choeurs aériens, un sax en chorus et une paire basse/batterie aux arrangements précieux derrière. Cette formule prendra auprès du public qui ne se trompera pas dans les talents d'auteur/compositeurs Hodgson/Davies.
La pochette est superbe, des mains tiennent une grille qui dérive dans l'espace. Opposition de l'espace et de la privation de liberté. Cela sera le thème plus ou moins récurrent du disque. "School" en intro avec ses quelques notes d'harmonica qui ouvriront la plupart des concerts de Supertramp, est une petite caricature au vitriol de l'école quelques années avant le "Another brick in the wall" de Pink Floyd. Une ligne de piano légère portée par la voix aérienne de Roger Hodgson puis le rythme se renforce à grand renforts de basse/ batterie subtilement amenés. Sans rupture, la musique continue sur le blues/rock "Bloody well right" avec un superbe solo de piano fender en introduction.


La voix de Rick Davies se prête bien à ce genre d'exercice. Un titre plus ambitieux et plus long de près de 7 mi-
nutes "Hide in your shell" est une étude brillante du caractère humain. Le texte est superbe et ce morceau n'est ni
long ni ennuyeux bien qu'il y ait peu de passages uniquement instrumentales. La quatrième plage du disque "Asylum" est de la même veine, savamment construit avec toujours ce piano brillant et les composantes musicales citées plus haut.

La deuxième face s'ouvre sur le tube qui a permis de faire connaitre Supertramp au reste du monde "Dreamer" et
sa ligne de piano Fender rythmique sautillante, très ciblée radio, ce titre d'un peu plus de 3 minutes est un petit
joyau de pop progressive. Bruits de gare, ambiance de brouillard et "Rudy" débute sur un piano plaintif et mélancolique. Un peu plus de sept minutes d'un des titres les plus beaux et les plus riches de Supertramp. Les arrangements de cordes sont fantastiques.
"Rudy" vous collera certainement le blues mais des fois çà fait du bien. "If everyone was listening" est une ode à l'humanité et est injustement un des titres les plus méconnus du disque. Il me semble d'ailleurs que c'est le seul du disque à n'avoir jamais été joué en concert. L'album se termine sur l'énigmatique "Crime of the century" un texte resserré en introduction puis un long chorus de saxo qui se finira sur les premières notes d'harmonica issues de l'in-
tro de "School".

Encore un album qui se termine trop rapidement. Encore s'il vous plait encore de la musique comme çà, on en redemande. Supertramp nous réjouira avec d'autres chefs-d'oeuvres de la même espèce, mais "Crime of the
century" reste un disque foutrement recommandable et irrémédiablement indispensable.

1. School — 5:36
2. Bloody Well Right — 4:26
3. Hide in Your Shell — 6:52
4. Asylum — 6:30
5. Dreamer — 3:30
6. Rudy — 7:07
7. If Everyone Was Listening — 4:05
8. Crime of the Century — 5:20
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